Libérez Eddy Kapend…

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A la manière d’un supersonique, le coronavirus a atterri à la prison militaire de Ndolo. Personne ne connaît l’identité du pilote et encore moins la piste utilisée pour l’atterrissage de l’appareil. La seule chose dont on est sûr est que la pandémie est bel et bien là, dans les cellules, traquant des prisonniers généralement démunis.

            Absence de contrôle ? Coup monté ? Tout paraît bizarre dans ce dossier, d’autant que l’on sait que l’administration pénitentiaire avait pris des dispositions pour éviter ce genre de désagréments : suspension des visites, contrôle strict des effets destinés aux prisonniers, etc.

Mais qu’est-ce qui a déraillé pour que, subitement, on assiste à une entrée en fanfare de la pandémie en milieu carcéral ? S’agit-il d’un fait accidentel ou d’un acte criminel destiné à favoriser la relaxation des personnes bien ciblées ?

            Si nous nous retrouvons dans ce deuxième cas, il faudra dire que ceux qui auraient monté un tel coup devraient être de véritables orfèvres. Pour preuve, le verbe «désengorger» est plus que jamais conjugué au temps présent, aussi bien dans les bureaux de Tunda ya Kasende qu’à l’Hôtel du Conseil.

            Oui, il faut désengorger les prisons pour ne pas se retrouver en situation de gérer les décès des prisonniers dont ceux considérés comme emblématiques. Et on cite quelques noms…

            Question. Pourquoi ceux-là et pas d’autres ? La valeur de l’homme se mesure-t-elle à la nature de sa création ou au contenu de son portefeuille ? Qui, parmi nous, ira dans la tombe avec ses châteaux, avions et voitures ? Toute vanité exclue, l’égalité est la règle car là où nous terminerons tous notre course, il n’y aura ni plus grand, ni plus petit. Et dans le cas en concerne, la logique veut qu’on accorde la priorité à ceux qui ont le plus souffert. A ceux qui ont duré inutilement en milieu carcéral.

            Quand on jette un coup d’œil aux personnes détenues à la prison centrale de Makala par exemple, des noms s’imposent au premier coup d’œil. Oui, c’est vrai. Il y a Eddy Kapend, cet homme qui avait sauvé le pays du désastre en prenant le courage de s’adresser à la nation pour imposer des mesures sécuritaires. Sans ces mesures, le pays aurait sombré dans le chaos. Dans la vie, il faut savoir faire preuve de reconnaissance.

            L’ancien Aide de Camp de Laurent-Désiré Kabila a été jeté en prison de la manière que l’on sait, ensemble avec d’autres compatriotes comme Leta et consorts. Coupables désignés d’un assassinat demeuré un grand mystère jusqu’à ce jour, ils expient manifestement des péchés que personne n’a su démontrer à la barre.  Justice expéditive ? Oui, mais surtout, justice à la tête du client, enclenchée peut-être pour sauver les vrais coupables.

            S’il y a des gens qui méritent d’être relâchés à cette heure du covid-19, en voilà l’échantillon le plus méritant. Non seulement parce qu’il rouvre un livre important de l’histoire nationale mais surtout parce qu’il nous rappelle la nécessité de parler vrai quand on veut reconstruire une nation.

S’il vous plaît Messieurs, libérez Eddy Kapend et consorts ! Aidez-les à nous dire ce qui s’était effectivement passé le jour de l’assassinat de Mzee Laurent-Désiré Kabila, et particulièrement, la veille de cet acte ignoble. Ce ne sera que justice.

L.P.Post-scriptum : au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que la demande de libération provisoire introduite par le Vice-premier ministre et ministre de la Justice en faveur de Vital Kamerhe, Sammih Jammal et consorts a été rejetée.  Rideaux.

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