Le sang a coulé à Kananga

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Le village de Luandanda, dans la périphérie de Kananga, dans la province du Kasaï Occidental, a connu hier dimanche 15 août 2010 des incidents graves, à la suite des échauffourées entre des villageois et des policiers. On a enregistré un mort, un certain «Américain», non autrement identifié, présenté comme étant un des gardes du corps du gouverneur Trésor Kapuku, et plusieurs blessés dans les deux camps. Selon des informations parvenues au Phare, l’abbé Tshimpaka, fraîchement ordonné prêtre, devait dire sa première messe dans le village précité, en présence des notabilités locales mais aussi de plusieurs autorités civiles et militaires venues de Kananga, dont le gouverneur de province. La célébration eucharistique s’est déroulée dans une ambiance de fête et de fraternité, jusqu’à sa fin.  

            Après la messe, alors que les villageois pensaient rentrer chez eux après avoir vécu l’événement du jour, ils ont appris qu’un deuxième événement, non annoncé au préalable, les attendait. Il s’agissait de l’investiture d’un nouveau chef coutumier, en remplacement de celui jusque-là en poste, qui s’appelle Luandanda, du nom de son village, qui est aussi le terroir d’origine de Trésor Kapuku.

            La rumeur imputant l’initiative du remplacement du chef Luandanda au gouverneur de province, indique-t-on, ayant gagné tout le village, a suscité une vive colère chez la majorité de ses habitants. En guise de réaction, ils se sont mis à jeter des pierres en direction de tous ceux qui étaient venus de Kananga. On laisse entendre que le gouverneur Kapuku, qui se trouvait dans un lieu autre que celui des incidents, est arrivé en catastrophe, aussitôt informé des incidents.

            Dans le dessein de contrôler la situation, les policiers qui l’accompagnaient ont eu recours à plusieurs tirs en l’air. Ensuite, ils ont tenté d’arrêter le chef coutumier Luandanda. Hélas, cela a eu pour effet de jeter de l’huile sur le feu. Les villageois ont formé une solide ceinture de sécurité autour de leur chef, visiblement décidés à en découdre avec les hommes en uniforme.

Dans la confusion ainsi créée, coups de feu et jets de pierres ont repris de plus belle. C’est dans ces circonstances que l’un des gardes du corps du gouverneur a trouvé la mort. On apprend que le calme est finalement revenu avant la tombée de la nuit et que c’est la seconde fois qu’une tentative de limogeage du chef Luandanda vient d’échouer. La première, signale-t-on, avait rencontré une fin de non recevoir de la part du ministère de l’Intérieur.

            Nos efforts pour obtenir la version officielle des faits n’ont rien donné. Toutes nos tentatives d’entrer en contact avec des sources proches du gouvernorat de la province du Kasaï Occidental ont rencontré un mur de silence. Affaire à suivre. 

Jacques  Kimpozo

 

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