Loi sur la liberté de manifestation   : l’AR déplore le réveil tardif de Kabila

0
160

Le point de presse du président de la République du vendredi 26 janvier au Palais de la Nation,   a provoqué un tollé général dans l’univers politique congolais.
Les réactions varient selon que l’on est dans un camp ou dans un autre
A l’opposition en général et à l’Alternance pour la République en

particulier,   la dernière sortie médiatique de Joseph Kabila est
sévèrement critiquée.
Au cours d’un point de presse co-animé hier dimanche 28 janvier 2018
avec le secrétaire exécutif de sa plate-forme, Jean Bertrand Ewanga,
au siège de l’Envol sur l’avenue de l’Enseignement,  dans la commune
de Kasa-Vubu, le coordonateur de l’Alternance pour la République,
Delly Sesanga, n’a pas du tout ménagé le chef de l’Etat.
Le président de l’ENVOL a dénoncé sans mettre les gants le manque de
volonté politique du pouvoir en place à garantir les libertés
publiques.
Pour soutenir sa thèse, l’élu de Luiza a évoqué sa proposition de loi
sur la liberté de manifestation qu’il avait eu le privilège de
présenter à l’Assemblée nationale depuis 2014, adoptée par les deux
chambres du parlement avant d’être renvoyée en seconde lecture auprès
du Sénat et de l’Assemblée Nationale, hors délais,  dans des
conditions obscures .
Sesanga s’étonne que Joseph Kabila ait attendu autant des morts pour
se rendre compte de l’urgence à adopter la proposition de loi fixant
les mesures d’application de la liberté.
Il a souligné que  n’eut été cette confusion née du refus de
promulguer de la loi, le régime de la liberté de manifester aurait
déjà été arraché à la confusion.
L’ancien ministre du Plan sous le régime 1+4, a fustigé le fait que
le président Kabila place la liberté de manifester sous le régime de
l’autorisation préalable alors que la constitution qu’il a promulguée
consacre le régime de l’information préalable
Tout en dénonçant l’usage disproportionné de la force pour
réprimer les manifestations  pacifiques initiées par les laïcs,
l’ancien président de la PAJ de l’Assemblée Nationale a martelé que «
manifester » est un droit et non un privilège que le   pouvoir accorde
aux citoyens.
«Le recours spontané à la répression doit céder la place à un
encadrement adéquat des manifestants»,  a-t-il ajouté avant de faire
remarquer que pour le camp présidentiel, l’ordre public est le
cimetière des libertés.
Quant à la transformation du Congolais que le président de la
République considère  comme l’échec de ses 17 ans des règne, la
question pour Sesanga est de savoir avant tout si le major de 1997 , a
réussi à devenir l’homme d’Etat garant du bon fonctionnement des
institutions , entre la fin de la rébellion et la fin de son second et
dernier mandat ?
ERIC WEMBA

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •