Le ministère de l’Economie et les importateurs en guerre

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Le temps où le ministère de l’Economie et les distributeurs des produits de première nécessité filaient le parfait amour, est révolu. A la base, le ministre de l’Economie et ses services techniques ne s’accordent plus avec les importateurs de denrées alimentaires, sur les prix des produits tels que le poulet à bouillir, les chinchards, le riz thaïlandais, le riz vietnamien, le sel iodé, le sucre blanc et le lait en poudre, pour ne citer que ces denrées alimentaires très prisées par bien des ménages congolais. Et surtout sur leurs fameuses et troublantes structures de prix. 

            La question que l’on peut se poser actuellement est celle de savoir ce qui a pu bien susciter de profonds désaccords entre le ministère de l’Economie et les opérateurs économiques. Qu’est-ce qui a mis à mal leur partenariat ?

            Après plusieurs séances de travail que le ministre de l’Economie a convoquées et auxquelles ont assisté de nombreux distributeurs de produits alimentaires, Bulambo Kilosho interpellé par les consommateurs, cherche à voir clair dans la fixation des prix de ces denrées très prisées. Les quelques échanges ont dévoilé des disparités flagrantes entre les prix d’achat d’un même produit provenant d’un même fournisseur. Il en est de même du fret par bateau, des frais d’assurance, des droits de douane, l’impôt sur le chiffre d’affaires ou de la taxe sur la valeur ajoutée, la taxe Fonds de promotion de l’industrie, la taxe Ogefrem, la taxe OCC ( Tally et laboratoire), la taxe OCC et Bivac, la taxe du service de quarantaine, du frais de transit de l’Onatra, Onatra( stavedoring), des honoraires du transitaire, de la taxe sur la valeur ajoutée due au transitaire, du fret par route Matadi – Kinshasa. A ces différents frais, il faut ajouter aussi l’amortissement, les frais bancaires, la manutention au port d’embarquement du fournisseur, au port de débarquement de Matadi, la manutention à Kinshasa, la police maritime, la commission Ogefrem, la commission Compagnie maritime du Congo, le coulage, les frais du Commerce extérieur, les frais administratifs et divers, ainsi que la marge bénéficiaire légale.

A l’examen des structures des prix présentées par ces importateurs, on ne peut qu’être surpris de constater que chacun d’eux affiche ses tarifs comme il l’entend. Il n’y a que les frais d’assurance qui sont identiques pour tous les distributeurs. Mais comment donc comprendre que les prix puissent être différents si ces importateurs s’approvisionnent auprès d’un même fournisseur et presqu’à la même période ?

            C’est ce mystère qui intéresse actuellement Bulambo Kilosho, son secrétaire général Boni Mwawatadi et les services techniques du ministère de l’Economie. 

Une enquête approfondie du secteur pour remettre de l’ordre

            Même lors des réunions organisées au ministère de l’Economie, les distributeurs n’ont pas été en mesure de justifier ces disparités et trouver un terrain d’entente. D’où le ministère les a invités à baisser leurs prix, afin de ne pas trop rogner le pouvoir d’achat de la population. Car, il s’est avéré que le calcul du prix de revient du riz blanc vietnamien à la tonne élaboré par les nombreux distributeurs, étalait des chiffres qui ne correspondaient pas à la réalité. Si par exemple, un distributeur affichait 230 dollars la tonne à l’achat, son concurrent soutenait qu’il avait acquis le même produit et la même quantité à 243 dollars. Quand l’un prétend avoir payé à la DGDA, 30,10 dollars, la concurrente parle de 77,38 dollars. Ces disparités flagrantes se constatent également au niveau des frais de transport par route et par camion entre Matadi et Kinshasa. Quand un distributeur signale qu’il a payé au transporteur 100 dollars la tonne, son concurrent indique que le transporteur lui a facturé pour la même quantité, la somme de 210 dollars.

            On peut multiplier les exemples et l’on finira par se rendre compte que ces différences trop grandes entre les opérateurs économiques cachent ce qu’il conviendrait d’appeler ouvertement la spéculation.

            Le ministre de l’Economie, qui a juré de lutter contre ce phénomène avec tous les moyens en son pouvoir, jusqu’à ce que les distributeurs reviennent aux bons sentiments, se serait-il curieusement arrêté en si bon chemin ?

S’est-il fait piquer aux doigts en administrant des coups de bâton dans la fourmilière ? Finira t-il par ramener de l’ordre dans ce secteur de la distribution des produits alimentaires?

            Reconnaissons tout de même qu’avec ses sentiments nationalistes, la ferme détermination qui l’anime, ainsi qu’avec l’appui de l’administration du ministère de l’Economie et les consommateurs, il peut réussir là où nombreux avant lui, avaient échoué.

            Les distributeurs sont donc avertis qu’avec la législation et les textes réglementaires entre leurs mains, le nouveau ministre de l’Economie et son secrétaire général sont partisans de la méthode forte et qu’il y a lieu d’éviter de les mettre constamment dans tous leurs états et de frustrer de tous temps, les ménages à revenus modestes. 

     J.R.T. 

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