Le train de vie de l’Etat inquiète

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Le comité de politique monétaire qui a terminé jeudi sa 4ème réunion ordinaire  a formulé une importante recommandation à destination du gouvernement. L’exécutif est ainsi invité à poursuivre avec beaucoup de prudence sa politique budgétaire en tempérant le rythme des dépenses publiques, ainsi que la consommation des excédents accumulés à ce jour. Car, aux yeux des membres de cette instance, il y a de gros risques pouvant susciter des tensions sur les principaux marchés.

Cette sonnette d’alarme vient probablement d’être agitée au vu de la vague des revendications sectorielles qui ne cessent de s’entasser sur la table du gouvernement central. Celui-ci, on le sait, est appelé à réaliser presque des tours de prestidigitation pour répondre aux différents cahiers de charge tout en respectant ses engagements avec les Institutions de Bretton Woods, dans le cadre des efforts pour atteindre le Point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

A la base de la satisfaction du comité de politique monétaire, on peut relever essentiellement l’évolution positive de la situation financière et monétaire du pays à la date du 14 avril 2010. En effet, a fait savoir le directeur général de la politique monétaire et des opérations bancaires, Jean Louis Kayembe wa Kayembe, son vice-président, sur le marché des biens et services, l’inflation poursuit sa tendance baissière. Le taux d’inflation annualisé est tombé à 16,4 % au 11 avril contre un objectif de 15 % à fin décembre 2010. En rythme hebdomadaire, une déflation est observée depuis la dernière semaine du mois de mars, tandis qu’en cumul annuel, le niveau d’inflation a atteint 4,17 % contre 4,22 % à fin mars 2010.

Sur le marché des changes, Jean Louis Kayembe a fait observer que le taux de change s’est globalement apprécié de 0,64 % face au dollar américain au 14 avril par rapport à fin décembre 2009. C’est donc une appréciation de 2,1 % au cours du mois de mars 2010, après avoir connu des dépréciations de 1,9 % et 1 %  respectivement en janvier et février 2010. Cette tendance à l’appréciation, a conclu le vice-président du CPM, s’observe également sur les autres segments du marché des changes.

Au registre du marché monétaire, le CPM note que la marge de positivité du taux directeur et le taux de rendement moyen réel du billet de trésorerie se sont situés respectivement à 35,6 et 35,28 points au 7 avril 2010 contre 48 points au 17 mars et 42 points au 31 mars.

Pour Jean Louis Kayembe, cette tendance s’explique par la baisse concomitante de l’inflation et du taux directeur nominal.

Ce sont là des efforts qui méritent d’être poursuivis sur le plan monétaire et budgétaire jusqu’à la fin de cette année. En effet, tirant les conclusions de cette tendance baissière, il a réalisé que ces évolutions tiennent à la poursuite des politiques budgétaire stricte et monétaire prudente.

Quant à l’instrument de politique monétaire, le billet de trésorerie, on note qu’il s’est traduit au 14 avril 2010, par une injection de 10,9 milliards de FC, nécessaire pour compenser les ponctions exercées par l’important excédent de trésorerie de l’Etat au cours du mois de mars.

Se faisant plus prévenant, le comité de politique monétaire a d’autre part, fait remarquer les dangers de l’expansion des liquidités bancaires et des risques de tensions inhérents à la consommation rapide des excédents de trésorerie de l’Etat. C’est pourquoi le CPM a décidé de maintenir le dispositif d’instruments de politique monétaire à son niveau actuel, à savoir 52 % pour le taux directeur et 7 % pour le coefficient de la réserve obligatoire. Son satisfecit est donc justifié par la poursuite de la désinflation de l’économie, considérée à juste titre comme étant un élément essentiel à la consolidation de la stabilité du cadre macro-économique et au soutien de la croissance économique.

                                    J.R.T.

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