Les «Pombas» maîtres des parkings

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Une race des marginaux sortis tout droit de la planète « violence », a débarqué un matin, avec ses us et coutumes et ses lois, par on ne sait quelle autorisation et de quelle autorité provinciale, dans tous les parkings des taxis et terminus des bus de la ville de Kinshasa, pour narguer sans ménagement au quotidien, les automobilistes et les clients.

Cheveux taillés comme des  jardins des palais royaux, une boucle à l’oreille, pantalons rabaissés au niveau du postérieur et dévoilant un sous-vêtement noirci par la saleté, quelques muscles en saillie et le langage vulgaires, telles sont les principales caractéristiques de ces délinquants – les « nouveaux rois de la force brutale » dont l’impunité des méfaits illustre l’absence de l’autorité de l’Etat dans la capitale.

Ils sont une vingtaine, assis à l’ombre des parasols d’un kiosque à boissons, et autour d’un chef de « clan», les uns fumant librement du chanvre, les autres suçant quelques spiritueux interdits en sachets. Un autre groupe constitué des chargeurs appelle les clients à embarquer dans des taxis ou des bus.

Voilà le spectacle révoltant de nos parkings de taxis et terminus des mini-bus qui, aujourd’hui indigne plus d’un dans la ville de Kinshasa. Mais avec le temps, ces marginaux sûrs de leur impunité, secréteront d’autres formes de violences.

Leur histoire n’a-t-elle pas débuté avec les ballados ? Les Pombas, les Shegués et les Kulunas ne sont-ils pas les descendants de la race de ces malfaiteurs aujourd’hui éteinte ?

Rond-point Victoire : un véritable nid des malfaiteurs

Tous en état d’ivresse de chanvre et d’alcool, les chargeurs qui peuplent la station d’essence du rond-point Victoire, les parkings des immeubles ex-Mebeza et Kasale, de la Maison de la Bible, de la boulangerie BKTF, et du marché Djakarta, n’ont aucun égard aussi bien pour les chauffeurs des taxis que les clients à l’attente d’un moyen de transport pour Bandalungwa et Kintambo-Magasins. L’injure facile et prompts à glisser la main dans un sac ou une poche pour en soutirer un téléphone cellulaire ou quelque billet de banque, ces délinquants sans foi ni loi, un échantillon assez représentatif de la racaille, se sont improvisés  crieurs au service des taximen et conducteurs des mini-bus.

Outre la consommation de la drogue, on leur reproche des agressions sur les paisibles citoyens, chauffeurs et clients confondus. Tenez ! Un chauffeur qui venait de faire le plein des passagers, a promis de payer plus tard les frais de parking. Il a été tabassé, sa chemise déchirée, en présence de quelques policiers friands des pugilats.

Que pouvaient faire les témoins apeurés quand dans cette anarchie généralisée, les agents de l’ordre réclament eux aussi leurs redevances ? Une dame indignée par cette agression, a osé les raisonner. Elle a été proprement injuriée et menacée d’être violentée au vu et su de tous.

Ces délinquants causent plus de tort que de bien aux clients en quête de moyens de transport, allant jusqu’à revendiquer dans leur égarement, des droits sur des parkings qu’ils considèrent comme leur patrimoine. L’Association des Chauffeurs du Congo, que l’on croyait responsable du maintien d’ordre et de la sécurité dans les parkings, a préféré recourir, avons-nous appris, au service des délinquants, au lieu de confier ces activités à ses membres, notamment des chauffeurs en chômage. Tout simplement scandaleux !   

Terminus de Tshibangu à Bandalungwa : une fumerie de chanvre

Ce comportement sauvage aujourd’hui décrié par tous les hommes épris de paix, d’ordre et de justice, qui fréquentent les parkings des taxis et terminus des bus, est une des conséquences de l’absence de l’autorité de l’Etat dans la capitale. D’où cet éternel questionnement : on fume publiquement du chanvre aux arrêts de bus, où sont les services spécialisés de l’Etat ? Qui est responsable des parkings et arrêts de bus dans la ville de Kinshasa ? Qui a recruté les «Pombas» pour percevoir les taxes dans les parkings et les «  marails » ? Comment se fait cette collecte et quel est l’horaire de travail des «Pombas» et les parkings concernés par cette taxe ? Sont-ils immatriculés par un service de l’Etat et comment sont-ils sanctionnés en cas de méfaits ? Qui remettra de l’ordre et la discipline dans tous les parkings des taxis et terminus des bus de la ville de Kinshasa ?

                                   J.R.T.

 

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