L’éradication du phénomène «kuluna» requiert une nouvelle thérapie

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Un des points importants abordés à la dernière réunion du Conseil national de sécurité présidée par le président de la république, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et qui a réjoui plus d’un Kinois est celui de la persistance du phénomène « kuluna » à Kinshasa et dans les autres coins de la ville. Ce sujet de brûlante actualité a certainement fait l’objet de quelques brefs exposés présentés par le gouverneur de la ville et le commissaire général de la police nationale.

            Le premier citoyen de la ville devait en ce qui le concerne donner la cartographie de la plupart des zones criminogènes réputées comme telles où la population kinoise vit le jour comme la nuit, par temps radieux ou sous la pluie, dans la peur panique. En effet, les fêtes et autres deuils organisés dans ces  zones criminogènes sans payer quelques «  taxes de sécurité » à ces ennemis publics numéro un ou les traverser à pied, expose toujours aux risques énormes d’attaques de toutes sortes. Dans ces coins érigés en bastions de malfaiteurs, quelques victimes portent encore sur elles des séquelles et autres traumatismes des agressions vécues le jour ou la nuit.

            Dans toutes les communes de Kinshasa, jadis milieux d’ambiance et de divertissement où il faisait beau vivre, avec des concerts musicaux et des sorties en bonne compagnie qui accaparaient les week-ends de viveurs kinois invétérés, c’est le règne de la terreur avec de nouveaux foyers de la violence aujourd’hui allumés. La quiétude a disparu presque partout. Aussi il est vrai que longtemps laissé en jachère, le phénomène kuluna a repris du poil de la bête, dans presque toute la ville de Kinshasa, semant la mort et la désolation et provoquant la révolte de la population désespérée. La Police nationale congolaise s’est ressaisie heureusement à temps pour mener quelques traques dictées par des plaintes de la population. Les commissariats urbains requinqués grâce à l’acquisition de quelques matériels roulants, et des renforts avec quelques effectifs supplémentaires, se sont déployés dans la ville et parviennent à neutraliser tant bien que mal quelques bandes de ces marginaux.

Mais comment éradiquer efficacement ce phénomène multi-résistant ?

            La nouvelle thérapie de lutte sortirait des réunions dont les participants seraient des membres d’une commission interministérielle élargie à la société civile et aux médias à mettre en place. Dans l’étude de méthodes de lutte, il y a lieu de donner toute son importance aux  deux axes susceptibles de donner des résultats efficaces  pour la réinsertion de ces délinquants dans leur société, à l’issue de la formation professionnelle. Le Service national pour les marginaux qui savent lire, écrire et calculer, tandis que pour ceux ayant un niveau scolaire de plus de 2 ans secondaires, l’INPP offrirait quelques filières intéressantes pour les petits métiers. Voire même pour les finalistes du niveau secondaire qui pourraient constituer la pépinière des formateurs. Et qu’en serait-il des délinquants analphabètes ? L’organisation des cours d’alphabétisation peut être envisagée. Si le problème de la formation sera facilement résolu, il faudra bien que l’on pense également à la problématique de leur logement, restauration, habillement et de leur santé. Résoudre un seul problème et en négliger d’autres, constitue une équation sans solution. Car, les marginaux non internés sont capables de résister à la conversion des mentalités, donc constituer un frein à leur réinsertion au sein de la société. Tant il vrai que  pour un besoin d’argent non résolu, ces malfaiteurs en puissance basculent facilement dans la criminalité et désertent les centres de formation. Il est aussi impérieux que l’on sache à quoi ont abouti finalement toutes ces actions. Quels sont les points forts et les faiblesses de ces méthodes de lutte ? Que peut-on corriger pour lancer de nouvelles opérations de ratissage ?

            A notre avis, les réunions pour débattre de cette problématique de la prolifération des marginaux ne seraient davantage enrichies par d’autres apports et initiatives que si elles faisaient appel à la société civile dans sa composante «  Réseau pour la réforme de sécurité et justice » représentée par les membres des comités locaux de sécurité qui ont fait leurs preuves dans l’identification et la collecte des besoins sécuritaires de populations kinoises au sein du projet expérimental du Commissariat de référence de  la commune de Kinshasa.

J.R.T.   

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