Les enfants sans toîts en Workshop photographique avec Simon Tshiamala

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La ville de Lubumbashi fête au mois de novembre prochain son centenaire. Pour que ces festivités soient grandioses, l’Asbl Dialogues du Katanga a, en collaboration avec la Fondation Rachel Forrest, organisé une serie d’ateliers artistiques à l’intention des enfants sans toîts, communément appelés “Enfants de la rue”. C’est dans cette optique que six enfants sans toît ont renforcé leurs capacités artistiques du 02 au 07 août 2010. C’était au cours d’un Workshop photographique avec l’artiste photographe de Kinshasa, Simon Tshiamala Mukishi et de peinture avec l’artiste plasticien, Thonton Kabeya. L’asbl Dialogues poursuivant comme objectif de faire comprendre les abc artistiques et d’acquérir la maîtrise de l’outil de travail ( appareils photographiques et outils d’art plastique) à ces jeunes. En plus,  les oeuvres issues de l’atelier devront faire objet d’exposition à l’événement tant attendu du centenaire de la ville de Lubumbashi. 

Le formateur Tshiamala optimiste 

            De retour de Lubumbashi, au Katanga, le photographe Simon Tshiamala explique: “ Au menu de ces six jours de travail avec ces jeunes gens, des leçons préliminaires dans la photographie argentique et numérique. Nous avons insisté sur l’importance des prises des vues. Bien sûr que le numérique simplifie le maniement mais il pêche par la qualité. N’importe qui peut photographier sans tenir compte des fondamentaux artistiques! Les techniques de cadrage doivent être minutieusement maîtrisées. Par exemple, il faut savoir jongler entre les formats allant du passeport ( de la tête à la poitrine) au plan américain (de la tête à la mi cuisse ou jusqu’au genou) en passant par le plan d’ensemble ( situer le lieu où se déroule la scène), le plan rapproché ( mettre un accent particulier sur un détail), le plongé (prise de vue de haut en bas), le contre plongé (prise de vue de bas en haut) et le plan contre jour ( la cible tourne le dos au soleil). L’on a également travaillé sur l’engagement du film, son rebobinage, la mise au point avec un accent particulier sur le film noir et blanc.

            De la descente sur terrain, Simon Tshiamala juge positivement les stagiaires: “Je les ai trouvés très interessés et appliqués. Finalement, nous sommes reconfortés en ce qu’ils soient devenus utiles à la société.

            Les seules contraintes étant liées aux endroits interdits pour les prises de photos sans aucun signalement officiel. 

            Chaque stagiaire a bénéficié d’un kit complet numérique tout neuf “G5 digital camera D1030 avec une carte mémoire d’une capacité de 4 GB de marque Samsung”, don de la Fondation Rachelle Forest. Un très bon appareil semi professionel. Aux jeunes photographes d’en faire bon usage, affirme le professionel Tshiamala. 

Le peintre Thonton Kabeya dans la danse 

            Ce workshop photographique était lié très étroitement au façonnage de l’art pictural. En professionnel éprouvé, l’artiste plasticien Thonton Kabeya Kabamba apporté son expérience au troisième jour du stage. Justes quelques données théoriques, il a invité les stagiaires à développer leur esprit d’observation et à la conquête totale de leur liberté technique. “Je ne suis pas là pour vous dire quoi que ce soit. Dans un premier temps, ils devraient travailler librement avec pinceaux, couleurs et collages… afin que je puisse me rendre compte de leurs tendances et leurs talents…” 

            Au finish, chaque stagiaire a réalisé trois planches de forme A4 sur papier bristol. “ Sur les six participants, quatre ont laissé transparaître des tendances plus picturales alors que les deux autres ont chevauché entre la peinture et la sculpture. Ce qui est pour nous une révélation intéressante…”, souligne Thonton.   

            Du coup, les enfants avec ou sans toît peuvent, désormais, contribuer efficacement à la recontruction du pays.

            Car, la photographie est un métier viable comme tous les autres. La récupération de ces jeunes enfants devrait interpeller le gouvernement à savoir orienter ses projets vers la base.     

            L’Asbl Dialogues a, à la clôture de Workshop, remis à chaque participant une attestation de formation faisant valoir de droit de participation à l’exposition du centenaire de Lubumbashi. 

Eddy Kabeya

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