Les FDLR instrumentalisées au Sud-Kivu ?

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Plusieurs contrées du Sud-Kivu échappent totalement, depuis plusieurs mois et années, au contrôle des autorités politiques, administratives et militaires locales. La liste vient de s’allonger avec Shabunda, que la structure onusienne Ocha soutient se trouver sous l’occupation militaire des rebelles rwandais opérant sous le label des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda). La même source signale  par la vague des populations civiles ayant fui les exactions de ces miliciens armés rwandais, qui se seraient installés dans les points sensibles désertés par l’armée régulière congolaise.

De son côté, la Monusco (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) banalise l’alerte en faisant état d’éléments résiduels de la rébellion rwandaise occupés à mener des opérations de guérilla dans des zones isolées. C’est le même son de cloche du côté des FARDC où l’on estime que la capacité de nuisance des forces négatives rwandaises a été considérablement réduite.

Face à ces informations contradictoires, des sources indépendantes ainsi que les autochtones ne cessent de se plaindre de l’insécurité récurrente entretenue par les éléments des FDRL, qui agissent comme en territoire conquis. La relance et l’amplification des activités de ces rebelles venus du Rwanda depuis 1994 en cette phase de révision du fichier électoral poussent nombre d’observateurs à les soupçonner d’être au service des ennemis du peuple congolais décidés à torpiller le processus électoral.

D’aucuns se demandent si ces tueurs à gages et pilleurs, au sein desquels se cachent de redoutables génocidaires recherchés par la justice internationale, ne sont pas instrumentalisés pour empêcher des millions des compatriotes résidant au Sud-Kivu de s’enrôler et partant de voter en 2011, 2012 et 2013. En effet, les actes de terrorisme, de vols, de viols et de sape de l’autorité de l’Etat qu’ils posent semblent relever d’une stratégie bien planifiée de blocage de toute initiative d’installation des centres d’identification des électeurs par les agents de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), de déploiement des kits électoraux et donc d’enrôlement aujourd’hui.

Le résultat visé ne serait autre que l’empêchement demain de toute possibilité de campagne électorale et de vote dans une bonne partie de la province du Sud-Kivu. Mais à qui va profiter l’exclusion du processus électoral des millions de Congolais vivant dans cette partie du pays ? Qui est derrière ces actes apparemment prémédités qui ont subitement aggravé le climat d’insécurité au Sud-Kivu ? Pour quelle finalité chercherait-on à contraindre plusieurs pans de cette entité territoriale à ne pas prendre part aux élections présidentielle, législatives, sénatoriales, urbaines, municipales et locales ?
Quel problème aura-t-on résolu si des opérations sélectives de révision du fichier électoral au Sud-Kivu donnaient lieu demain à des contestations populaires violentes portant sur la non acceptation des résultats de différents scrutins ? Que s’est-il passé pour que les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, qui semblaient avoir souscrit au projet de leur délocalisation vers le Maniema, en soient aujourd’hui à afficher une attitude négative ?

C’est le lieu de s’étonner du silence de ceux qui ont l’habitude de négocier avec les responsables des rebelles Hutu rwandais et leur faire accepter des propositions allant tantôt dans le sens de leur désarmement et rapatriement volontaires au Rwanda, tantôt de leur éloignement de la frontière congolo-rwandaise. Le processus électoral congolais étant en grand danger de se gripper au Sud-Kivu, il appartient à ceux qui savent comment parler aux FDLR de les ramener sur le chemin du respect du droit des Congolais à remplir leur devoir civique consistant à s’enrôler aujourd’hui pour participer demain au choix des gestionnaires des affaires publiques, à tous les niveaux.

Jacques Kimpozo

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