Le projet AETFP/CTB forme les cadres de l’APEFE et de MJS

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Expérimentée avec succès, il y a quelques années, dans de nombreux pays africains, la méthode pédagogique de l’ « Approche par compétences », introduite il y a longtemps en RDC, permet, d’insuffler un dynamisme dans la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement technique et formation professionnelle – un chantier auquel s’activent le gouvernement congolais et l’Agence belge de développement ( CTB).

C’est pour permettre une appropriation de cette méthode par les professionnels des métiers, inspecteurs de l’EPSP, responsables des provinces éducationnelles et enseignants, ainsi que les chercheurs en éducation, didacticiens et autres responsables institutionnels de l’enseignement technique et formation professionnelle, que des séminaires-ateliers sont organisés depuis deux ans, à travers le pays, en même temps que sont lancés le processus de référentialisation de plusieurs métiers pour près d’une vingtaine des filières de l’enseignement technique et formation professionnelle, et la cartographie de ce secteur du système éducatif congolais.
Ce vaste programme de renforcement des capacités de principaux acteurs du système éducatif congolais, est réalisé, grâce à l’accompagnement technique du Projet AETFP et d’autres agences de coopération en éducation.

C’est dans ce cadre qu’a été organisé mercredi, au siège de Caritas Développement, un atelier de formation de formateurs destiné aux cadres de l’APEFE et de MJS.

 

Au programme des travaux de cet atelier, il y avait deux intervenants pour dévoiler le contenu de la boîte à outils du formateur des formateurs, et puis, parler de cette méthode pédagogique qui a introduit une véritable révolution dans la conception de la réforme de l’ETFP.
Dans un exposé clair illustré par plusieurs exemples, Joël Leroy a livré les contours de l’« Approche par compétences », en passant par l’historique de cette méthode pédagogique et quelques définitions, avant d’aboutir à ses principales applications pour la réussite de la réforme de l’enseignement technique et formation professionnelle en RDC.
S’appuyant sur les études menées par d’éminents pédagogues et sociologues belges et français, le coordinateur du Projet AETFP définit l’« Approche par compétences » comme la mobilisation de savoirs, savoir-faire, savoir-être et savoir-dire, nécessaires à la réalisation d’une situation professionnelle ( tâches) dans un contexte d’apprentissage.
Il s’agit de la mise en œuvre efficace d’un ensemble de connaissances conceptuelles et procédurales organisée en schèmes opératoires qui permettent de résoudre une famille de problèmes précis dans un contexte précis. Elle est aussi, a-t-il ajouté, la manifestation d’une capacité par l’obtention d’un résultat ou d’une performance visibles.

Adepte d’une pédagogie communicative aisée, l’expert de l’Agence belge de développement ( CTB) s’est étendu sur le cadre général de l’intelligibilité de la démarche en RDC et particulièrement, sur le bien-fondé de la réforme opérée dans l’enseignement technique et formation professionnelle. Et pour une meilleure compréhension de ce sujet, il a évoqué les travaux réalisés par des scientifiques et des chercheurs tels que Barbier, J. Dewey, Wigorsky, De Ketele, Joël Leroy, Désiré Nkoy, et Wittorski R., pour ne citer que ceux-là. 
Dévoilant ce que c’est la compétence, il l’a définie comme étant les propriétés conférées à des sujets individuels et ou collectifs par attributions de caractéristiques construites par inférences à partir de leur engagement dans des activités situées, contingentes, finalisées et parvenues à leurs fins. Les compétences, restent à ses yeux, des constructions représentationnelles ou discursives porteuses d’évaluation et sont souvent décrites en termes de combinaisons de ressources existantes.

Joël Leroy a fait valoir que le savoir sur lequel repose la compétence, doit être avant tout pratique et l’étude de l’arithmétique, de la géographie ou de la technologie doit aller de pair avec celle de la coupe et couture, de l’agriculture, ou de la menuiserie.
Les compétences sont donc bâties à partir des ressources pour résoudre une famille de situations complexes ou des tâches complexes.
Pour le coordinateur du Projet AETFP, les ressources sont notamment les savoirs, les connaissances, le savoir-faire, le savoir-être, le savoir-dire et expliquer, mais aussi le savoir-transmettre.

Il a profité de cette occasion pour faire le distinguo entre habiletés en tant que petites combinaisons semi-complexes de ressources automatisées, et toute aide extérieure utilisée ou potentielle, par l’apprenant, avant de parler des notions essentielles sur la mobilisation des ressources qui consiste à savoir identifier et mettre en mouvement, en création dynamique et interactive, les ressources que l’on possède ou que l’on estime nécessaires de posséder.
Pour faire preuve de compétences, l’expert de l’Agence belge de développement ( CTB) a par la suite, souligné le fait qu’il est indispensable de posséder et d’avoir intégré des connaissances, des ressources …, mais cela ne suffit pas. C’est le tout en interaction qui donne un sens aux composantes.
A partir de l’exemple de la vidange d’un moteur, il a établi une nette différence entre performances et compétences et dévoilé les enjeux réels de l’« Approche par compétences ».

Augustin Baharanyi l’a complété en insistant sur les gestes de routine à ne pas confondre avec les compétences. Il s’est étendu quant à lui sur l’évaluation de l’apprentissage et fait remarquer qu’il n’y a pas apprentissage sans évaluation, comme il n’y a pas évaluation sans apprentissage.
Le point focal de l’EPSP a cité les trois critères d’évaluation, avant d’ajouter qu’il faut objectiver l’évaluation pour la rendre fiable et crédible. 
De là, il a expliqué que le référentiel consiste à énumérer, à mettre en matrice et à mettre en partition, différentes séries d’éléments nécessaires à la description précise, à la compréhension d’un métier, d’une compétence et de ses ressources, d’un programme de formation, d’évaluation.
C’est dans ce contexte qu’il a indiqué que c’est grâce à une approche participative qualitative et quantitative, que l’on peut construire un référentiel. Une participation croisée d’experts et de techniciens de terrain, mais aussi des techniciens de formation, avec comme objectif l’intégration du processus et des méthodes. 

J.R.T.

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