Le forum de Lusaka pour la collecte modernisée des données d’état civil

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La cinquième Conférence des ministres africains responsables des données d’état civil, ouverte le lundi 14 octobre à Lusaka, en Zambie, a souligné la nécessité de la mise en place d’un système moderne et complet de collecte des faits d’état civil et des statistiques d’état civil (CRVS).

 Les participants ont renouvelé leur volonté de participer aux efforts de modernisation des systèmes CRVS des pays africains afin que chaque personne sur le continent ait une existence légale. Oliver Chinganya, Directeur du Centre africain pour la statistique à la CEA, a trouvé anormal que la moitié de la population africaine ne soit pas déclarée à la naissance. Cette situation  favorise, selon lui, la pauvreté sur le continent, du fait qu’elle empêche certains citoyens de jouir de leurs droits fondamentaux, car inconnus des administrations de leurs pays.

            Il a rappelé, à cette même occasion, l’appel de la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies, Amina Mohammed, à réduire, d’ici à 2025, le fossé de 300 millions de personnes non identifiées. Il considère la tâche comme gigantesque mais pas impossible à réaliser si le continent arrive à relever les défis de ses systèmes de collecte des données d’état civil. A l’en croire, plus de 1,1 milliard d’êtres humains n’ont pas d’identité légale à travers le monde. Par conséquent, l’identification numérique peut apporter beaucoup d’avantages au continent si elle est pleinement adoptée.

            Selon lui, le Programme africain pour l’amélioration accélérée des données et des statistiques d’état civil (APAI-CRVS), ainsi que  son Secrétariat sont disponibles pour fournir un appui technique aux États membres. En effet,  l’APAI-CRVS est un projet conjoint développé par la CEA, la CUA et la  BAD.

            De son côté, le Commissaire aux affaires économiques de la Commission de l’Union Africaine, Victor Harrison, a estimé que les données d’état civil sont essentielles à un processus d’intégration fonctionnelle et centrée sur l’individu, en vue d’améliorer son bien-être, de promouvoir la création d’emplois et de développer les marchés commerciaux, la libre circulation et la mobilité de la main-d’œuvre.

            Il a fait savoir que le manque d’identification formelle et robuste au niveau du  continent a contribué à la marginalisation et à l’exclusion de nombreux citoyens. C’est ainsi que la Commission de l’Union Africaine, en collaboration avec la CEA, la BAD, les CER, la Banque mondiale et d’autres partenaires a élaboré une stratégie globale de transformation numérique pour l’Afrique, afin d’exploiter tous les avantages de la transformation numérique pour garantir une identité juridique universelle dans le cadre du système des faits d’état civil d’ici à 2030.

            Charles Lufumpa, Directeur économique par intérim,Vice-président et Directeur de la statistique à la BAD, a relevé que l’Afrique a fait des progrès dans la revitalisation de ses systèmes CRVS au cours de la dernière décennie. Mais, il faut encore des efforts pour s’assurer que le continent développe des idées et des solutions viables qui peuvent  répondre aux défis importants qui subsistent, notamment le manque de ressources humaines suffisamment qualifiées.

Selon lui, l’heure doit être à l’intensification des efforts en matière de modernisation et de numérisation, bien  que les défis persistent  aussi  dans les domaines des infrastructures, de l’utilisation de la technologie, des cadres légaux et réglementaires, de la coordination et des ressources qui ont pu laisser les systèmes CRVS faibles dans la plupart des régions du continent.Melba Muzola

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