Le DG de l’Ogefrem depuis hier aux arrêts

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Le Directeur général de l’Ogefrem, Patient Sayiba Tambwe, qui a nargué la justice pendant plus de deux semaines, est tombé hier lundi 20 avril 2020 dans les filets des limiers du 3me pouvoir. Selon des sources dignes de foi, il a été arrêté dans la commune de Bandalungwa, où il était à la recherche d’une cachette sûre, pour se mettre à l’abri. Il semble qu’il ne savait plus où aller, après avoir été «chassé» des locaux de l’ambassade de Tanzanie à Kinshasa, fatiguée de «gérer» un hôte fort encombrant.

Après avoir refusé de répondre à deux « invitations » du Parquet général près la Cour de Cassation, au motif que sa commune de résidence, à savoir celle de Gombe, qui se trouvait sous le coup du confinement lié au Covid-19 du 06 au 20 avril 2020, le Directeur général de l’Ogefrem (Office de Gestion du Fret Multimodal), faisaitt croire qu’il était près à se présenter à l’office du magistrat instructeur, sous condition du retrait du « mandat d’amener » émis contre lui en fin de semaine dernière. A en croire ses avocats, il était disposé à coopérer avec la justice et sa fuite ne serait pas à craindre. 

            Les observateurs pensent que le DG de l’Ogefrem, sur qui pèsent de lourdes présomptions de détournement de 21 millions de dollars américains, dont 7 millions affectés à la construction du port sec de Kasumbalesa et 14 millions au dossier du FERI, avait déjà souscrit à l’option de la fuite en avant. Cela est d’autant vrai que le décor du confinement de Gombe, notamment les barrières de contrôle aux points d’entrée et de sortie de cette municipalité et l’exigence du badge d’accès (dont il ne disposerait pas), n’a pas changé en cette phase du déconfinement.

            Comment ce mandataire public sans badge allait-il partir de sa résidence pour le Parquet général près la Cour de Cassation ? Quel document allait-il exhiber au niveau des check-points ou quelle explication donner aux équipes mixtes de surveillance PNC/FARDC pour circuler ?

            Si Patient Sayiba ne se reproche absolument rien dans la disparition de 21 millions de dollars américains destinés aux travaux ce construction du port sec de Kasumbalesa et à la réalisation du FERI, comme le soutiennent ses avocats, il ne devrait poser aucun préalable à son audition par le Parquet général près la Cour de Cassation. S’il a réellement les mains propres dans ce dossier, il ne devrait pas paniquer devant le mandat d’amener émis contre lui.

            Car, à l’étape actuelle de l’instruction, même s’il était mis sous mandat d’arrêt provisoire et placé en détention préventive à la Prison Centrale de Makala, il y aura bel et bien, tôt ou tard, un procès, au cours duquel ses avocats devraient faire étalage de ses moyens de défense et de leur maîtrise du droit pour balayer toutes les allégations de détournement à sa charge.

            Il est curieux de constater que le Directeur général de l’Ogefrem soit l’unique mandataire public à faire de la résistance face à la justice, alors que plusieurs de ses pairs, notamment Mutima Sakrini de l’Office des Routes, Benjamin Wenga de l’Office des Voiries et Drainages,  Stéphane Bamoros du Foner (Fonds d’Entretien Routier) sont dans l’attente de l’ouverture de leurs procès, après avoir épuisés la procédure de demande de liberté provisoire. C’est pareil pour le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe, lui aussi condamné à attendre la fixation de son dossier devant son juge naturel. Le Libanais Samih Jammal, directeur général de Samibo, se trouve dans le même panier des prévenus en détention préventive à Makala. Tous jouissent, jusqu’à preuve du contraire, de la présomption d’innocence, mais cela n’exclut pas leur maintien en prison.

            A présent que sa cavale a pris fin, son dossier est nourci par la circonstance aggravante de sa tentative de fuite. Kimp

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