Lettre ouverte du CLC au Secrétaire général des Nations Unies Kinshasa, le 26 septembre 2018

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A Monsieur Antonio GUTERRES
Secrétaire Général des Nations-Unies
Sutton Palace Manhattan, NEW  YORK
Objet: A propos du discours du Président Kabila aux Nations-Unies

Monsieur le Secrétaire général,
1. Le CLC a suivi avec attention le discours du Président Kabila à
l’Assemblée générale des Nations-Unies, ce mardi 25 septembre 2018. Il
tient à exprimer sa préoccupation face à ces propos d’autosatisfaction
et de moralisation de la vie internationale qui ne reflètent en rien
la réalité du pays. . Le CLC rappelle entre autres que le caractère
tant vanté de l’irréversibilité des élections en RDC, loin de relever
de la bonne foi et de [a détermination des gouvernants, est avant tout
le prix d’immenses sacrifices de la population et le fruit’ des
pressions de la Communauté Internationale.
2. Ce résultat demeure cependant partiel et précaire. Si le Président
Kabila a renoncé a briguer un troisième mandat, la Cour
Constitutionnelle dont la composition avait été revue à sa propre
convenance, est entièrement à sa solde. Quant à la Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENI) qu’il instrumentalise, elle
continue à décrédibiliser l’ensemble du processus électoral en
imposant le recours à une machine à voter non prévue par la loi et non
inscrite dans le calendrier électoral en cours; de même, cette CENI
tient. à faire usage d’un fichier électoral comportant plus de 10
millions d’inscrits fictifs.
3. Pour des millions de Congolaises et Congolais, ces élections tant
attendues, loin d’être un simple exercice citoyen inscrit au
calendrier politique de tout Etat constituent un  véritable combat de
libération pour accéder à une réelle gouvernance démocratique, point
de départ de la stabilité nationale, du bien-être de tous et du
décollage de l’ensemble de la sous-région.
4. Par ailleurs, le CLC fustige la sous-estimation par le Président de
la République du rôle si  important joué par ra MONUSCO dans le
processus de pacification et de stabilisation de la RDC. La MONUSCO,
sans avoir naturellement pour vocation de s’éterniser en RDC, doit
dans l’immédiat, être plutôt renforcée pour lui permettre d’assurer la
protection de la population civile et d’aider cette dernière à faire
face à toutes les violences dont elle fait l’objet, qu’elles soient
d’origine interne ou externe.
5. L’acharnement pour le retrait de la MONUSCO est plus que suspect.
Il pourrait même relever d’une volonté délibérément planifiée de
plonger le pays dans un chaos absolu en cette période• pré-électorale.
Raison pour laquelle le CLC attire l’attention de’ la Communauté
Internationale sur le danger que représenterait le départ, même
partiel, de la MONUSCO dans un contexte sécuritaire aussi précaire
qu’incertain.
6. En outre; il n’existe actuellement en ROC aucune institution
légitime autorisée à solliciter de réduire ou de mettre fin au mandat
de la MONUSCO sans que cette demande ne fasse l’objet d’un consensus
national, seul garant de la sauvegarde de l’intérêt général. Quant à
l’exigence légitime du respect de la souveraineté nationale, elle r:le
devrait pas être réduite, au risque d’être banalisée, à un simple
outil de propagande, puisqu’elle suppose une forte organisation
interne, une mobilisation et une implication de tous les Congolais au
service de la défense de l’intérêt national.
7. S’agissant des massacres récurrents de la population à Beni, comme
celui de ce 22  septembre 2018, le CLC tient à rappeler que
l’intégrité du territoire, la sécurité des personnes et des biens,
étant des attributs de souveraineté, elles relèvent tout d’abord des
Forces de Défense et de Sécurité congolaises, auxquelles les Casques
Bleus n’apportent qu’un appui. A ce titre, le CLC demande au
gouvernement congolais de lever toutes les entraves et tous les
obstacles qui bloquent les FARDC et les Brigades spéciales de la
MONUSCO de mener des opérations conjointes.
8. Enfin, le CLC saisit cette occasion pour demander au Conseil de
Sécurité de diligenter une enquête internationale Indépendante sur les
massacres de BENI et de renforcer les Forces Spéciales de la MONUSCO
sur place.
9. Vous remerciant d’avance pour la bonne attention que vous voudrez
bien réserver à cette lettre, nous vous prions d’agréer, Monsieur le
Secrétaire Général, l’assurance de notre très haute considération.
POUR LE COMITE LAIC DE COORDINATION
Jonas Tshiombela
Prof Isidore Ndaywel
Prof. Justin Okana
Julien Lukengu
Gertrude Ekombe
Franklin Mbokolo

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