Le gouvernement en ordre : le Budget 2011 chez Boshab

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Comme l’année dernière, le Premier ministre Adolphe Muzito a déposé hier mardi 05 octobre, conformément aux dispositions constitutionnelles, le projet de Budget pour l’exercice 2011 entre les mains du président de l’Assemblée Nationale, Evariste Boshab, en son cabinet de travail sis au Palais du Peuple. Le chef du gouvernement s’est fait accompagner, pour la circonstance, des ministres des Finances, Matata Mponyo, et du Budget, Jean-Baptiste Ntahwa Kuderwa. 

            Le premier constat à faire est que le Budget 2011 se chiffre à 6,7 milliards de dollars américains, dont 3,7 milliards Usd en ressources propres et 3 milliards Usd représentant les contributions extérieures. Comparé à celui de 2010, il représente une augmentation de 14,9%. Dans un bref commentaire à l’intention de la presse, Adolphe Muzito a relevé les gros efforts déployés par l’exécutif national pour arriver à l’accroissement sensible du budget de la République.

            Les observateurs notent que, dans les annales de la République Démocratique du Congo post-indépendance, c’est la première fois qu’un budget national atteint la barre de 6,7 milliards Usd. Il y a lieu de retenir, à cet effet, que sous la Ière comme sous la IIme Républiques, il était plafonné à environ un milliard de dollars américains.

            Pourtant,  c’était l’époque de vaches grasses, où les sociétés étatiques comme celles d’économie mixte telles que Gécamines, Snel, Régideso, OCPT, LAC (Air Zaïre), SNCC, Onatra, Ogefrem, Miba, Okimo, RVA…étaient dans une période de grâce et apportaient d’importants dividendes financiers au Trésor Public. En ces temps, l’ex-Zaïre engrangeait de flatteurs recettes en devises fortes avec les exportations du cuivre, du diamant, du cobalt, de l’or, de l’étain, du bois, du café, du thé, etc.

            En 2006, le budget national était encore figé à 900 millions de dollars américains. C’est à partir de 2007 que la courbe ascendante s’est dessinée avec un pic de 2 milliards USD. Et, depuis lors, un bonus d’un milliard de dollars a commencé à être enregistré chaque année, jusqu’au record actuel de 6,7 milliards Usd. Pourtant, le pays traîne plusieurs casseroles trouées avec des entreprises publiques fichées comme « canards boiteux » et un lourd passif financier et social hérité des années Mobutu mais aussi des guerres à répétition qui auront duré presque dix ans (1996-2006). 

Premier budget post-PPTE 

            Le projet de Budget 2011 se présente comme le tout dernier de la législature en cours mais surtout le tout premier qui intervient après l’atteinte, par notre pays, de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE). Grosso modo, il devrait offrir de perspectives en rose au peuple congolais avec un taux de croissance de 6,8 %, un taux d’inflation moyen de 9,9%, un taux de change moyen de 961, 6 Fc contre un dollar.

            En réponse au vœu du Chef de l’Etat et des bailleurs internationaux relatif à l’amélioration du social des Congolais, le projet de Budget 2011 réserve 23% aux dépenses sociales, soit 1.482,1 milliards FC, dont 9% pour l’enseignement, 4,2% pour la santé et 2% pour la Protection sociale.

2011 étant proclamée année électorale, une enveloppe de 305,9 milliards FC sera consacrée à l’organisation des élections, dont 148,1 milliards Fc en ressources internes et 157,8 milliards Fc en apports extérieurs.

            Pour une plus grande visibilité, les 5 chantiers de la République vont bénéficier d’un fond de l’ordre de 2.884,5 FC dont 737,2 milliards Fc au titre des investissements sur fonds propres et 2.147,2 milliards Fc en ressources extérieures. Ce qui représente 16,3% du budget national pour les seules routes et 5% pour l’électricité.

            Le processus de gratuité de l’enseignement élémentaire dans 9 provinces (sauf Kinshasa et Lubumbashi) est amorcé avec un fond de 16 milliards FC pour le fonctionnement des écoles et les équipements éducatifs.

            D’autres rubriques concernent les rémunérations (982,9 milliards Fc contre 779,2 Fc en 2010, soit un accroissement de 26,1%), la dette publique et les frais financiers (628,3 milliards Fc contre 430,2 milliards Fc soit un accroissement de 46%), les dépenses d’investissement (2.884,5 milliards Fc représentant 44,8% des dépenses totales).

 

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