Le rachat par la firme chinoise Zijin Africa Développement concerne plutôt « Platmin BVI »

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Contrairement à ce qui a été annoncé le week-end dernier et relayé par la radio Okapi dans son édition d’hier dans la matinée, la société Platmin Congo Sprl n’est pas vendue et encore moins le projet d’exploitation minière conclu avec la Gécamines. C’est plutôt Platmin BVI qui vient d’être rachetée par Zin Africa Développement. Ce qui n’est pas à confondre avec Platmin Congo Sprl dont le contrat signé avec la Gécamines en 2005 demeure valable à ce jour.

Les sources proches de Platmin Congo Sprl indiquent par ailleurs que le rachat de Platmin Bvi constitue un avantage dans ce sens qu’il pourra améliorer davantage le projet d’exploitation commune avec la Gécamines. Parce que, la firme chinoise Zijin a pris l’engagement de mettre à la disposition de Platmin Congo Sprl plus de 500 millions de dollars pour la réalisation dudit projet et accepte de financer la construction du barrage de Nzilo (d’une capacité de 120 mégawatts) pour 400 millions de dollars. Ce qui permettra à la Snel (Société nationale d’électricité) de mettre à la disposition du projet les 15 mégawatts qui lui font défaut pour l’exploitation des minerais.

Genèse du contrat

En 2005, la société Platmin a signé un contrat de prospection minière avec la Gécamines sur les sites miniers de Deziwa et d’écaille C qui étaient jusque là vierges. A l’issue de la campagne de prospection, Platmin Congo a présenté à la Gécamines une étude de préfaisabilité portant sur une partie du permis 660. Une étude réalisée sous la direction de la Gécamines en tant que maître de projet, a-t-on signalé. Les réserves découvertes à cette période étaient estimées à 1 million de tonnes de cuivre et 550.000 tonnes de cobalt pour une teneur de 2%.

Toutefois, il convient de souligner que suivant les renseignements des géologues, les réserves d’un gisement ne sont jamais statiques. Elles évoluent en fonction de la date de leur estimation et de la technologie métallurgique qui sera utilisée.  

A son tour, la Gécamines avait bien apprécié les conclusions de cette étude de préfaisabilité, estimant qu’il n’était plus nécessaire de continuer avec celle de faisabilité et qu’on pouvait commencer le projet comme l’indique la lettre de son Administrateur délégué général adjoint, n°1609/ADGA/2008 du 16 juillet adressée à la société Platmin Congo Ltd, « L’Administrateur Délégué Général de la Gécamines considère que l’étude leur transmise était suffisante pour commencer le développement du projet et qu’il n’était plus nécessaire de réaliser une autre étude soit disant étude de faisabilité, et a invité Platmin Congo Ltd à une rencontre afin de négocier les termes commerciaux de partenariat ». La conséquence de ce consentement mutuel entre les parties s’est concrétisée par la création, en date du 28 août 2008, de la Société Minière de Deziwa et Ecaille C, SOMIDEC Sprl.

Quel est le problème ?

C’est ici qu’il faut éviter toute confusion entre les sociétés Platmin Congo Sprl, partenaire de la Gécamines, et Platmin Bvi. A ce sujet, il importe de souligner qu’après l’examen du dossier relatif au rachat, on s’est rendu compte que celui-ci concernait bien Platmin Bvi enregistrée aux Iles vierges et qui n’a pas signé un quelconque contrat avec la Gécamines. Mais qui était en fait un véhicule financier de Platmin Congo Sprl, partenaire de la Gécamines avec 68% dans le projet. En effet, cette opération de rachat de Platmin Bvi ne constituait que le transfert ou le chargement des bailleurs de fonds. Ce qui n’est pas différent de ce qui s’est passé autrefois avec Boss Mining pour un montant de 900 millions de dollars, tout comme Round Gold avec quelque 400 millions de dollars.

Cependant, les milieux proches de Platmin Congo Sprl s’étonnent de la réaction du ministre des Mines qui donne l’impression d’une agitation ou précipitation dans le traitement du dossier. Alors qu’on n’a jamais à ce jour enregistré une quelconque plainte de la Gécamines qui est partenaire encore moins constater des désaccords quant à la réalisation du projet. Même si cela pouvait être le cas, la procédure en la matière est connue de tous. Toutes les parties doivent être entendues.

Dom

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