Le destin d’un pays, c’est la rencontre entre une personnalité et le génie du hasard divin.

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Le hasard divin a provoqué la révélation par la MONUSCO du rapport confidentiel de l’ONU donnant la preuve de la complicité et même de la corréité des autorités rwandaises et de l’Etat rwandais dans les différentes rebellions dans les provinces du Kivu, dont la dernière en date est celle du M23.
Conséquence : la condamnation unanime de la communauté internationale et des principaux partenaires du Président KAGAME, particulièrement les USA par l’envoyé spécial dépêché à cette fin à Kigali et à Kinshasa.

Dans cette aventure qui ne favorise ni l’unité africaine, ni la paix dans la région, Kigali ne bénéficie du soutien d’aucun pays africain.

Au lieu de se ressaisir et d’évaluer correctement la situation, le Président KAGAME persiste et signe par des déclarations malencontreuses et confusionnistes.

En réponse, la décision des USA de ne plus financer l’académie militaire du Rwanda est tombée comme un couperet, suivi d’une avalanche de suspension d’aide de la part de ses autres partenaires. Luttant désespérément contre cette défaite morale et démoralisante, Kigali cherche à éviter l’issue fatale qui serait la suspension pure et simple de toute coopération militaire avec les USA jusqu’à un amendement du Maître de Kigali.

Face à l’arrogance du Maître de Kigali, le Président  KABILA

1. tranche par sa lucidité, sa bonne et correcte intelligence de la situation au-delà des manoeuvres de distraction, des chantages et des trahisons.
2. Rassure par sa perspicacité d’une part à entrevoir la lueur dans le brouillard, qualité indispensable dans son combat quotidien et discret en faveur de la paix et du développement de la RDC, d’autre part, à poursuivre les intérêts fondamentaux des populations congolaises malgré l’agitation ambiante.
Pour capitaliser cette conjoncture politique hautement favorable, le Président KABILA devra accomplir sa part du destin en se dotant d’un exécutif adéquat, capable de donner une issue heureuse à cette malheureuse histoire dans nos relations avec le Rwanda, sans pour autant arrêter la révolution de la modernité.
La situation dans la province du Nord-Kivu, avec la rébellion M23 comme forte poussée de fièvre, les revendications sociales de la population et les contraintes économiques de bonne gouvernance de l’Etat posent la question de la méthodologie d’approche politique pour donner à la population les raisons d’espérer et de croire à l’avenir de la RDC sur la base des cinq chantiers.
Dans cet ordre d’idées, l’Exécutif apparaît comme l’instrument catalytique et déterminant pour maîtriser les paradoxes de l’évolution générale du pays.
D’où l’importance du Gouvernement en termes d’architecture et de typologie d’animateurs.
En effet, l’architecture gouvernementale a vocation d’être une réponse méthodologique au regard de l’intelligence de la nature et de l’intensité de problèmes nationaux avec comme conséquence une typologie ad hoc des animateurs au-delà des exigences conjoncturelles et des tractations politiques.

 

Savoir tirer les marrons du feu (PAR ALAIN ATUNDU LIONGO)
 


De toute évidence, une architecture gouvernementale classique et mono intelligente comme la nôtre n’est plus de nature à répondre à la complexité et à l’urgence de la situation qui exige du Gouvernement une structuration polyvalente, une fonctionnalité plus adéquate et une gestion plus efficience.
L’on pourrait ainsi concevoir un gouvernement reposant sur 4 piliers à savoir :
1. La souveraineté nationale
2. L’intelligence économique
3. Le développement humain
4. Les droits humains
Chacun de ces domaines, dont le contenu ministériel serait précisé, avec à sa tête un vice-Premier Ministre coordonnateur, permettrait alors une utilisation optimale des ressources humaines disponibles à savoir les politiques, les technocrates et la société sur la base 1) des dispositions constitutionnelles qui font de la Majorité parlementaire la source principale d’approvisionnement de l’Exécutif, 2) du discours inaugural du Président KABILA qui préconise l’ouverture envers tous ceux qui ont la passion du Congo, 3) du choix discrétionnaire et intuitu personae du chef de l’Etat, et 4) enfin de la pondération géostratégique Est-Ouest et Genre.
Ce gouvernement comprendrait des politiques aux fonctions politiques et de coordination comme les Affaires étrangères et l’Intérieur, les technocrates aux commandes des ministères techniques pour garantir la prise en compte des facteurs techniques à partir des postes d’observation comme les finances et le budget, enfin la société civile complétant le tableau par sa sensibilité particulière.

Evidemment, la loyauté envers les institutions de la République et la présomption de compétence constituent à la fois un préalable et le plus petit commun dénominateur.
La mouture d’un tel gouvernement pourrait avoir la configuration suivante.

I. Souveraineté nationale
1. Affaires étrangères
2. Intérieur
3. Défense nationale +Anciens combattants
4. Coopération internationale
5. Décentralisation
6. Ministre délégué à la présidence
7. Environnement
B. Communication
9. Travaux publics
10. Infrastructure
11. Poste et télécommunication, Nouvelles technologies
II. Intelligence économique
1. Finances
2. Budget
3. Economie
4. Mines
5. Agriculture
6. Petites et Moyennes entreprises
7. Tourisme
III. Développement humain
1. Ecole de base : maternelle et primaire
2. Ecole secondaire
3. Universités et Instituts supérieurs
4. Sport et Loisir
5. Développement rural
6. Emploi
7. Genre et famille
8. Recherche scientifique

IV. Droits humains
1. Justice
2. Emploi
3. Les organisations sociales de base à savoir les ONG et les Eglises
4. Energie
5. Santé publique


Les avantages de cette approche sont multiples notamment la revalorisation de tous les ministères, la nécessité d’une plus grande collaboration entre les Ministères et le bureau du Président, enfin  une plus grande liberté d’itinérance du Chef de I’Etat compte tenu de la conjoncture particulière du pays.
Le Gouvernement serait alors à même de remplir sa fonction fondamentale qui est de permettre au chef de l’Etat d’avoir une vue panoramique de tous les aspects des problèmes du pays et partant d’exercer une veille globale sur la politique, l’économie, la défense et le développement humain du citoyen congolais.
La finalité d’une telle approche est de tirer un profit maximum de la conjoncture favorable actuelle qui ne couvre pas tous les domaines et qui ne va pas durer éternellement, car comme les saisons, les intérêts de nos partenaires internationaux passent et repassent, mais à la différence des saisons, nul n’en connaît ni la période ni la durée, puisque ces éléments si déterminants dépendent de l’habilité manoeuvrière de nos dirigeants et de leur capacité à tirer, en toutes circonstances, les marrons du feu.


Il n’y a pas de moment’ à priori pour opérer un changement politique, car il y va de la vie politique comme du mouvement géopolitique : une plaque tectonique remplace celle qui se déplace dans un mouvement universel inexorable.
La seule et grande différence, c’est que le capitaine peut prendre à tout moment une décision capable de modifier le cours des choses.
Ceci est particulièrement vrai dans ce moment d’excitation que vit la RDC semblable à l’animation lors des opérations d’accostage où le capitaine doit avoir une vue synoptique des opérations, et une maîtrise de la situation générale pour être à même d’intervenir le cas échéant dans le sens de l’efficience de l’opération et garantir l’accostage du bateau Congo sans anicroche dans la révolution de la modernité.

Ambassadeur André Alain ATUNDU LIONGO
Kinshasa, le 08/08/2012

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