Le ministre de la Communication et Médias : «En plus d’être une nécessité, l’information est une garantie de l’épanouissement individuel et du développement collectif»

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Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

Depuis 1993, les Nations Unies ont retenu la date du 03 mai pour la célébration de la « Journée Mondiale de la liberté de la presse », rendant ainsi un hommage mérité aux acteurs de la Déclaration de Windhoek, qui soulignait l’importance d’une presse libre pour le développement de la démocratie ainsi que pour le développement économique.

Cette journée vise donc à rappeler à tous les acteurs, la nécessité d’avoir une presse indépendante, une presse pluraliste, une presse libre, afin de garantir et préserver la démocratie.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

Le thème choisi pour 2020 à savoir : « Un journalisme sans crainte ni complaisance» et qui fait appel, de mon point de vue, à quelques vertus attendues du journaliste notamment le courage, la responsabilité et la crédibilité, se justifie pleinement, surtout dans le contexte particulier dans lequel nous célébrons cette journée cette année.

En effet, la pandémie mondiale du coronavirus dit covid~19, qui est à la fois une véritable remise en cause de nos modes de vie et un procès de nos rapports sociaux, est venue rappeler davantage aux opérateurs des médias et aux journalistes combien leur métier est certes judicieux et précieux mais en même temps délicat et à risques, ne supportant pas les approximations, surtout lorsque l’information qu’ils véhiculent n’est pas le fruit d’un travail méticuleux, précis, fouillé et objectif.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

Au travers de cette journée, les Etats du monde en général, et la République Démocratique du Congo, sous le leadership de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Felix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, en particulier, s’engagent avec vous, mesdames et messieurs, Professionnels de la presse, à :

-Cëlébrer les principes fondamentaux de la liberté de la  presse;

-Evaluer l’exercice de cette liberté à l’échelon national;

-Défendre l’indépendance des médias et

-Rendre un vibrant hommage à tous ceux de vos confrères  qui ont perdu leurs vies dans l’exercice de cette noble profession, le journalisme.

Oui, c’est une profession noble! J’ajouterais même, en disant: « c’est une profession des nobles ».

Mesdames et Messieurs les Journalistes, Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

En règle générale, la célébration et la commémoration d’une date sont l’occasion de faire le point, de jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru afin de dégager, après évaluation, les éléments nécessaires pour consolider les acquis, améliorer les faiblesses constatées et dessiner de nouvelles perspectives .

Cette année, au-delà de ce travail d’évaluation nécessaire, en raison de la situation singulière que traverse le monde, dans le contexte du covid-19 où nos concitoyens sont parfois friands ou victimes des rumeurs et des «fake •News» véhiculés notamment sur les réseaux sociaux, il est plus qu’indispensable que la légèreté et la complaisance cèdent la place à la rigueur et à la responsabilité au sein de ce qu’il est convenu d’appeler le 4ème pouvoir.

            Et ceci n’est possible que grâce à l’esprit critique et à la possibilité offerte aux Médias d’assurer l’accès tant individuel que collectif à une information objective, pertinente, juste et utile. En plus d’être une nécessité, l’information est une garantie de l’épanouissement individuel et du développement collectif.

            C’est ici l’occasion pour moi de réitérer, à l’intention des journalistes congolais, mon invitation à plus de responsabilité et à une remise en question aussi bien de certaines de leurs certitudes que de leurs pratiques. C’est la raison pour laquelle, depuis ma prise de fonctions, de concert avec les associations les plus représentatives de la corporation des journalistes, j’ai opté pour un dialogue permanent et un travail pédagogique à l’intention des opérateurs des médias et des journalistes afin qu’ils s’imprègnent davantage des dispositions légales et des principes éthiques et déontologiques de leur profession.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

Monsieur VASSILI GROSSMAN, pour ne pas le citer, dans son ouvrage « Vie et Destin », pouvait décrire la liberté de la presse en ces termes : « Vous savez ce que c’est, la liberté de la presse? Un beau matin d’après-guerre, vous ouvrez votre journal et, au lieu d’y trouver un éditorial triomphant, une lettre des travailleurs au grand Staline, un article sur les vaillants ouvriers métallurgiques qui ont dédié leur travail aux élections du soviet suprême, un autre article sur les travailleurs américains qui, à la veille du nouvel an, sont plongés dans le désespoir par le chômage grandissant et• la misère, vous trouvez … ? Devinez quoi! Des informations! Vous arrivez à imaginer cela? un journal qui vous donne des informations! »

Fin de citation.

Mesdames et Messieurs de la presse, le thème de la journée mondiale de la liberté de la presse précédemment annoncé implique d’une part, la volonté du Gouvernement de la République de vous sécuriser dans l’exercice de votre profession ; surtout en cette période de crise sanitaire ; et d’autre part, la mise de chacun de vous face à sa responsabilité citoyenne dans l’accomplissement de ses taches.

Ne craignez rien! Ne soyez pas complaisants!

Vous devez exercer votre profession sans crainte.

Point n’est besoin de vous rappeler, Mesdames et Messieurs les journalistes, que la République Démocratique du Congo, en tant qu’Etat de droit, reconnait et garantit à toute personne, en général, et aux journalistes, en particulier, la liberté d’expression. Cette liberté dont la liberté de presse n’est qu’une conséquence est consacrée et mise en oeuvre notamment par :

 -La Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée à ce Jour ;

-La Déclaration universelle des droits de l’homme;

-Le Pacte international relatif aux droits civiques et

politiques ;

-La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples;

-La Loi n096-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse;

-La Loi organique du 10 janvier 2011 portant

composition, attribution et fonctionnement du Conseil

Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication.

Tous ces instruments juridiques précités constituent le fondement sur lequel le journaliste doit s’appuyer dans l’exercice de sa profession. Ils vous permettent d’exercer votre profession en toute indépendance et en toute liberté.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

Actuellement, grâce à l’impulsion de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, dans la matérialisation de la vision de l’Etat de droit, tout journaliste peut exercer sans entrave la liberté de la presse.

Vous devez agir sans complaisance, Mesdames et Messieurs les journalistes, parce que si la liberté de la presse met en jeu non seulement d’autres droits et libertés qui, comme elle, sont fondamentaux, elle n’a pas cependant un caractère absolu. Elle est limitée, quant aux modalités de son exercice par le respect de la loi, de l’ordre public, des droits d’autrui et des bonnes moeurs.

 La presse, en tant que canal de l’expression libre des idées et opinions, ne devrait pas être considérée comme un espace de non droit où il est permis de porter atteinte à la vie privée, à l’honneur, à la présomption d’innocence et à la sacralité des Institutions de l’Etat.

            Eviter sans cesse « le sensationnalisme» qui conduit souvent à la légèreté, à l’expression des contre-vérités, qu’il est par la suite difficile de renier à travers des plates excuses.

Jean MORANGE, pour ne pas le citer, soutient que «l’exercice par chacun de sa liberté doit être concilié avec le droit, pour les autres, d’exercer la leur ( ..). Fin de citation.

Mesdames et Messieurs les journalistes, une information diffusée avec complaisance est capable de déclencher la guerre, disloquer une famille, ternir une réputation, corrompre les moeurs, déformer la vérité, détruire une carrière, etc …

L’actualité nous fournit moults exemples à ce sujet tant au niveau national que dans une certaine presse étrangère.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

            Vingt-sept (27) ans après la consécration de la journée mondiale de la liberté de la presse, il n’est pas précoce, me semble-t-il, de procéder à une évaluation sérieuse et objective de l’exercice de cette liberté en République Démocratique du Congo, afin, le cas échéant, de tirer toutes les conséquences et l’adapter aux aspirations profondes du peuple congolais.

            Il est grand temps que la culture de la paix, de la tolérance, du respect de la dignité humaine, de l’excellence, de l’amour du travail, du patriotisme, de l’altruisme, soit véhiculée au travers

 de nos médias.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

Une espèce de tradition s’est installée dans notre pays où, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, des ONG dressent des rapports critiques en la matière à l’endroit du Gouvernement. C’est leur droit le plus légitime. J’espère qu’elles auront l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que depuis l’avènement à la Magistrature Suprême du Président Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO au terme d’un passage apaisé et civilisé de flambeau avec Son Illustre prédécesseur, on a rarement assisté à une véritable décrispation dans les relations entre les pouvoirs publics et les journalistes dans l’exercice de la liberté de la presse dans notre pays.

Le Chef de l’Etat a affirmé vouloir faire de la presse un véritable quatrième pouvoir. Cette volonté, mieux cet engagement, est en train de se concrétiser sous sa houlette.

            On en veut pour preuve les rapports des organisations de défense de la liberté de la presse.

Sur le plan local, ces organisations notent une baisse sensible du nombre des entraves à la liberté de l’information, des cas de censure, tel que la fermeture des médias ou encore des confiscations de matériel des journalistes. Alors que sur le plan international, REPORTERS SANS FRONTIERES révèle que la RDC a réalisé cette année une performance en gagnant quatre places sur le classement mondial de la liberté de la presse.

             Sans chauvinisme ni démagogie, je peux affirmer que nous sommes aujourd’hui loin du sombre tableau d’hier.

Nous sommes en train effectivement de tourner la page de toutes ces années de prédation de la liberté de la presse que nous avons connues dans ce pays. Une nouvelle ère de la liberté de la presse est arrivée où aucun journaliste et aucun média ne doit plus être réduit au silence.

            Comme le répète sans cesse le Premier Ministre, Sylvestre ILUNGA ILUNKAMBA : « Pour le Gouvernement, la liberté de la presse constitue le fondement même de la démocratie, de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit ».

            Nous sommes donc aujourd’hui fiers d’affirmer que les journalistes congolais et leurs confrères de la presse étrangère se trouvant sur notre sol, sont libres d’exercer leur profession, dans les règles de l’art, sans restriction et sans menace ouverte ou voilée. Si quelques exactions sont signalées ici et là, cela fait partie des incidents isolés qui ne peuvent en rien démentir les progrès réalisés.

            C’est un petit progrès, peut-être, mais qu’il faut savoir apprécier, à sa juste valeur.

Tout n’est certes pas encore rose. Mais les choses avancent, lentement et sûrement. Faut-il rappeler ici les efforts du gouvernement actuel pour que les médias publics deviennent accessibles à toutes les sensibilités socio-politiques ?

            Faut-il encore rappeler les initiatives du gouvernement pour l’organisation des Etats généraux de la presse devant conduire notamment à un certain nombre de réformes, et parmi les plus importantes, celle concernant la loi actuelle sur l’exercice de la liberté de la presse jugée trop répressive à l’égard des journalistes et ne prenant pas en compte les évolutions technologiques que connait la profession? En effet, la sécurité des journalistes ne peut être assurée de manière pérenne sans un cadre législatif nouveau et plus protecteur, voilà pourquoi nous en faisons une priorité.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Mesdames et Messieurs les Professionnels de la Presse,

Chers compatriotes,

Consacrer un droit et Célébrer une journée, c’est une chose. Mais réfléchir de façon approfondie aux modalités et à la manière idoine d’exercer un droit et de le faire jouir à tous nos compatriotes en est une autre.

C’est pourquoi, je salue l’initiative de l’exercice intellectuel prise par quelques associations à l’occasion de cette célébration particulière par le biais des débats et d’une réflexion à l’intention des journalistes, dans la perspective de l’amélioration des connaissances, du renforcement des capacités et de l’appropriation des normes éthiques et juridiques aux fins d’une utilisation optimale de la liberté de la presse à travers un ajustement des pratiques en la matière et par la production, sans contrainte, crainte ou complaisance, d’une information objective, responsable et socialement utile.

C’est ici l’occasion pour moi de vous rassurer que Son

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, dans sa vision de rendre effectif l’Etat de droit en République Démocratique du Congo, tient au respect et à la promotion d’une presse sérieuse et responsable qui correspond à la vision de la grandeur et de la dignité de notre pays.

            Tout en formant le voeu et l’espoir d’une meilleure prise de conscience par nos journalistes de la nécessité pour notre pays de disposer d’une presse de qualité tant dans son fonctionnement que dans ses pratiques quotidiennes, je souhaite à tous et à chacun une bonne journée de la liberté de la presse.

            Je ne saurais conclure sans rendre hommage à tous ceux et à toutes celles qui exercent le journalisme sans crainte ni complaisance, et vendent la bonne image de la République Démocratique du Congo, parfois au péril de leur vie.

Bonne fête à vous tous.

Je vous remercie

David-Jolino MAKELELE DIWAMPOVESA MA-MU ZINGI

Ministre d’Etat, Ministre de la Communication et Médias,

Porte-parole du Gouvernement

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