Le Phare confirme : le DG de l’Ogefrem est bel et bien aux arrêts

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Dans sa précédente livraison, Le Phare avait annoncé, avec un brin d’avance il est vrai, l’arrestation de Sayiba Patient, le directeur général de l’Office de Gestion du fret multimodal (Ogefrem), qui narguait depuis plusieurs jours la justice congolaise.

Donné pour exilé à l’ambassade de la Tanzanie, l’homme avait craché sur tous les mandats (de comparution et d’amener) émis par le Parquet Général près la Cour de Cassation. Il fixait lui-même la marche à suivre au magistrat instructeur, exigeant que tous les mandats déjà en circulation contre lui soient annulés pour être remplacés par une simple convocation. De mémoire de justiciable, c’est la toute première fois que l’on assiste à ce genre de scène. Où une personne convoquée par la justice recadre celle-ci et impose ses propres règles du jeu au magistrat instructeur. Nous nous retrouvons, sans aucun doute là, dans la République des intouchables, le pays des frères de…qui ont le droit de vie et de mort sur les autres, qu’ils peuvent, eux, envoyer en enfer d’un simplement claquement de doigts.

            Lundi après-midi, alors que son arrestation et son expédition en prison étaient acquises, l’homme a réussi à disparaître avec la voiture qui l’avait conduit au bâtiment de la CNSS (ex-INSS) sur le boulevard du 30 Juin, pour ne réapparaître que le mardi en fin de matinée.

            Mais, voilà ! Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Étant sous le coup d’un mandat d’amener, Patient Sayiba a été immédiatement placé sous un mandat d’arrêt provisoire. Il a passé sa nuit au cachot du Parquet Général près la Cour de Cassation en attendant son transfert à Makala.

             Au cœur de cette nouvelle saga judiciaire, la disparition de plusieurs millions de dollars –vingt et un au total !- destinés à la construction du port sec de Kasumbalesa (sept millions) et à la réalisation du FERY (quatorze millions). Au plan des principes, l’homme bénéficie de la présomption d’innocence, sauf que le comportement qu’il a affiché amène à se poser beaucoup de questions sur son intégrité. Pourquoi a-t-il tenté de se soustraire à la justice ? Pourquoi a-t-il posé des conditions pour sortir de sa cachette ? La peur sans doute, diront certains. Mais peut-on avoir peur quand on a sa conscience tranquille ? Ces questions, tout le monde peut se les poser, et c’est à la justice maintenant de nous aider à avoir des réponses.

            En tout état de cause, à la lumière de cette ténébreuse affaire, les observateurs sont fondés à s’interroger sur la manière dont le pays a été géré au cours des dernières années. Chaque dossier qui émerge porte sur la disparition des sommes folles, donnant à penser que le pays a fonctionné comme une petite affaire familiale, où tous les membres étaient exonérés du devoir de redevabilité.

            Il est temps de changer cela. Fondamentalement.L.P.

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