L’Opposition conteste les chiffres de la CENI

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Dans une déclaration commune signée Félix Tshisekedi pour l’UDPS/Alliés, Vital Kamerhe pour UNC/Alliés, Pierre Lumbi pour Ensemble, Eve Bazaiba pour MLC/FRC, Freddy Matungulu et datée du 11 avril 2018, l’Opposition politique congolaise conteste énergiquement les statistiques rendues publiques par la CENI (Commission Electorale
Nationale Indépendante) le vendredi 06 avril dans le cadre du dernier toilettage du fichier électoral. Ces chiffres sont d’autant contestables qu’ils présentent un gap de 29.151 électeurs lorsque l’on fait la différence entre le nombre global d’électeurs enrôlés, soit
46.542.289 et ceux des doublons présumés radiés, soit 5.361.763 et des mineurs, soit 902.290.

Cette grave erreur mathématique, associée au pourcentage scandaleusement élevé de doublons pousse l’Opposition à croire à un travail bâclé réalisé par Corneille Nangaa et son équipe. Par conséquent, il s’agit d’un clignotant très rouge annonciateur de fraudes électorales en amont. Compte tenu de ce fâcheux précédent, Félix Tshisekedi, Kamerhe et compagnie exigent un audit sérieux du
fichier électoral et du serveur central de la Ceni.
Dans le même ordre d’idée, l’Opposition salue l’alerte donnée par le
gouvernement et la commission électorale de Corée du Sud au sujet du
manque de fiabilité de la machine à voter et de son coût anormalement
élevé. Elle invite, par la même occasion, les USA et les pays
occidentaux où sont logés les comptes de la société Mirus System,
chargée de fabriquer et livrer ce kit électoral fort controversé à la
Ceni, de les bloquer.
Au regard de déficit de fiabilité du fichier électoral, l’Opposition
congolaise invite le peuple congolais à rester vigilant et à ne pas
accepter la tentative de tripatouillage anticipée des résultats des
urnes.
Kimp
COMMUNIQUE DE L’OPPOSITION POLITIQUE CONGOLAISE
Réunie ce mercredi 11 avril 2018 à Kinshasa, l’opposition politique
congolaise exprime sa profonde préoccupation face à l’attitude
désinvolte de la CENI dans la gestion du processus électoral. Elle
insiste sur l’urgence des mesures correctives pour garantir la
crédibilité des résultats des prochaines élections.
A cet effet, l’opposition politique congolaise note ce qui suit :
1•. Les données statistiques des électeurs présentées par la CENI sont
incorrectes. En effet, la CENI affirme avoir enrôlé 44.542.289
électeurs, radié  5.381.763 doublons et 902.290 mineurs. Ce  qui donne
en réalité 40.258.236 électeurs consolidés. Cependant la CENI a
affiché des chiffres manifestement et intentionnellement inexacts de
40.287.387,  soit un gap de 29.151 électeurs. Ce qui dénote le
caractère peu sérieux du travaiI de la CENI :
2. Le nombre excessivement élevé de doublons détectés et l’enrôlement
irresponsable des bébés et enfants dénote d’une tentative de tricherie
en amont, ce qui constitue des actes inciviques et susceptibles des
poursuites judiciaires ;
3. Face à ces dérives dans les opérations d’enrôlement, de nettoyage
et consolidation du fichier électoral, l’audit du fichier électoral et
du serveur central s’impose, suivi de la publication des radiés et des
mineurs enrôlés par circonscription. L’annulation et le retrait des
canés invalidées, afin d’évite toute exploitation ultérieure lors du
vote ;

4, Prend acte de la  position officielle du Gouvernement Coréen  et la
Commission électorale Coréenne qui relèvent les risques de fraude à
grande échelle liés à l’utilisation de’ la machine à voter proposée
par l’entreprise MIRU SYSTEM. Le Gouvernement coréen s’étant
désolidarisé de cette entreprise, elle réitère son rejet de la machine
et insiste auprès de la CENI sur l’urgence de l’abandon de ce projet
porteur des germes de conflits, et invite par ailleurs le Gouvernement
Coréen de faire annuler le contrat liant l’entreprise MIRU à la CENI,
car, conclu sur fond des graves suspicions de corruption ; demande
instamment aussi aux USA et aux pays occidentaux et la République de
Corée à bloquer les comptes de l’entreprise MIRU SYSTEM pour
transaction illicite ;
5. Dénonce le détournement qui caractérise la commande des machines à
voter car, il n’existe aucune ligne budgétaire dans la loi des
finances de l’exercice 2018, relative à l’achat des machines à voter :
invite le procureur général de la République à ouvrir une information
judiciaire d’autant plus qu’une machine qui coute en réalité 400
dollars est achetée par la CENI au prix de 1500 dollars la pièce, fait
reconnu par le Président de la CENI ;
6. Prend acte du retrait du soutien technique à la CENI sur la
question de la machine à voter par l’Association Mondiale des Organes
de Gestion des Elections (A-WEB) ;
7. Face à ces développements alarmants, elle s’étonne de l’entêtement
de la CENI et rappelle que l’utilisation de la machine à voter viole :
a) la constitution qui exige des élections libres, transparentes et secrètes ;
b) les dispositions pertinentes de la loi électorale spécialement
l’article 237 ter :
c) le calendrier électoral en exécution qui prévoit aux points 38, 39
et 40 des opérations d’impressions et des déploiements de bulletins de
vote ;
8. Aussi, tout en saluant le renouvellement du mandat de la Monusco à
travers la résolution 2409 du Conseil de Sécurité des Nations Unies,
invite-t-elle la Communauté Internationale à continuer à accompagner
le processus électoral en RDC, conformément aux autres Résolutions
pertinentes notamment 2277 et 2348 du CSNU :
9. Demande le remplacement du Délégué issu de la Composante UDPS au
sein du Bureau de la CENI, conformément à l’Accord de la Saint
Sylvestre en son point IV.5.b :
10. Invite, enfin, le peuple congolais à rester vigilant, à ne pas
céder à la manipulation, et à s’apprêter à exercer sans retenue son
droit constitutionnel de changer démocratiquement le leadership du
pays.
Fait à Kinshasa, le 11 avril 2018
UDPS/Alliés
Félix Tshisekedi Tshilombo
UNC/Alliés
Vital Kamerhe
Ensemble
Pierre Lumbi Okongo
MLC/FRC
Eve Bazaiba Masudi
CNB/SYENCO
Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir

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