Les Belges aux portes de la RDC

0
397

C’est par la bouche de son tonitruant ministre des Affaires étrangères, que la Belgique officielle a annoncé mercredi sa volonté de renouer avec la République Démocratique du Congo. Didier Reynders a en effet choisi un terrain neutre, Washington DC, loin du brouhaha de Bruxelles et des décibels lamukistes « yé-yé, yé-yé » entendus encore il y a quelques semaines à peine, pour dire que la récréation est terminée. L’heure semble avoir sonné pour reconstruire la coopération belgo-congolaise plus que jamais mise à mal par les partis-pris médiatiques du Royaume et des libéraux au pouvoir.

 Longtemps présenté comme un fidèle soutien de Moise Katumbi, le ministre belge des AE était apparu, au second semestre 2018, comme l’homme par qui la libération de Jean-Pierre Bemba est arrivée. Bruxelles venait en effet de réaliser que les tirs de barrages des caciques kabilistes au retour sur scène de Katumbi laissaient peu d’espoir à une candidature de ce dernier à l’élection présidentielle. Il fallait dès lors trouver une autre carte et celle-ci s’est jouée au niveau de La Haye, avant le prolongement de Genève avec l’épisode «Lamuka».

Aujourd’hui, tout cela est terminée. Si des gens veulent encore danser, ils peuvent le faire dans leurs chambres à coucher mais en ce qui concerne la Belgique, il est question maintenant de passer aux choses sérieuses. Une suite logique car dans les relations internationales, les Etats n’ont pas d’amis mais plutôt des intérêts. Ceux qui l’avaient oublié vont maintenant l’apprendre. Malheureusement à leurs dépens.

            Reçu mercredi en audience par le Chef de l’Etat congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, Reynders a décliné les secteurs où Bruxelles veut exprimer son expertise. A ce stade, la défense et les voies de communication paraissent être des priorités. Pour ces dernières, le port de Matadi et le réseau ferroviaire suscitent un intérêt particulier. On espère simplement qu’on ne va pas revivre l’expérience de Sizarail et que la nouvelle coopération sera celle de la qualité.

            Au sujet de la défense, on rappelle qu’avant la brouille entre le régime Kabila et Bruxelles, les Belges s’étaient focalisés sur la formation des commandos non infectés par le virus de l’affairisme et de la trahison à Kisangani. C’est de ce groupe qu’était sorti un certain Mamadou Ndala d’heureuse mémoire. Un soldat au caractère trempé et qui a laissé des souvenirs impérissables au Nord-Kivu, où il avait restauré l’honneur des soldats congolais en taillant en pièces les éléments du M23.

            Ce haut fait d’armes, on s’en souvient, a été mal vécu par les traîtres au sein de l’armée. Ils le lui ont fait payer cher en l’assassinant en pleine journée, juste au moment où il allait prendre d’assaut les refuges des ADF/Nalu ou de ceux qui étaient présentés comme rebelles ougandais.

            Pour ceux qui ont su décrypter cet assassinat, Mamadou Ndala a été tué parce qu’il était sur le point de découvrir le pot aux roses. Le phénomène ADF/Nalu est une nébuleuse que rien ne justifie. Depuis des années, voilà des individus qui se présentent comme des opposants armés au gouvernement de Kampala. Fort curieusement, ils n’attaquent jamais les frontières de leur pays mais passent le clair de leur temps à agir sur le territoire congolais, où ils égorgent à volonté des femmes, enfants et vieillards sans défense. Qui est derrière ces hommes et que visent leurs attaques répétitives sur la population civile ? C’est parce qu’il se rapprochait de la réponse que Mamadou Ndala a été tué.

            Dans le domaine diplomatique, Bruxelles souhaite la remise des compteurs à zéro grâce à la désignation de nouveaux ambassadeurs et la réouverture des consulats belge et congolais respectivement à Lubumbashi et Anvers.

Un dossier à suivre.LP.

  • 40
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •