Les ports de Matadi et Boma sous la menace de Pointe Noire

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Pendant que le Chef de l’Etat se trouve en campagne de réalisation des projets routiers, ferroviaires, sanitaires, scolaires et autres retenus au calendrier de son programme des 100 jours de modernisation ou de réhabilitation des infrastructures de base, une lourde menace pèse sur les ports maritimes de Boma et Matadi. Il s’agit de celle que représente le port de Pointe-Noire au Congo/Brazzaville, sur l’Océan Atlantique.

            Selon un expert de la CVM (Compagnie des Voies Maritimes), Mukanda Muya François les navires de haute mer en provenance de l’Europe et d’ailleurs et transportant des marchandises à destination de la République Démocratique du Congo s’arrêtent, depuis 1988, au port de Pointe-Noire. En raison de la faible calaison qu’offre le fleuve Congo entre le port de Matadi et l’Océan Atlantique, les importateurs sont contraints de recourir à des « feeder ships » (petits bateaux) pour amener, par rotation, à ce port congolais, les containers de marchandises débarqués à Pointe Noire. Cette ville du Congo/Brazzaville s’est imposée comme un « avant-port » pour Boma et Matadi, avec les conséquences financières que cela implique.

Or, les échanges commerciaux de la RDC transitent par Matadi dans la proportion de 70 %. En réalité, c’est le port de Pointe-Noire qui tire les plus gros dividendes des activités d’import et d’export entre le territoire congolais et l’extérieur.

François Muya préconise, dans l’attente de l’achèvement des travaux de construction du port en eaux profondes de Banana, dont le coût d’envoi a été donné l’année dernière par le Chef de l’Etat sortant, que son successeur songe à une solution intermédiaire. Selon lui, le pouvoir actuellement en place ferait œuvre utile s’il pouvait dégager entre 90 et 100 millions de dollars américains pour l’achat, au profit de la CVM, d’une drague à élinde traînante, à pelle hydraulique, pour les travaux de dragage du bief maritime entre Boma et Matadi.

            A en croire le même expert, la dernière drague de régie publique, baptisée « Tshuapa », aujourd’hui complètement obsolète, date de 1979.  Dotée d’une élinde trainante de 1.500 mètres cube de puits, elle avait au moins le mérite de travailler sur le fleuve Congo, entre Boma et Malela, de 6 à 18 heures, soit sur une soixantaine de kilomètres, maintenant le tirant d’eau  de 26 pieds (7 mètres de profondeur) ) à 30 (10 mètres).

            Depuis un temps suffisamment long, le bief maritime congolais est considéré, par les armateurs, comme une zone à hauts risques pour les navires de gros tonnage (environ 10.000 tonneaux).

La dépendance permanente présente de la République Démocratique du Congo du port de Pointe-Noire, pour son commerce extérieur, constitue un risque à la fois politique et sécuritaire et un manque à gagner financier, pour des raisons faciles à deviner. D’où, pour des raisons de souveraineté et aussi d’indépendance économique, le pays a grand intérêt à se doter d’une porte d’entrée et de sortie, par rapport à l’Océan Atlantique, fréquentables par les armateurs et les opérateurs économiques. Pour l’heure, le manque à gagner est inestimable.                                   Kimp

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