Les pétroliers accentuent la pression sur le gouvernement

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 Un tour fortuit hier soir, dans la plupart des stations d’essence de Kinshasa, pour s’approvisionner en carburant, a permis un seul constat : les pompes étaient toutes à sec. Aucune goutte de carburant disponible. Et quelques véhicules bloqués par-ci par-là par la panne sèche.Les exploitants du transport en commun ont subitement déserté leurs itinéraires habituels. Des miliers de noctambules, surpris, ont cru à un couvre-feu qui ne disait pas son nom.Mais, les agents des stations contactés continuaient de rassurer en déclarant qu’ils attendaient toujours une livraison des produits qui n’est pas arrivée jusque tard la nuit.  

           

Cette situation d’une sécheresse quasi généralisée a laissé courir la rumeur qui a gagné la nuit, toute la ville de Kinshasa et fait état d’une augmentation imminente des prix de carburant à la pompe.Vérification faite, les prix affichés demeurent les mêmes depuis 2009 : 970 FC le litre pour l’essence et 965 FC pour le gas oil. D’où la question de savoir pourquoi cette pénurie des produits pétroliers sur le marché ? Ne serait-ce pas là une pression des sociétés pétrolières congolaises échaudées par les inquiétudes suscitées sur le plan international à la suite de l’accident survenu sur la  plate-forme de British Petroleum aux Usa. Un accident de nature à influer  sur le cours du pétrole dans la mesure où les Usa pourraient exprimer une demande non programmée par les marchés en vue de maintenir le niveau de leurs stocks.  C’est sans doute cette crainte d’un emballement inattendu du marché qui ferait peur aux pétroliers et les pousserait à faire des anticipations pour ne pas devoir payer une facture plus salée.            

Pour autant, des informations recueillies auprès des sources crédibles ne semblent pas prêter le flanc à la panique. Le Phare a en effet appris hier soir que la société qui ravitaille les entreprises pétrolières en RDC, en l’occurrence Congo SEP, dispose de stocks de carburant suffisant   et qu’il n’y aurait donc pas péril en la demeure.           

Il faut donc chercher l’explication à ce qui se passe ailleurs.On sait par tradition que le prix d’un litre d’essence a été toujours stabilisé autour d’un dollar américain. Or, ce prix est actuellement  de 970 FC soit un peu plus d’un dollar à l’achat. Comment à partir d’une telle réalité, chercher à viser plus haut et donc à aller largement au délà d’un dollar ? Les pétroliers ne visent-ils pas à destructurer le secteur économique quant on sait que les prix d’essence de gazoil ont un terrible effet d’entraînement sur les autres prix?            

Au moment où nous mettions sous presse, nous apprenions que le problème se situerait plutôt au niveau des prix d’acquisition des produits pétroliers qui auraient subi une augmentation. Si ces informations se confirmaient, il y a lieu de redouter des jours sombres, à moins que le gouvernement ne trouve des pistes de sortie notamment en explorant encore une fois sa parafiscalité pour à la fois rejoindre les préoccupations de ses partenaires du secteur pétrolier et en même temps éviter d’asphyxier une population qui vit déjà en dessous du seuil de pauvreté. L’année 2010, c’est le cas de le rappeler, a été décrétée année du social. Il faut arriver à traduire cet engagement politique dans les faits et non pas laisser la population à la merci des autres troubles.                                  

J.R.T. 

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