L’Intersyndicale de la SCPT expose ses revendications au Président de la République

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Depuis hier lundi 4 février 2019, les revendications des travailleurs
de la Société congolaise des postes et télécommunications ( SCPT) se
trouvent sur la table du Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi. En
effet, après les mises en garde non suivies d’effets articulées contre
leur directeur général, par la tutelle, le ministère du Portefeuille,
et des réunions en queue de poisson entre l’employeur et le personnel,
en présence de l’Inspection générale du travail,  l’Intersyndicale de
la SCPT a tenu à travers un mémorandum, à saisir le Président de la
République pour lui exposer les revendications sociales du personnel
de l’ex-OCPT.

        Dans ce cahier de charges, l’Intersyndicale de la SCPT dénonce entre
autres griefs, la mégestion de principales ressources financières de
cette entreprise publique, dans le chef de l’actuel directeur général.
Ils notent aussi que ce dernier a cédé tous ses pouvoirs à un groupe
d’amis, tous engagés comme consultants et dépourvus de numéros
matricule à la SCPT, alors que cette entreprise publique regorge de
cadres, experts dans les deux domaines exploités par l’ex-OCPT, à
savoir la poste et les télécommunications .
        Sur base d’un partenariat particulier, relève l’Intersyndicale de la
SCPT, les travailleurs avaient consenti d’énormes sacrifices en
investissant la moitié de leurs arriérés de salaires, représentant
plus de 168 mois et aussi la réduction de ¾ de leurs rémunérations, en
vue de relancer leur entreprise. Aujourd’hui, tous ces efforts sont
anéantis par une gestion calamiteuse qui a ruiné cette société
publique. A titre d’exemple, les travailleurs relèvent que les
prévisions budgétaires de la SCPT ne sont pas suivies et les dépenses
engagées ne sont pas celles prévues au budget. La loi sur la passation
des marchés publics proprement ignorée, le Directeur général recourt
aux contrôleurs du Conseil Supérieur du Portefeuille pour des
inventaires de fin d’année, afin de justifier certaines commandes.
        Les activités de la poste-finances, qui auraient pu rentabiliser la
trésorerie de l’entreprise, ont été démantelées et transférées vers
d’autres banques, notamment le paiement des salaires des agents et
cadres de la SCPT à la TMB et maintenant à la Raw Bank, sans motif
valable, malgré les objections de la délégation syndicale et du
conseil d’administration.
        Pour l’Intersyndicale de la SCPT, cela explique la mise en
hibernation des services tels que le transfert électronique des fonds
à Western Union, les  épargnes, l’octroi des crédits et la vente des
assurances voyage. Pire, par manque de liquidités, les chèques émis
par les clients sont en souffrance de paiement depuis plus de six
mois, ce qui entraîne la démotivation de clients. A la suite de cette
désarticulation, les dépôts des tiers sont utilisés à d’autres fins
par la Direction générale, contrairement aux normes de l’Union postale
universelle recommandant la séparation des fonds des clients et les
avoirs de l’entreprise.
        Un autre exemple de mégestion est celui du détournement à d’autres
fins de 14 millions de Francs de retenues de salaires pour des
emprunts auprès de la Poste-finances, tout comme la détérioration de
la qualité des services postaux. Le guichet unique ouvert par la SCPT
à Equity Bank assure la distribution des courriers avec un retard
d’une semaine à 14 jours, au lieu de deux ou trois jours, selon la
norme de l’Union Poste Internationale. Le mémorandum dénonce aussi la
minoration des tarifs de services de télécommunications, la mise à
l’écart des cadres de la SCPT et leur remplacement par des consultants
extérieurs, la désarticulation des ressources humaines. Enfin, les
nombreux retards de raccordements ou de connexion de la clientèle à la
fibre optique posent de sérieux problèmes, auxquels s’ajoutent
l’incapacité de la SCPT de lancer d’autres produits dans un monde de
compétitivité où seule la qualité s’impose, et la signature des
contrats léonins.
        Et pour terminer les syndicalistes dénoncent l’impaiement des
salaires des agents et de cadres, le détournement des retenues de la
Caisse Nationale de Sécurité Sociale et des cotisations syndicales,
ainsi que celles destinées à la construction des logements sociaux,
pour ne citer que ces quelques cas fragrants.

        En éventrant ainsi le boa, les travailleurs de la SCPT exigent une
restructuration à la tête de leur entreprise, la mise en place d’un
nouveau comité de gestion composé des cadres intègres, soucieux de
leur mieux-être et de la prospérité de leur société, et l’utilisation
de nouvelles méthodes de gestion administrative, commerciale et
technique.
                        J.R.T.        

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