L’IPKIN en colère : « Les premiers Kuluna sont des policiers ! »

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Devant la pile des plaintes des victimes d’extorsions de leurs portables cellulaires qui ne cessent de s’entasser sur sa table de travail, de nombreux coups de fil des chauffeurs harcelés par les éléments de la PSR et des habitants de certains quartiers attaqués par des bandits et auxquels les policiers n’ont pas apporté le secours, l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko en colère a entrepris depuis le mercredi 28 juillet,     à travers le district de la Funa, une tournée de sensibilisation, qui s’est achevée mardi  au district de la Lukunga, en passant par le Mont Amba et la Tshangu. 

            Destinée aux bourgmestres des communes de Kinshasa et aux policiers de garnison de Kinshasa relevant de son autorité, cette causerie morale-réquisitoire comportait trois points principaux à son ordre du jour, à savoir le comportement citoyen des policiers, la collaboration entre les bourgmestres, les chefs de quartiers et les chefs de localité avec les services de la police, ainsi que la criminalité. 

L’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa visiblement déçu, n’a pas été tendre vis-à-vis de la plupart de ses hommes, dont on dit qu’ils sont moins sécurisants. Quand on les croise la nuit, il faut craindre pour ses téléphones portables. «  Les policiers sont devenus malades des portables cellulaires. A chaque patrouille, ce sont les téléphones qui les intéressent avant toute chose. Et il ne se passe pas une nuit sans que les policiers et les policières ne puissent arracher quelque chose. Et qu’on ne puisse pas déplorer une extorsion de téléphone de poche »

«  Trop ! C’est trop ! », a tonné l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko, avant de brandir aux éléments indisciplinés et récidivistes, le spectre des sanctions allant de la suspension de plusieurs mois à la révocation, sans oublier des poursuites judiciaires.

            Il a alors rassuré qu’il ne menace pas, mais promet que les mesures qui vont tomber prochainement, seront très sévères.

Revenant sur les méfaits commis souvent par les brebis galeuses de la PNC, l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa a cité les cas de viols et de violences. A cette occasion, il a rappelé l’anecdote de son oncle Adolphe qui est révolté de voir des policiers en mission de sécurisation des quartiers, se cacher dans des coins sombres et aux ronds-points. A ces endroits « stratégiques », les éléments de la police n’assurent pas la sécurité des personnes et de leurs biens, mais se livrent à la fouille des poches et des colis. Tel ne doit pas être le comportement citoyen du policier du peuple.

            Dans la foulée de son « réquisitoire », il a épinglé en outre, les tracasseries des éléments de la Police de circulation routière, la P.S.R. Ces derniers s’entassent aux carrefours et aux arrêts bordant les marchés, pour exiger de pourboire aux chauffeurs des mini-bus, des camions de transport et des taxis. Tout cela doit cesser. 

Le mauvais policier est un véritable Kuluna en tenue ! 

 L’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa est arrivé à l’évidence que le policier est lui-même auteur des embouteillages sur l’avenue de la Libération. Il avait vu des policiers de tous genres au niveau du marché de Selembao. Chacun se livrant aux activités de son choix, sans se soucier des bouchons sur la voie publique. Il faut que le désordre cesse et que tout  change, a souligné l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko.

            Concernant les éléments de la Brigade de garde, il déplore d’entendre chaque nuit, des tirs sporadiques dans certains quartiers où ces policiers sont postés dans des résidences. En effet, dans le but de réclamer des primes aux V.I.P. qu’ils protègent, ils tirent en l’air sans qu’il y ait une véritable menace des bandits.

            Le matin, ils prétendent avoir fait face à une attaque à main armée qu’ils ont dû repousser.

            On doit arrêter avec ce genre de comportement qui n’honore pas la police, a fait remarquer le patron de la police de la ville de Kinshasa.

            L’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko a évoqué d’autre part, l’opération Tolérance-zéro qui cible les Kuluna en cravate. Il a donné à ce sujet, une série d’indications quant à la manière dont les diverses unités de la police devront se comporter pour la réussite de cette campagne d’assainissement des moeurs.

            Il a aussi stigmatisé le fait que les premiers Kuluna sont des policiers. D’où il les a invités à se montrer exemplaires, consciencieux et dignes de la confiance placée en eux par le chef de l’Etat et les autorités publiques.

            Aussi a-t-il recommandé aux commandants bataillons, détachements, groupements et commissariats de travailler en collaboration avec les autorités locales, notamment les bourgmestres, les chefs de quartiers et les chefs de rues. Cette collaboration permettra d’échanger des informations pour engager une lutte impitoyable contre la criminalité.

            Certains chefs de quartiers ont déploré l’indifférence que certains commandants affichent contre le phénomène Kuluna. D’autres responsables de sous-commissariats vont jusqu’à libérer ces malfaiteurs, moyennant quelques dessous de tables. Cette complicité qui a vu des commandants s’amouracher des sœurs des Kuluna et qu’ils relâchaient aussitôt écroués, expose les chefs de quartiers et des rues aux menaces ou à la vendetta des bandes de ces marginaux.

Comment comprendre que dès que l’opération de ratissage est programmée dans un secteur, les malfaiteurs sont aussitôt informés ! N’est-ce pas là qu’on les aide à aller se réfugier ailleurs et à échapper aux filets de la police ! C’est cela qui explique l’échec de la plupart des opérations de ratissage des bandits dans la ville de Kinshasa.

L’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa avait également abordé le phénomène «  Kuluna » qui donne du fil à retordre à ses services. Pour éradiquer ce fléau puisqu’il en est un, il a invité les policiers à prendre la décision de ne plus vivre avec les Kuluna dans nos quartiers. Si ces malfaiteurs se sentent continuellement traqués, ils iront ailleurs et nous laisseront en paix.

Selon des nouvelles assez répandues, l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko aurait appris que les vrais Kulunas sont des enfants des policiers ou des policiers eux-mêmes. Hier, ils ont posé des actes délictueux. Et le matin, ils sont à leur poste.

            Si ces informations se vérifiaient, il a promis de mener la vie dure à ces délinquants, a           fin qu’ils nous laissent en paix. Vous devez inspirer confiance, a insisté le patron de la police ville de Kinshasa, et d’exhorter tous les policiers investis d’un pouvoir, à l’exercer pour sécuriser la population kinoise. N’ayez crainte de rien, faîtes votre travail ! devait-il conclure.

            Cette interpellation a été largement entendue et la population habituée à ce genre d’annonces, s’attend à ce que tous les policiers intériorisent ce message de l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko, pour le retour rapide de la quiétude et de la paix dans la capitale.            

           J.R.T.

 

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