Lettre de Marc Kapend au Premier ministre

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À son excellence M. Ilunga Ilukamba

Premier Ministre de la R.D.C.

Objet: Félicitations et attentes

  Je prends la responsabilité de vous écrire pour vous présenter mes très chaleureuses félicitations pour votre nomination comme Premier ministre de notre pays et pour rappeler ce que nous, nombreux Congolais, attendons de vous.

                  Pour commencer, le climat social serein observé au sein de la communauté nationale au lendemain de votre nomination indique certainement l’approbation partagée du choix fait en votre personne. Nous en félicitons le Président de la République et toutes les personnes qui ont participé au processus de votre désignation.

                  Concernant les attentes nationales, Monsieur le Premier ministre, elles se font dans un contexte nouveau, bien different de celui dans lequel vous avez servi dans le passé. L’ajustement au contexte de l’autonomie et de la responsabilité gouvernementales plus accrues, dans l’État de droit, est un défi.

                  En effet, la séparation des pouvoirs qui caractérise l’État de droit est telle que la responsabilité gouvernementale repose sur vous, vis-à-vis du Chef de l’État, le chef de l’exécutif, et devant le pouvoir législatif qui a un droit de regard sur les actes du gouvernement. C’est dire que les succès ou les échecs de la fonction gouvernementale reposent essentiellement sur vos épaules. Pour un résultat optimal de votre fonction, votre expérience seule ne suffit. Vous devriez surtout vous mettre au pas avec le contexte de l’État de droit qui se veut exigeant par rapport aux concepts d’autonomie, de responsabilité, de compétences et d’éthique à tous les niveaux du pouvoir public.

                  Comme c’est le cas avec toute nouvelle entreprise, le premier défi à relever, c’est celui de la mise en place de l’équipe gouvernementale. Votre apport rationnel devrait tempérer les élans émotifs éventuels des coalitions politiques censées vous faire des propositions pertinentes. En définitive, votre équipe serait bien constituée sur la base des critères objectifs de représentativité nationale, de compétences individuelles et d’éthique.

                  Une fois cette étape franchie, Monsieur le Premier ministre, nous aimerions inviter toute l’équipe gouvernementale à s’imprégner de l’aspiration nationale au changement par rapport à un passé oisif, dégradant et corruptif. Au plan interne, le changement dans l’Etat de droit se traduirait, entre autres choses, par un accent particulier sur la productivité, l’accroissement des capacités productives et ce, grâce aux moyens que l’État devrait s’appliquer  à faciliter où a fournir, notamment: le capital humain grâce à la formation, les équipements, les ressources naturelles, les moyens technologiques, etc.

                  Le développement des infrastructures routières en milieu urbain et rural au cours de 100 jours qui précèdent votre nomination est un excellent départ qu’il vaut mieux soutenir. Si Kinshasa pouvait être bien relié, par des routes bitumées solides, avec les régions qui l’approvisionnent en denrées alimentaires, telles que le Kwango (Popokabaka, Kasongo-lunda, Kahemba, Feshi et Kenge), le Kongo Central, le Kwilu, le Kasaï, et par la voie fluviale avec l’Équateur et le Haut Congo, on participerait, du coup, à résorber l’exode rural, au désenclavement des régions et à la création d’emplois. Avec l’extension de la même stratégie à Lubumbashi, Kisangani, Goma, Bukavu et Mbandaka, tout en encourageant des routes interrégionales au niveau des provinces, vous aurez réussi à jeter des bases durables de la croissance économique et de l’amélioration du bien-être social.

                  L’accent sur la productivité sera aussi déterminant dans les échanges internationaux. L’État de droit appelle que les échanges internationaux cessent d’être un lieu de générosité et de mendicité pour devenir un lieu d’échanges​ effectifs. La RDC devra acheter à l’extérieur à concurrence de ce qu’elle aura produit et vendu. Dans ce nouveau contexte, les investissements seront certes encouragés, mais l’endettement devrait être évité le plus possible.

                  Il va de soi, enfin, que la formation en vue d’accroitre le capital humain, la justice indépendante, la protection des droits des citoyens et la sécurité générale qui ont fait défaut dans le passé, mais que l’État de droit promeut, complètent les attentes publiques. Votre application attentionnée à ce qui précède revient à traduire la vision du Chef de l’État en programme de gouvernement, votre fonction primordiale.

                  Je termine par vous réitérer les voeux d’ajustement de l’équipe gouvernementale au contexte de l’État de droit et de faire de celui-ci son cheval de bataille, pour mériter la confiance du peuple. Avec une coalition parlementaire majoritaire acquise au changement et un Chef de l’État progressiste, votre gouvernement aura les atouts essentiels pour maximiser son efficacité.

                  Encore une fois, Excellence, félicitations et plein succès.

Marc Kapendpolitologue

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