Le testament de Chebeya

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Floribert Chebeya, l’ancien Directeur exécutif de la Voix des Sans Voix, a été immortalisé par ses compagnons de lutte.
Les grands hommes peuvent disparaître. Mais les idées et les valeurs qu’ils ont défendues peuvent guider les générations futures, qui sont à la recherche d’un monde meilleur, qui respecte les droits et l’égalité de tous les êtres humains.

C’est ce qui a motivé Christopher Mutanda Ugoyi, un des compagnons de lutte de Floribert Chebeya, à rédiger un document intitulé « Le testament de Chebeya », dans lequel il traduit les idées et le combat de cet activiste des droits de l’homme, que l’intolérance a tenté de neutraliser à l’aube du Cinquantenaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo (RDC).

Dans un entretien avec Le Phare, Mutamba, coordonnateur de la Synergie Congo Culture et Développement, a bien voulu révéler le contenu dudit document.
Parlant de la personne de Chebeya, Mutamba a souligné que cet activiste des droits de l’homme rêvait d’un Congo nouveau, où régneraient la paix, la liberté, la solidarité, la justice et la dignité de la personne humaine. L’avènement d’une telle société n’est possible que dans un régime politique démocratique.
Pour ce faire, Floribert Chebeya entendait lutter contre ce qui est immoral par une opposition mentale et morale. Il considérait le but de toute association politique comme étant la défense des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. Il a souligné que chacun de nous est acteur ou agent dans la société civile, et il est représenté dans, et par l’Etat. Chacun d’être nous vit, à la fois dans la société civile et dans l’Etat. Mais c’est l’Etat qui est plus agent régulateur et responsable des droits de l’homme.

A cet effet, Floribert considérait l’autorité publique comme la partenaire avec laquelle il fallait dialoguer en permanence, afin de concourir au bonheur du plus grand nombre de nos concitoyens.
Le 31 mars 2010, a rappelé Mutamba, en grand visionnaire, Floribert Chebeya avec ses collègues du Collectif des ONGDH, avaient exprimé leur vive préoccupation suite au compte rendu de la réunion institutionnelle du 20 mars de la même année faisant état de la volonté du pouvoir politique de modifier certaines dispositions de la Constitution du 18 février 2006.

L’illustre disparu joint sa voix à celle de ses collègues pour fustiger l’adoption du scrutin présidentiel en un seul tour et son décalage avec le scrutin législatif.
Il estimait que la révision de la loi électorale, à quelques mois seulement des élections, porterait un coup fatal à sa vocation de neutralité et couronnerait l’interprétation de la politique comme une activité sale, dégradante, renvoyant à des jeux stériles: des bavardages artificiels, des  ambitions effrénées.
De son vivant, Floribert Chebeya avait martelé qu’un gouvernement qui viole ses obligations devient illégitime, ce qui explique la résurgence du vent des révolutions constatées à travers le monde arabe qui fait désormais partie du patrimoine culturel de l’humanité.

Eric Wembakungu & Emilia Zawidi
(Stagiaires/Ifasic)

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