Le dossier « Covid’19 » à la 75me session des Nations Unies : Fatshi sollicite l’annulation des dettes des pays pauvres

0
105

Félix Antoine Tshisekedi, Président de la République Démocratique du
Congo, qui intervenait par vidéoconférence, à partir de Kinshasa, hier
mardi 22 septembre 2020 à la tribune de la 75me session ordinaire des
Nations Unies, a lancé un message fort en direction de la communauté
internationale : l’annulation pure et simple des dettes des pays en
développement. C’est, a-t-il souligné, pour leur permettre de faire
face aux effets néfastes de la Covid-19 sur leurs économies, leur
sécurité, leurs structures de santé, le social de leurs populations
mais aussi de se reconstruire après l’éradication de la pandémie.
Tout en saluant la solidarité manifestée par G20 ainsi que plusieurs
institutions financières internationales à l’égard des pays les moins
avancés de la planète avec l’allongement des délais de remboursement
de leurs dettes, la Président congolais estime que des mesures de
soutien aux économies fragiles, sans conditionnalité, sont plus que
jamais souhaitées.
« Nous n’avons qu’une planète, une santé, un sort lié », a-t-il
rappelé, avant d’en appeler au renforcement de la solidarité
internationale, des partenariats entre pays riches du Nord et ceux en
développement du Sud.
        Avant de lancer ce message fort, le Président de la RDC a relevé les dégâts de la Covid-19 sur l’économie mondiale en général et celle de chaque Etat en particulier, mettant terriblement à mal la paix
mondiale, la sécurité, la justice, les droits humains, l’environnement. Chaque pays, a-t-il indiqué, s’est employé à démontrer sa capacité de résilience.

S’agissant particulièrement de la République Démocratique du Congo,
Félix Antoine Tshisekedi a rappelé l’adoption, par le gouvernement
congolais, des mesures exigées par la détection, dès le 10 mars 2020,
du premier cas de contamination au coronavirus à Kinshasa, notamment la proclamation de l’état d’urgence sanitaire, la mise sur pied d’une Task Force et d’une Cellule multisectorielle, d’un Comité
multisectoriel et d’un Secrétariat technique de riposte contre la
pandémie. Un Programme d’urgence d’atténuation des effets de la
maladie a également été mis sur pied le 18 juin 2020. Comme résultat
de cette mobilisation générale contre la Covid-19, la létalité
chiffrée au départ à 10% a été ramenée en-déça de 5 %.
Le Chef de l’Etat congolais a salué la solidarité internationale à
travers des interactions entre le gouvernement congolais, les Nations
Unies et l’Organisation Mondiale de la Santé, qui se sont positionnées
en première ligne contre l’ennemi commun.

Parlant du changement climatique, dont le dérèglement s’est accéléré
et qui constitue une sérieuse menace pour les populations vulnérables,
Félix Antoine Tshisekedi a souligné l’engagement de la RDC à réduire
les gaz carboniques, et à contribuer à l’émergence de économie verte.
Pareil engagement devrait se traduire par la préservation des forêts.
D’où sa détermination à réussir le pari du « jardin scolaire » avec la
plantation d’au moins un milliard d’arbres à l’horizon 2030, tel que
promis lors de la 74me session de l’assemblée générale.
        La RDC attend, en contrepartie, des dividendes financiers conséquents
dans le cadre du « Fonds vert » alloué à la lutte contre la pauvreté .
        Parlant des réformes diverses en cours au pays, le Chef de l’Etat a
fait savoir qu’elles s’inscrivent dans la droite ligne de la nouvelle
politique nationale de développement, avec comme socle la
diversification de l’économie nationale, jusque-là prisonnière des
mines.
En ce qui concerne l’absence d’une paix durable à l’Est du pays,
depuis plusieurs décennies, il en a appelé au renforcement de la
collaboration entre les FARDC et la Monusco en vue de mettre
définitivement hors d’état de nuire des éléments résiduels des groupes
armés, locaux comme étrangers, par ailleurs coupables des violations
massives des droits humains. La stabilité de la région du centre de
l’Afrique, a-t-il prévenu, en dépend.
Une des recettes pour mettre fin à leurs activités, c’est
l’éradication du trafic illicite des minerais, qui leur permet de
s’approvisionner en armes et munitions, à travers des réseaux ayant
des ramifications dans des pays voisins, voire au-delà. Des sanctions
ciblées seraient très efficaces contre ces forces négatives.
        Pour ce qui est de la protection et de la promotion des droits de
l’homme, et spécialement ceux des femmes, des filles et des enfants,
le Président de la République a signalé la création d’une Agence de
prévention et de lutte contre la traite des personnes mais aussi
contre les violences sexuelles basées sur le genre. Quant à l’agence
de prévention et de lutte contre la corruption, elle vise
l’éradication de ce fléau et la moralisation de la vie publique.                Kimp

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •