Liquidation forcée de la Banque Congolaise : le P.C.A. Yaghi séquestré depuis deux mois

0
53

Plusieurs responsables des organisations de Droits de l’Homme – dont  Me Marie-André Muila Kayembe (C.D.H.M.), Ir Christopher Mutamba (S.C.C.D.), Joseph  Sekabo (Toges Noires), Me Jacob Baluishi (O.C.D.H.), Dieudonné Kabasonga (O.S.D.), Bensiah Kabamba (CECARANE – ont tenu hier dimanche 26 juin 2011, un point de presse  au Kabinda center, dans la commune de Lingwala, pour dénoncer une arrestation et détention illégale et arbitraire que le Parquer général de la République cautionne. En effet, selon ces responsables, « Monsieur Roger Yaghi, Président du Conseil d’Administration de la Banque Congolaise, arrêté en date du 18 avril 2011, par les éléments de la Police Nationale opérant sous les ordres du Colonel Kanyama, en exécution du mandat d’amener établi par l’Avocat Général de la République Mokola, se trouve depuis lors détenu, par  les agents du Conseil National de Sécurité (CNS), dans une villa privée sise dans la commune de Kitambo ».

Me Muila explique qu’après son arrestation, Roger Yaghi avait été conduit directement au Parquet Général de la République, puis transféré à la Direction Générale de la Police Judiciaire où il avait été interrogé de 23h30’ à 24h00, avant d’être acheminé, le lendemain, vers les installations du Conseil National de Sécurité (CNS) où il avait été entendu quatre fois.

 Depuis lors, il regrette que l’infortuné soit abandonné à lui-même dans cette prison clandestine où les visites de ses avocats, de ses médecins et de ses membres de famille, loin d’être un droit, sont sélectionnées discrétionnairement par ses geôliers. Il a conclu que cela constitue une véritablement torture morale qui a fait décliner la santé de l’infortuné et provoqué une dépression en lui, à tel point que ces ongs craignent que certains agents sans scrupules lui extorquent la signature de reconnaissance de dettes et des procès-verbaux d’audition orientés.

Me M. A. Muila déplore le rôle joué par le Conseil National de Sécurité, qui s’éloignent du rôle lui assigné par l’ordonnance 87-032 de 22 janvier 1987 portant règlement  intérieur du CNS.  Les organisations des Droits de l’Homme se disent aussi surprises et étonnées par la couverture par le Parquet Général de la République d’une telle pratique. Elles affirment que : «notre surprise et notre étonnement sont d’autant plus grands que le Parquet général de la République, qui avait ordonné l’arrestation de Monsieur Roger Yaghi en date du 18 avril 2011, n’a jamais présenté ce dernier en chambre du Conseil pour que le juge se prononce sur sa détention. Pis encore, alors que le Président de la République avait pris l’engagement officiel d’ordonner la fermeture de tous les lieux de détention clandestins, le Parquet Général de la République tolère ou accepte la détention de M. Roger Yaghi dans une villa privée. »

Un complot pour déstabiliser et s’approprier la Banque Congolaise

Prenant à son tour la parole, Me Jacob Baluishi a décrit le processus qu’il a qualifié «d’inique» et qui a conduit à la liquidation forcée de la Banque Congolaise. Il a expliqué que suite à une campagne malveillante menée par une banque concurrente, la Banque congolaise a subit après le retrait massifs des dépôts de sa clientèle de plus 62 millions USD. En outre, le non remboursement par l’Etat congolais des créances dues à la Banque congolaise avoisinant à  l’époque (en 2009) 80.000.000 USD a plongé la Banque dans une situation de trésorerie immédiate très difficile. Cela l’a poussée à recourir à des préfinancements de la Banque centrale du Congo au taux d’intérêt exorbitant. Pour remédier à cette situation, la Banque Centrale du Congo a exigé un « Plan de redressement » et désigné Mupepe Lebo comme son ‘représentant provisoire’ auprès de la Banque Congolaise pour suivre la mise en application de ce plan.

Au bout d’une année, en 2010, les actionnaires privés ont réalisé un apport en capital de 20.000.000 USD comme l’exigeait le Plan imposé par la Banque Centrale du Congo. La situation a commencé à s’améliorer comme l’indique les rapports du représentant provisoire. Malgré cette amélioration, en septembre 2010, la Banque centrale du Congo a pris la décision surprenante de mettre la banque sous « administration provisoire », désignant le même «représentant provisoire» au poste d’«administrateur provisoire» contrairement à toute logique. Les Ongs des Droits de l’Homme  ont signalé, à ce niveau, qu’on a pas tardé de découvrir que cette décision inique n’était en réalité que l’aboutissement d’un complot  visant à éloigner  et déposséder les actionnaires de la Banque Congolaise pour la mettre sous le contrôle d’un groupe d’individus malveillants charchant à réaliser un profit à travers la liquidation de la banque  ou sa vente à des tiers.

SAKAZ

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*