Le Rwanda et l’Ouganda continuent à renforcer le M23

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En accusant le Rwanda et l’Ouganda de renforcer le M23 dans ses positions qu’il occupe dans le territoire de Rutshuru, Ernest KYAVIRO, porte-parole du Gouvernorat de la Province du Nord-Kivu, était loin de s’imaginer qu’il venait de toucher au cœur du complot diabolique que ces deux Etats tiennent à matérialiser quel qu’en soit le prix. A y regarder de près, il est de plus en plus établi que cet accord du sommet des chefs d’Etat de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs, tenu à Kampala en Ouganda, profite plus aux agresseurs qu’à la victime qu’est la RDC.

  Le paradoxe, c’est que Kigali et Kampala tirent profit de cet accord de la mise en place d’une force neutre pour renforcer les positions des forces rwandaises du M23 en armes, munitions de guerre, véhicules neufs de transport et matériels sophistiqués des télécommunications.

 Ensuite, les deux pays agresseurs qui agissent à ciel ouvert encouragent ce mouvement politico-militaire rwandais à occuper certaines localités de ce territoire de Rutshuru et bientôt celles de Masisi dont les dimensions vont être plus importantes et significatives que celles du Rwanda. De sorte que, comme l’a indiqué un observateur de la sous région des Grands Lacs,  lorsqu’ interviendra la fameuse force neutre aux contours flous et dont on ne connaît pas les sources de financement, Kinshasa sera placé au pied du mur et contraint à des négociations politiques pour donner ainsi à ce mouvement politico-militaire rwandais une légitimité internationale. Renforçant ainsi la thèse claironnée par Kigali que cette guerre est une affaire congolo-congolaise.

Entêtement de Kigali
et Kampala

 Le second paradoxe, c’est que Kigali et Kampala prennent les Congolais pour des naïfs et d’éternels moutons de Panurge malléables et manipulables à souhait. Car, faut-il le rappeler, les deux Etats agresseurs ont toujours opposé un refus catégorique à engager des négociations politiques avec leurs propres rébellions, notamment la LRA de Joseph KONYI et les FDLR, qui causent plus des dégâts en RDC que sur leurs propres territoires. Or, l’une des résolutions pertinentes de ce sommet de Kampala consiste à placer le M23 sur le même pied que les autres forces négatives, notamment la LRA et les FDLR. Une résolution de portée internationale car prise par tous les pays membres de la CIRGL malgré les dénégations de Kampala et Kigali. En d’autres termes ces deux pays se comportent comme si cette résolution n’a jamais été prise et comme l’a dénoncé le porte-parole du gouvernorat du Nord Kivu : « ces pays sont en train de s’entêter comme pour narguer la communauté internationale et de se moquer des Congolais ». Kigali et Kampala se croient tout permis malgré l’énormité des atrocités, notamment les viols massifs, les enrôlements des enfants soldats, les tueries sélectives, les destructions méchantes et le blocage des points de sortie et d’entrée pour priver Goma des vivres et des produits de première nécessité. Selon des sources proches des Ong internationales, les maladies épidémiques ont refait leur apparition à cause des déplacements massifs des populations locales que l’on estime à plus de 500.000 personnes, tous âges et sexes confondus. Ce comportement résulte des complicités tant internes que des réseaux extérieurs dont bénéficient ces deux Etats. Ils sont décidés à matérialiser leur plan de balkanisation géoéconomique selon les prévisions de Hermann COHEN, ancien Sous-Secrétaire américain chargé de les affaires africaines sous Georges BUSH père.  

Vivement des sanctions judiciaires contre Kigali et Kampala
 Cet entêtement vise à démontrer à la face du monde que les sanctions et autres avertissements lancés par les puissances occidentales ne sont que du vent destiné à la consommation extérieure pour distraire les naïfs et les esprits faibles que sont les Congolais. A défaut d’une solution militaire de grande envergure pour arrêter ce génocide comme ce fut le cas en Yougoslavie, seule la saisine de la Cour Pénale Internationale contre les dirigeants tant civils que militaires de ces deux pays serait de nature à mettre un terme à cette aventure d’un autre âge menée par des gens assoiffés du sang pour assouvir leurs ambitions hégémoniques comme à l’époque de Napoléon BONAPARTE, Adolf HITLER, Saddam HUSSEIN.

Non à la guerre

 Cette guerre d’agression de la RDC par le Rwanda n’est plus à démontrer car juste au moment où se tenait hier à Goma la réunion des ministres de la Défense des pays de la CIRGL, des femmes réunies au sein du Collectif d’associations des femmes pour le développement (CAJED) ont organisé un sit-in pour dire « non à la balkanisation de la RDC. Le Rwanda et l’Ouganda ne doivent pas faire partie de la force neutre internationale ». Preuve supplémentaire qu’à l’instar des Onze Congressmen américains et d’autres forces sociales, tout le monde se méfie de cette force soit disant neutre dont on ignore la composition et les sources de financement.

F.M.

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