Lettre ouverte aux députés « boxeurs»

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Considérée  comme un lieu où des  cols blancs élus par des populations débattent des problèmes d’intérêt national, l’Assemblée Nationale a failli se transformer le mercredi 4 décembre 2019 en ring. N’eut été l’intervention énergique et prompte des forces de l’ordre présentes à l’hémicycle, le Vice- premier ministre et ministre de l’Intérieur  Gilbert Kankonde allait être agressé physiquement par les députés nationaux Adrien Phoba et Papy Mantezolo. 

            Les députés incriminés pourraient alléguer avoir été gagnés par l’émotion s’ils avaient  pu au moins  présenter leurs excuses  peu après s’être illustrés par ces graves dérapages.

            Ne l’ayant pas fait, les observateurs seraient tentés de croire qu’ils auraient été instrumentalisés. On sait que l’éjection d’Atou Matubuana du gouvernorat du Kongo Central attise les passions politiques.   

Fallait-il en arriver là ? Non, dirait naturellement tout homme pondéré. Car au cas où les deux élus nationaux estiment que le patron de l’Intérieur a fauté en réhabilitant de manière cavalière le gouverneur Atou Matubuana et son vice Luemba, les deux parlementaires devraient le lui faire savoir en de termes clairs et courtois, à tirer toutes les conséquences sans chercher à l’agresser. Ou même au cas où ils seraient tentés de dire qu’ils n’étaient pas parvenus à se contenir en raison  de la sextape dont se sont rendus coupables le gouverneur  Atou Matubuana et son vice Luemba, Phoba et Mantenzolo ne devraient pas exhiber leurs biceps au risque de porter l’épithète des députés «boxeurs».

            Car la question principale que se sont posés certains concitoyens le mercredi soir est la suivante : Et  si les actes posés ce jour là avaient provoqué mort d’hommes?

             Dieu merci, on n’en est pas arrivé là et les deux parlementaires qui, a-t-on appris, sont suspendus temporairement devraient à l’avenir maitriser leurs nerfs.

            Jamais un sans deux et jamais deux sans trois, dit-on. Et oui, il n’y a pas longtemps, un député national s’était illustré par des propos offensants à l’endroit du Chef de l’Etat,  Félix Antoine Tshisekedi, en ce qui concerne les nominations des mandataires de la Gécamines et de la SNCC.  Ces écarts de langage avaient provoqué un véritable tollé et Charles Nawej avait fini par présenter ses excuses au Chef de l’Etat.

             Après l’incartade de Nawej, Adrien Phoba et Papy Miantenzolo viennent de s’illustrer cette fois par une autre incorrection.

            En sa qualité de présidente de la chambre basse, Jeanine Mabunda doit taper du poing sur la table et interpeller ses collègues  pour qu’ils se comportent désormais  en véritables hommes d’Etat et ne se fassent pas coller des épithètes peu flatteuses. Et  si d’autres élus nationaux se muaient  momentanément  à l’avenir en « boxeurs » ou simplement  s’illustraient par d’autres actes  indignes de leurs fonctions, la speakerine de la chambre basse devrait se montrer plus dure à leur endroit.

            La répétition des actes du genre de celui du mercredi 4 décembre 2019  va à coup sûr  jeter un sérieux discrédit sur le Parlement.

            Longtemps considérée comme  « une dame de fer », Jeanine Mabunda va certainement rappeler à l’ordre ses collègues députés et ainsi nous éviter le scandale enregistré au début de cette semaine au Palais du Peuple.

            Pour rappel, Gilbert Kankonde et le ministre d’Etat et ministre de la Défense Aimé Ngoy Mukena étaient invités le mercredi 4 décembre 2019 à l’Assemblée Nationale pour répondre  séparément sur des questions d’actualité  concernant  les catastrophes à Kinshasa et les tueries à répétition de Beni.                 JPN

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