Liberté de presse en RDC : chapelet de bonnes intentions

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Dans le cadre de la journée  mondiale de la liberté de la presse, l’Unesco, la Monusco et le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme,ont organisé hier jeudi 2 mai 2019 à Béatrice Hôtel une journée d’échanges à l’intention des médias et étudiants en «journalisme»…avec comme thème : Médias comme 4ème pouvoir en RDC, quel type de journalisme ?

Présente hier à ce palace, la ministre intérimaire de la Communication et Médias, Marie Ange Mushobekwa, est revenue sur son passage dans les médias pendant près de vingt ans,  précisant  connaître les aléas et  opportunités qui s’offrent aux chevaliers de la plume. Dans la foulée, elle a exhorté les journalistes à privilégier l’excellence en dépit des problèmes liés à l’exercice de leur métier.

                  Moussa Diop, délégué de l’Unesco a réaffirmé l’engagement de l’Unesco, à accompagner l’Etat congolais dans ses efforts tendant à faire jouer pleinement  aux médias le rôle qui est le leur.

                  Le prof Kithima, l’intervenant Kodjo, Me Kabongo avocat conseil à JED et Romba Salifou du BCDUH ont à tour de rôle planché sur les atteintes aux droits de la presse, la situation socio-économique de la presse en RDC. Et  aussi sur Presse, 4ème pouvoir : quel type de journalisme en RDC, le rôle de la presse dans la promotion et la protection des droits de l’homme.

                  Un des  orateurs a rappelé  la nécessité pour les journalistes de travailler dans des conditions dignes de ce nom pour produire un travail de qualité.

                  Kithima a plaidé pour la redynamisation du journalisme d’investigation. A en croire le recteur honoraire de l’IFASIC, ce genre s’il est pratiqué à grande échelle, et de manière professionnelle, va faire des médias le véritable quatrième pouvoir. Le  journaliste d’investigation ne cache pas la vérité et brave  les dangers.

                  Me Kabongo est revenu sur les droits reconnus aux journalistes, à savoir les droits d’accéder aux sources de’information, de saisir la justice,  de bénéficier des subventions de l’Etat, d’avoir un salaire décent….

                  Les  médias, outilspar excellence pour passer les messages, promouvoir  les valeurs positives, les  droits de l’homme ou les protéger, sont aussi des espaces où se commettent des violations des droits de l’homme, a dit le délégué du BCDUH. Salifou a invité les professionnels à faire attention dans l’exercice de leur travail au risque d’être poursuivi pour diffamation.

                  Il s’est attardé sur des périodes de guerre et  autres  où  le journaliste peut être accusé de démobiliser les troupes, d’avoir offensé le Chef de l’Etat, etc.

                  Au chapitre des défis et perspectives, ces intervenants ont insisté sur la nécessité de la dépénalisation des délits de presse, de leur inquiétude de voir la loi sur l’accès à l’information continuer de moisir  à l’Assemblée Nationale.  Le Chef de l’Etat peut par le biais de ses services veiller à ce que ladite loi soit débattue dans le meilleur délai à la chambre basse et qu’elle soit enfin promulguée. La promulgation de cette loi fera  le bonheur  des chevaliers de la plume et de plusieurs autres catégories des citoyens qui pourront accéder aux informations dont ils ont besoin.  

                  Le problème de la suppression du ministère de la Communication et Médias évoquée et appliquée en son temps par Etienne Tshisekedi  lors de son bref passage à la Primature  mais dont on ne parle plus alors que le CSAC est déjà là, a été exhumé hier.  De cette manière, les fautes commises par les chevaliers de la plume seront examinées par les structures comme l’UNPC et bien d’autres encore, a précisé un des intervenants

                   Bahala, président honoraire du CSAC, présent à Béatrice Hôtel  sous une autre casquette est  revenu sur les déboires connus par un conseiller dont il  a tu le nom, qui avait eu le malheur d’en parler clairement  à son supérieur.

Lors des échanges, un des intervenants a expliqué la possibilité d’insérer une clause dite « d’exception de vérité » dans notre Code pénal. Avec cette incive, le journaliste qui a fait correctement son travail mais est poursuivi pour imputation dommageable peut  s’en sortir sans trop des difficultés.

Jean-Pierre Nkutu

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