Loi électorale : la MP met fin aux partis mosaïques

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Des participants au séminaire d’échanges entre communicateurs de la majorité présidentielle, tenu 5 au 7/9/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Ceux qui avaient placé leurs espoirs dans le Sénat faire bouger les choses comme fut le cas en janvier 2015, ont déchanté. Le miracle n’a pas eu lieu le vendredi 15 décembre 2017. La Majorité Présidentielle (MP) a réussi sans casse son coup, celui visant à éliminer tous les
partis des mallettes que sa hiérarchie qualifie de «mosaïques», pourtant créés avec sa bénédiction !

En effet, sur les trois principaux points de divergences qui opposaient le Sénat à l’Assemblée nationale, il n’y a qu’un seul qui a été élagué à savoir : le recours ou l’emploi de la machine à voter. Les deux autres, en l’occurrence le seuil éligible et la caution
électorale, n’ont pas bougé d’un iota. Ils restent tels que
l’Assemblée nationale les avait adoptés, c’est-à-dire à 1% pour le
seuil éligible et 1.600.000 FC ou l’équivalent de 1000 dollars
américains pour la caution à verser par le candidat député national.

Par ailleurs, le maintien de ces points de divergences dans la loi a
suscité beaucoup d’agitation au sein de la majorité présidentielle,
notamment parmi les petits partis qui voient leur survie politique
menacée, que dans l’opposition.
Si à l’opposition, on s’exprime clairement sur la question pour
dénoncer le danger qui menace la démocratie avec le risque
d’instauration d’un parti unique ou dominant, cela n’est pas le cas
pour les responsables des partis dits mosaïques de la MP. Ils
préfèrent s’exprimer hors caméras et micros, pour ne pas s’exposer à
la sanction de la hiérarchie à même de conduire à la perte des
avantages (poste ou mandat).

Kengo floué ou dans le coup ?

La question est sur toutes les lèvres de ceux qui s’intéressent à la
politique. Deux hypothèses sont plausibles pour les analystes, soit le
président du Sénat Léon Kengo wa Dondo était dans le coup, soit il a
été roulé par ses partenaires.
Dans la première hypothèse, le fait que le président de la chambre
haute ait envoyé d’autorité la loi électorale à la commission
politique, administrative et juridique (PAJ) après le débat sans
l’avoir soumise, comme l’exige la procédure en la matière, à la
sanction de la plénière à travers le vote de recevabilité, a provoqué
pas mal d’interrogations et suspicions parmi ses collègues sénateurs.
Car, Léon Kengo sait très bien qu’en cas de persistance des
divergences entre les deux chambres, c’est l’article 135 de la
Constitution qui s’applique. Or, celui-ci donne l’avantage à la
version de l’Assemblée nationale. D’où, en agissant ainsi, le
président ait fait une passe en or à la famille politique régnante
parce sachant bien qu’on allait aboutir à l’imposition de la version
de l’Assemblée nationale, surtout qu’il était sans ignorer que
l’adoption de cette loi à l’Assemblée nationale avait provoqué des
remous, notamment le boycott des députés de l’opposition.
Dans la deuxième hypothèse, on estime que Léon Kengo serait peut-être
victime de la bonne foi. Il aurait ainsi placé sa confiance en la
promesse de trouver une solution consensuelle au niveau de la
commission mixte paritaire Assemblée nationale – Sénat autour des
points de divergences. Hélas, c’était sans compter avec la
détermination de la MP qui tient coûte que coûte à imposer son diktat.
Si tel serait le cas, alors c’est sa crédibilité qui pourra en pâtir.

Pour qui roulent les élus ?

Une autre interrogation que l’opinion se pose est celle de savoir
pour le compte de qui agissent les élus. Car, partout au monde, tout
élu tient compte des aspirations de ses électeurs. Ce pacte social
conclu avec le peuple à travers les élections semble complètement
rompu en République démocratique du Congo où la plupart des élus
obéissent plus aux mots d’ordre de leurs familles politiques qu’au
peuple qui leur a donné mandat.
Les Américains viennent encore d’en donner l’illustration par le
rejet d’une énième initiative soutenue par le président Donald Trump,
mais jugée contreproductive pour le peuple. Pourtant sa famille
politique détient la majorité.
Jusques à quand ceux qui parlent à longueur de journées au nom du
peuple continueront-ils à privilégier leurs intérêts égoïstes au
détriment de la volonté de celui qui les a mandatés ?
Dom

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