Les dossiers BDK, Kahemba et refoulés d’Angola étaient examinés en plénière sans tabou

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Il sera difficile aux Congolais de comprendre la décision du président de la chambre basse ayant décrété hier le huis clos pour la plénière consacrée à la question orale avec débat au sujet du nouvel accord intervenu entre le Rwanda et la RDC. Tôt ou tard, Aubin MINAKU sera sévèrement jugé par l’histoire. Qui l’eût cru ? Un huis clos décrété d’autorité juste au moment où des millions des Congolais sont en train d’errer à travers la nature livrés aux intempéries, aux animaux sauvages et surtout aux multiples miliciens qui font la loi dans cette partie de la République qui échappe au contrôle du gouvernement central depuis bientôt 20 ans.
Ce « huis clos » a surpris tout le monde, dès lors que d’une part les informations en provenance du Nord Kivu faisaient état d’une nouvelle rébellion aux contours flous et dont les revendications tranchaient par leur caractère léger, car ne résistant pas à la moindre critique de forme comme de fond. Un groupe d’anciens militaires des FARDC sortis des rangs du CNDP, un ancien mouvement politico-militaire créé par l’ancien général de brigade L. NKUNDA aujourd’hui placé en détention au Rwanda, s’est   déclarés en mesure de protéger les populations tutsi congolaises. Ensuite, ces soit disant mutins du M23 ont réclamé la reconnaissance de leurs grades militaires alors que presque tous n’ont jamais mis leurs pieds dans une académie militaire connue.
Ce « huis clos » a surpris tout le monde parce que la MONUSCO venait de faire des révélations  sur les effectifs tant du CNDP que du M23. Selon un rapport confidentiel dont la BBC s’est procuré une copie, ces deux mouvements politico-militaires contiennent en leur sein des militaires rwandais, car recrutés, formés, entrainés et équipés par Kigali. Juste au lendemain de la signature d’un communiqué conjoint sanctionnant la session ordinaire  de la grande commission mixte RDC-Rwanda. Dans lequel les deux Etats s’engagent à promouvoir et à maintenir la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs.
 
Prétexte sécuritaire douteux
 
Selon Aubin MINAKU, speaker de la chambre basse, le règlement intérieur instruit le huis clos pour des questions ayant trait à la sécurité intérieure ou extérieure de l’Etat. Il s’agit là d’un raccourci. Car,   c’est dans le même hémicycle de la commune de Lingwala et comme par hasard présidé à l’époque par un autre membre du PPRD, en l’occurrence Vital KAMERHE que les députés avaient eu à examiner en plénière la question tragi-comique de la secte politico-religieuse dénommée « Bundu Dia Kongo ». Et comme par hasard, le ministre de l’Intérieur de l’époque n’était autre que l’un des ténors du kabilisme en la personne du général d’armée Denis KALUME Numbi. Cette plénière fut retransmise en direct sur toutes les chaînes de radios et télévisions du pays. 
Le ministre d’Etat en charge des Affaires Intérieures s’était même permis d’utiliser des cartes géographiques pour expliquer le bien-fondé de la traque de ces adeptes de ce mouvement politico-militaire dont le grand responsable était bel et bien assis dans la salle, au milieu d’autres parlementaires et sans être inquiété le moins du monde. Il s’était agi d’une question sécuritaire de haut niveau car aux dires du ministre d’Etat KALUME Numbi, ces adeptes détenaient des armes et munitions de guerre et se préparaient à proclamer une nouvelle République qui allait s’étendre jusqu’au Congo-Brazzaville et en Angola voisins. Un procès fut alors organisé et tenu dans la ville de Mbanza-Ngungu et se termina par le retrait de l’arrêté ministériel portant agrément du parti politique BUNDU Dia KONGO, des peines d’emprisonnement allant jusqu’à trente ans d’une centaine des adeptes de ce mouvement politico-religieux. Son fondateur n’a jamais été inquiété et siège de nouveau dans l’assemblée nationale sous le label d’un autre parti politique.
Une seconde affaire sécuritaire très sensible fut celle ayant trait au déplacement prémédité et volontaire des bornes des frontières par des éléments de l’armée régulière angolaise dans la partie séparant la RDC et ce pays voisin, particulièrement dans le secteur du territoire de Kahemba. Une commission spéciale fut mise sur pied, avec  Roger LUMBALA, des députés élus de la province du Bandundu dont le professeur Théophile MBEMBA Fundu, ancien gouverneur de Kinshasa sous feu L.D. KABILA, le tout premier directeur du Cabinet de Joseph KABILA et ancien ministre de l’Intérieur sous le régime de 1+4. Cette commission fut désignée à l’issue d’une question orale avec débat lors d’une plénière qui fut houleuse. Elle se rendit jusque sur les lieux pendant plus d’une semaine avant de revenir déposer son rapport à la plénière, lequel fut sanctionné par un autre débat houleux. Les médias tant nationaux qu’étrangers en firent grand écho et il n’y a jamais eu une guerre entre Luanda et Kinshasa. Bien au contraire, les deux capitales recoururent à des experts étrangers pour fixer définitivement les frontières conformément aux cartes établies par les puissances coloniales à Berlin en 1885. 
Une motion d’information soulevée par un député élu de Kahemba fut examinée en plénière au sujet d’une suite des mesures de refoulement violents et des traitements infrahumains de nos compatriotes en Angola se termina par le rappel de notre ambassadeur à Luanda. Avant cette décision diplomatique les populations de Mbanza Ngungu, Kasangulu et ailleurs dans le Bas-Congo répondirent par une chasse aux ressortissants angolais et les autorités de Luanda revinrent aux bons sentiments. Il n’y a jamais eu de huis clos. L’opinion est scandalisée par la décision d’Aubin MINAKU.   
 
F.M.
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