Leçons de la guerre de l’Est : recrutement dans l’armée, erreurs interdites !

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Nos compatriotes viennent d’apprendre, avec joie et apaisement, que l’état-major général des FARDC (Forces armées de la République Démocratique du Congo), se trouve engagée, depuis le début de ce mois, dans une vaste campagne de recrutement des jeunes de 18 à 25 ans à travers le pays. Même si la hiérarchie militaire soutient que cette opération n’a pas de lien direct avec la guerre nous imposée à l’Est par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, à travers leurs « forces négatives » ( ADF-Nalu, M23, FDLR et FNL), l’on ne peut s’empêcher d’y voir en filigrane les leçons tirées de cette page noire de notre histoire.

Les gouvernants congolais ont sans doute compris que sans la présence, sur notre sol, d’une force persuasive face aux velléités de déstabilisation venant de l’extérieur, nous ne vivrons jamais en paix et n’auront jamais le plein contrôle de l’ensemble de notre sol et de notre sous-sol. L’on se réjouit de constater, à ce sujet, que les gestionnaires du système national de défense marchent dans la droite ligne des résolutions du Dialogue Intercongolais, spécialement dans leur volet consacré à la réforme de l’armée nationale. Les patriotes congolais, les vrais, n’ont en effet cessé de réclamer l’émergence, sur les terres du Congo démocratique, d’une force combattante capable de faire respecter sa souveraineté et son intégrité territoriale.
  

 Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Après avoir perdu trois années avec la grande « récréation » post-Sun City (2003 et 2006) et cinq autres dans des marchés des dupes avec les rebelles du CNDP, la République a été brutalement rappelé à la réalité, celle relative à la fragilité de son système de défense, par la rébellion du M23 et ses parrains, internes comme externes.

Pour l’équilibre provincial


    La grosse erreur du régime de Mobutu fut d’éthniser et de tribaliser les ex-FAZ (Forces Armées Zaïroises) pourtant reconnues, pendant les décennies ’70 et 80, comme les « gendarmes » de l’Afrique Centrale. Dès lors que cette grande muette s’est mise à fonctionner au rythme des recrutements sélectifs, des purges et complots, elle a creusé sa propre tombe, au point de se faire balayer, en l’espace de six mois, par les « Kadogo » de Mzee Laurent Désiré Kabila, appuyés par les armées de l’Erythrée, de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de l’Angola. Il faut espérer que le recrutement en cours va accorder l’égalité des chances aux jeunes de toutes les provinces de la République désireux de se mettre sous le drapeau et que des quotas égalitaires leur seraient réservés. On imagine que la taille de nouvelles « unités » à intégrer a été clairement définie et que, le moment venu, une délicate opération de « brassage » serait lancée pour que tous les jeunes soldats venus d’horizons divers puissent transcender leurs origines au profit d’un seul idéal, celui du sacrifice de leur sang pour la défense de la patrie.
    Le recrutement en cours devrait être mis à profit pour effacer les inégalités constatées dans la représentation géographique des provinces du pays au sein de l’armée nationale.  S’agissant de l’opération proprement dite, elle devrait répondre aux critères objectifs universellement connus, tels que le cursus scolaire, l’aptitude physique, la moralité, l’esprit de sacrifice, la passion du métier des armes, la discipline, etc. Le virus des « recommandations », qui a souvent gangrené l’armée nationale, devrait être sérieusement combattu. Les FARDC devraient cesser d’être la « maison de placement » des rebus de notre société ou des enfants, frères, sœurs, cousins, cousines, beaux-frères, belles sœurs… des galonnés ou des décideurs politiques.

Formation, logistique, solde…

En principe, la formation de jeunes soldats congolais ne devrait pas poser problème en termes d’encadrement, au regard du large panel d’officiers supérieurs et généraux formés dans les académies militaires occidentales, américaines, asiatiques. Beaucoup d’entre eux se meurent dans la « réserve » de la République, pour des raisons inexpliquées. Si le pays le veut, il peut remettre en selle cette expertise en veilleuse.     Objectivement, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo n’ont pas besoin d’importer l’expertise militaire étrangère pour les centres de formation des hommes de rang. Il va falloir que ceux qui « bloquent » les officiers brevetés et techniciens d’état-major se fassent violence pour les « libérer », au nom de l’intérêt supérieur de la nation.


    Côté logistique, la construction d’une nouvelle armée exige que les centres de formation existants soient réhabilités et équipés. Les Congolais aimeraient voir ceux de Kitona, Mbanza-Ngungu, Kibomango, Kotakoli, Kananga, Ngombari, Rumangabo, Kisangani retrouver leurs lettres de noblesse. Il serait souhaitable que, dans le cadre des « 5 chantiers » ou de la « Révolution de la Modernité », de nouvelles casernes soient construites, parallèlement aux efforts de réaménagement de celles existantes, où les soldats et leurs familles pourraient vivre décemment.     Même s’ils ne choisissent pas le métier des armes pour s’enrichir, les futures recrues rêvent de toucher des soldes qui leur permettent de satisfaire leurs besoins élémentaires, en attendant que les bonnes vieilles habitudes des ravitaillement hebdomadaires à partir des cantines puissent revenir. Un soldat affamé et démotive…au lieu d’être le défenseur de la cause nationale, peut se transformer rapidement et facilement en « bombe » sociale. Bref, le recrutement en cours devrait tenir compte des moyens financiers mobilisables par le Trésor public dans le but de doter le pays d’une armée digne de ce nom. Les espoirs sont permis pour les générations futures, si le clientélisme politique ne se mêle pas de la nouvelle volonté de réforme de l’armée nationale.


Kimp

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