Les 60 jours qui font trembler Kinshasa !

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Le ministre des Finances a ramené une bonne nouvelle de Washington. A l’en croire, les institutions de Bretton Woods sont satisfaites du travail abattu par le gouvernement congolais dans la quête du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Notre pays a notamment réussi son examen de passage en ce qui concerne les sept déclencheurs du mécanisme devant conduire à l’effacement de sa dette extérieure jusqu’à hauteur de 9 milliards de dollars américains.

L’unique mais mineur couac se situe au niveau de la date de l’annonce du résultat final. Les autorités congolaises souhaitaient vivement que la publication de l’atteinte du Point d’Achèvement intervienne à la veille du 30 juin 2010, pour des raisons que tout le monde peut deviner. Mais, les décideurs de la haute finance internationale ont opté pour juillet 2010. Les gouvernants congolais ont ainsi devant eux 60 longs jours, qui interdisent le moindre faux pas dans la gestion de tous les paramètres liés à leur cotation finale.

Les observateurs pensent que les experts de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International viennent d’envoyer par là un message clair aux décideurs politiques congolais, à savoir qu’il leur faut éviter des dépenses folles aussi bien dans la gestion quotidienne du pays que dans les préparatifs et l’organisation des manifestations devant marquer le Cinquantenaire de la République. En d’autres termes, les Congolais sont appelés à fêter avec modération cet événement historique de nature à donner lieu à des dérapages financiers.

Le report de l’annonce du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE traduit, aux yeux de certains, une petite dose de méfiance des institutions financières internationales à l’égard des Congolais, de qui l’on redoute l’oubli, dans l’euphorie du Cinquantenaire, de la véritable portée de l’annulation de la dette extérieure et de l’allègement sensible du service de la dette. Il s’agit, il convient de le rappeler, de canaliser vers la lutte contre la pauvreté et la reconstruction nationale, les moyens additionnels découlant de l’initiative PPTE.

En fait, nos bailleurs traditionnels veulent nous aider à créer davantage de richesses, à les gérer rationnellement, à éviter de retomber dans un nouveau cycle d’endettement, et à ne plus avoir à supporter le poids d’une dette extérieure et d’un service aspirateur de toutes les ressources nationales.

Il appartient donc aux Congolais de comprendre que le pays est piégé. Le FMI et la BM s’accordent manifestement un délai supplémentaire d’observation de notre capacité à nous assumer comme Etat apte à promouvoir la bonne gouvernance, à mobiliser le maximum de ses recettes, à ne dépenser que selon l’état de sa caisse, à assainir davantage le climat des affaires, à s’inscrire à l’école de l’Ohada, etc.

C’est la peur au ventre que Kinshasa va attendre le verdict de juillet 2010. Il est à souhaiter que d’ici là, rien de mal ne lui arrive.                                         

 Jacques Kimpozo

 

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