Lumumba : idéal politique trahi !

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patrice-lumumba-en-portraitLe monument de Patrice Emery Lumumba a enregistré hier jeudi 03 juillet 2014 un visiteur peu ordinaire en la personne de Martin Köbler, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en République Démocratique du Congo et patron de la Monusco. Dans le bref message qu’il a délivré à cette occasion, l’illustre visiteur a salué la vision politique de celui qui est entré dans l’histoire comme un grand combattant de la liberté, un martyr de la démocratie, un nationaliste hors du commun.

Quelle est la symbolique de pareille visite, au lendemain de la commémoration du 54me anniversaire de l’indépendance, dont le premier chef du tout premier gouvernement congolais était un des artisans ? L’on croit savoir que le numéro un des Nations Unies en territoire congolais a tenu à rappeler à nos compatriotes l’idéal politique de Lumumba, fondé sur la recherche de l’indépendance réelle du pays et du bonheur collectif.

On se souvient que le même Köbler, dans son message aux gouvernants et au peuple congolais à l’occasion du 30 juin 2014, a exhorté tout le monde à s’unir et à travailler pour la matérialisation du vœu des pères de l’indépendance, celui de « bâtir un pays plus beau qu’avant ». Patrice Lumumba, de même que ses compagnons et adversaires politiques de la même génération, n’avaient qu’un rêve, celui de construire un Congo plus beau et plus fort que celui hérité de la colonisation, où tous les citoyens devaient être égaux devant la loi, où les droits civiques et politiques devaient être garantis à tous, où les richesses nationales devaient profiter à la communauté de manière égalitaire… bref où toutes les filles et tous les fils du pays devaient vivre heureux.

54 ans après l’indépendance et 53 ans après sa mort, on ne cesse d’assister à la montée de « Lumumbistes » de tous bords, sans que n’émerge du lot un héritier politique capable de traduire correctement, dans les actes, son idéal. On voit plutôt se succéder aux affaires de pseudo-lumumbistes matérialistes à souhait, formés à l’école de la dictature, de l’injustice, de l’égoïsme, du non respect des droits des autres, de la course aux honneurs et privilèges, de la corruption, de l’enrichissement sans cause, des règlements des comptes et assassinats politiques, des crimes économiques, etc.

Il est bien loin, le temps où des mandataires publics revenaient reverser, dans le compte du Trésor, les reliquats de leurs frais de mission à l’étranger ou à l’intérieur du pays. Depuis les années Mobutu, la tradition est plutôt au gonflement des frais de mission, au non respect de la durée nominale des séjours à l’extérieur, de manière à ramener au pays, à son seul profit, un important pactole. Certains décideurs politiques et hauts fonctionnaires en arrivent même à empocher des frais de mission sans avoir effectué le moindre déplacement à l’étranger ou en  provinces.

Lumumba a-t-il vraiment des héritiers politiques, lui qui n’avait laissé à sa famille biologique ni des millions de dollars en banques, ni un empire immobilier, ni un charroi automobile, ni un bateau ou un jet privé ? Il déclarait à qui voulait l’entendre que pour servir la cause du Congo, sa vie ne comptait pas. Qui, parmi la multitude de ceux qui se réclament aujourd’hui de sa famille politique, peut oser tenir un tel pari ?

Victime du suffrage indirect

 En ce moment où les Congolais sont partagés entre le « suffrage universel direct » et le « suffrage indirect » pour le choix futur de certains de leurs élus entre 2014 et 2016, force est de rappeler que Patrice Emery Lumumba fut une des grandes victimes de l’élection au second degré. Largement majoritaire au Parlement après les élections législatives de 1960, il était empêché d’assumer la plénitude de ses prérogatives de chef du gouvernement à cause d’un mode de scrutin qui l’obligeait à partager le pouvoir avec le Chef de l’Etat, pourtant minoritaire au niveau des chambres.

La confusion des compétences entre le Premier ministre et le Chef de l’Etat ayant été sciemment entretenue par le législateur, l’homme qui avait la majorité parlementaire avait fini par être évincé par un coup de force d’un galonné de l’armée, arrêté, emprisonné, torturé, assassiné. Afin d’effacer les trace de l’odieux crime, indique-t-on, son cadavre avait été plongé dans un bain d’acide sulfurique.

Kimp

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