Le drame des cimetières kinois

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images (11)Une bonne partie  des Congolais se sont rendus, hier 1er août dans les différents cimetières de la capitale, afin de rendre hommage aux membres de familles décédés. Innovation de taille qu’il faut souligner, la société Transco à peine née, a créé des lignes spéciales pour la circonstance, permettant aux Kinois, d’atteindre les anciens cimetières, tels que Kintambo, Kinsuka, Kimbanseke, et les nouveaux, notamment Kinkole et Benseke Nouvelle cité. C’était une marée humaine que l’on a vu déferler dans tous les cimetières de Kinshasa. Le Phare qui a fait le tour de quelques cimetières, a constaté des constructions anarchiques qui ont effacé des tombes et sur lesquelles sont érigées des maisons d’habitation. A Kinsuka, dans la commune de Ngaliema, des plaintes ont été exprimées par ceux-là qui n’avaient pas retrouvé des traces de certaines tombes, ni même des restes des membres de famille disparus. Cependant, le cas le plus révoltant vécu par Le Phare est celui du cimetière de Kinsuka situé dans la commune de Ngaliema. Au cimetière de la Gombe, par contre, tout était calme. On débroussaillait, on nettoyait les tombes et on chaulait les croix.

En effet, comme on le voit, l’ambiance était très différente entre ces deux cimetières. Au cimetière de la Gombe d’une part, c’était un sentiment de quiétude, de paix, mais plein de douleurs, à la vue des tombes bien entretenues. Au cimetière de Kinsuka d’autre part, c’était la tristesse, des pleurs et une douleur énorme pour les familles venues visiter les tombes de leurs frères et sœurs décédés. Car, la majorité d’entre eux, n’ont pas retrouvé les tombeaux de leurs frères, à la suite de lotissements et des constructions anarchiques.

Les cimetières sans assurance d’être préservés

Des Kinois s’interroge sur la prise en charge des lieux d’enterrement de leurs frères. Car, l’on constate que depuis des décennies, les instances chargées de gérer cette question, sont quelque peu inconscientes de la réalité sur terrain? Que peuvent-elles répondre à ces personnes déçues et révoltées? Qui donnent l’ordre de vendre les espaces consacrés aux cimetières ?

Notons que les lotissements des sites réservés aux cimetières posent un problème à double volets. Pour le cas du cimetière de Kinsuka, les habitants de ce coin sont et seront butés à des énormes problèmes de santé. Faute du non respect des règles d’hygiène, plein des microbes aérobies et autres bactéries. Car, il y a certains tombeaux qui sont ouverts, réclamant des travaux de réfection.

Cette situation est déplorable. Les Kinois se demandent si le gouvernement peut remettre de l’ordre dans ce secteur, afin de «  sécuriser les morts » qui ne peuvent plus reposer en paix. C’est curieux de constater qu’avant l’enterrement d’une personne, la famille est obligée de payer des frais au bureau du ministère de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières. Et, la loi congolaise et la culture bantoue exigent et tiennent au respect des morts. Il sied de noter que les habitants du cimetière de Kinsuka soutiennent qu’ils ont acheté des parcelles en toute légalité, faisant d’eux des propriétaires avec des documents réguliers.

Au moment où certains Kinois ont répondu massivement à cette tradition annuelle, les membres de famille des personnes enterrées dans des cimetières de Ngiri-ngiri, Kasa-vubu, Matete (situé à la frontière des communes de Matete et Kinseso) sont calmement restés chez eux à la maison, puisque ces cimetières ont été rasés et remplacés par des constructions de haute taille (la cité de la RTNC, les maisons d’habitations dans le reste). Certes, cette situation est la même avec le cimetière de Kintambo envahi par des maisons. Alors qu’il est officiellement fermé. Et, selon les normes, il faut attendre 50 ans après la date du dernier enterré avant de lotir  ces endroits.

Dorcas NSOMUE

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