Le développement de la RD Congo est possible

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On a entendu des mots mais aussi des chiffres lors du discours-programme des 100 jours du Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, le samedi 2 mars 2019 à l’Echangeur de Limete. En d’autres temps, la conditionnalité de la mise en œuvre des actions déclinées par le premier d’entre les Congolais serait la participation du Fond Monétaire Internationale, de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement ou des bailleurs étatiques ou privés, sous forme de crédits remboursables sur une certaine période. A une époque lointaine du mobutisme ou récente du kabilisme, on aurait salué la disponibilité d’un pays frère ou ami à financer nos projets de développement contre des concessions minières, pétrolières ou forestières.

            Pour le cas d’espèce, nos compatriotes sont surpris d’apprendre que la construction ou la réhabilitation des routes, écoles, hôpitaux, barrages, usines de production ou de traitement d’eau potable, de modernisation de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche se fera sur fonds propres. Le Chef de l’Etat a cité, à cet effet, comme principaux bailleurs, l’Etat lui-même, le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) et le Fonds d’Entretien Routier (Foner).

            On a du mal à croire qu’en trois mois, l’Etat congolais est capable de mobiliser, en urgence, près de 300 millions de dollars américains pour des chantiers prioritaires. Si un tel discours leur était tenu en circuit fermé, dans un salon privé, beaucoup de compatriotes allaient faire, avec raison, les Saint Thomas. Mais, pour démontrer la fermeté de son engagement, le Président de la République a choisi de parler devant sa « base », celle la même qui ne cesse de lui rappeler la devise de son défunt père : « le peuple d’abord ! ».

            En décidant de prendre lui-même le peuple à témoin, Félix Tshisekedi sait, mieux que quiconque, qu’il n’a pas droit à l’erreur. D’ici 100 jours, des millions d’yeux vont scruter l’horizon pour constater l’émergence de nouvelles routes et écoles, de nouveaux hôpitaux, l’achèvement de barrages en construction, la réhabilitation d’anciennes voies de communications et d’hôpitaux de référence existants, etc.

            Le tableau des réalisations présenté par le Chef de l’Etat pousse plus d’un compatriote à croire qu’avec un peut de volonté politique, le développement du pays est possible. Oui, rien n’est impossible au peuple congolais si ceux qui le gouvernent se donnent pour mode de gouvernance l’affectation des ressources aux projets d’intérêt général. Tout peut changer rapidement en bien au pays si ceux qui sont appelés à gérer les affaires publiques abandonnent des pratiques rétrogrades de chasse aux commissions, de détournement des fonds publics de leur objet social pour leur confort personnel, de surfacturation des travaux publics, de promesses sans lendemain, etc.

            Le Chef de l’Etat s’étant volontairement inscrit à l’école de la redevabilité, chacun des Congolais et chacune des Congolais seront en droit, dans 100 jours, de lui demander des comptes. Il est à espérer qu’il acceptera de se présenter de nouveau à la barre, pour expliquer à tous ce qui aura été fait avec la bagatelle de 304 à 488 millions de dollars américains, puisés dans la « caisse commune ». Espérons qu’il a pris les dispositions utiles pour partager sa nouvelle vision du développement national avec les membres du futur gouvernement et les futurs mandataires des entreprises publiques mises à contribution pour l’utilisation des fonds et l’exécution des projets qui font baver plus d’un compatriote.

                                                                                    Kimp

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