Les activités économiques et les médias paralysés

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Par crainte des dérapages des manifestants et des abus des membres de forces de l’ordre postés dans plusieurs coins de la ville, des commerces fermés, du lundi 19 janvier au vendredi 23 janvier janvier 2015. Les travailleurs renvoyés à leurs domiciles pour raison de sécurité, quelques usines ont tourné au ralenti, telles que les boulangeries. Il en est de même des brasseries qui n’ont libéré que quelques véhicules de livraison.

A la suite de dégâts matériels enregistrés par bon nombre de bus de sociétés Transco, Esprit de vie et New Transkin, les entreprises publiques de transport en commun ont réduit leur charroi mis en circulation.

Les médias locaux ont aussi été affectés par ces journées «mortes». Si certains médias audiovisuels ont vu leur signal coupé, les organes de la presse écrite étaient introuvables sur le marché et dans les kiosques. Les journalistes les plus courageux ont bravé les dangers et sillonné les théâtres des incidents, collectant les faits et enregistrant les réactions des populations. Pour le niveau d’insécurité élevé qui a prévalu à Kinshasa, certains sont devenus casaniers. Les journaux étaient momentanément contraints de fermer leurs portes. Les imprimeries n’ayant reçu aucune commande d’impression, sont demeurées à l’arrêt. A ce désagrément, s’est ajoutée l’interruption de fourniture du courant électrique. L’électricité n’était rétablie que le soir, pour permettre à la population de suivre les matches de la CAN. On a ainsi connu des journées sans journaux. Les vendeurs des journaux se sont brutalement retrouvés au chômage. Car, les médias ne pouvaient sortir sans être sûrs de servir leurs produits à leurs lecteurs qui pour la plupart, se terraient dans leurs domiciles.

Comme mesures particulières prises par le gouvernement lors de journées folles, la connexion à l’internet et les communications par SMS étaient coupées, au point que les opérateurs de téléphonie cellulaire n’ont pas pu assurer le transfert de certaines données et informations, comme à l’accoutumée. Des observateurs avertis ont dénoncé cette restriction de la liberté de communiquer, qui est un droit fondamental.

On ne s’imagine peut-être pas les pertes causées par cette mesure ni les préjudices subis par des milliers des clients. Les transferts financiers entre les membres de la diaspora congolaise de l’étranger à leurs familles restées au pays, qui dépassent un million de dollar par jour, ont été interrompus faute de communication. Certaines opérations commerciales qui se déroulent au niveau de l’internet, n’ont pas eu lieu. Ceux des opérateurs économiques qui attendaient la transmission des codes secrets pour accéder à certains paiements, ont dû prendre leur mal en patience. Des chantiers de construction ont été arrêtés, des commandes des matériaux et autres équipements n’avaient pas été honorées.

Les banques privées qui recourent à la connexion internet pour opérer des transactions financières, n’ont pas rendu service à leurs clients, paralysant ainsi certaines activités commerciales. Certaines entreprises qui n’ont pas pu fonctionner normalement.  Ainsi en est-il des marchandises non dédouanées des entrepôts sous douane, entraînant des coûts d’entreposage et des frais supplémentaires de magasinage. Comme on le voit, le projet de la loi électorale a eu un impact négatif sur le fonctionnement de l’économie et des médias locaux.

JRT

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