Le député Muhindo condamné à 3 ans de SPP

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998460_368253473301775_916511442_nC’est hier mardi 13 août 2013, vers 21 heures, à l’issue d’une audience fleuve qui a démarré à la mi-journée, que la Cour Suprême de Justice a rendu son arrêt dans l’affaire du député national Muhindo Nzangi du MSR (Mouvement Social pour la République). Contrairement à la lourdeur des charges qui pesaient sur lui, à savoir outrage au Chef de l’Etat, atteinte à la sécurité interne et externe de l’Etat et incitation de la population à la révolte – les deux dernières étant passibles de la peine de mort – l’intéressé n’a finalement été condamné qu’à trois ans de servitude pénale principale. Il devrait en principe rejoindre sa cellule de la prison centrale de Makala, sa condamnation ayant mis fin au régime de résidence surveillée requis lundi contre lui par le Parquet général de la République.

Curieusement, en dehors des frais d’instance, aucune amende ni dommages-intérêts n’ont été retenus contre lui. Bien que le verdict paraisse relativement clément, les avocats de la défense, au nombre de treize, parmi lesquels on a reconnu son collègue député Serges Mayamba, ont crié au scandale. A leur avis,  le dossier de leurs clients était réputé vide. Par conséquent, la Cour Suprême de Justice devait l’acquitter purement et simplement.

Ce sentiment était renforcé après l’audition du CD de l’émission de la radio « Kivu One », diffusé pendant 35 minutes, après que la Cour ait rejeté la demande de huis clos formulée par le ministère public, qui a estimé que le document comportait des faits graves qui ne devaient pas être portés à la connaissance du public. Le ministère public a notamment stigmatisé le passage où ce député a parlé du cadavre d’un soldat rwandais malmené par des éléments des FARDC.

 En réplique, les avocats de Muhindo Nzangi ont fait remarquer à la Cour que l’émission incriminée ayant été publique et des milliers de Congolais de Goma l’ayant déjà suivie, le huis clos ne s’imposait plus. Ensuite, Muhindo n’était pas le seul à évoquer le cas des soldats rwandais tués dans les rangs du M23. D’ailleurs, le porte-parole du gouvernement en parle régulièrement dans ses points de presse. La défense a finalement eu gain de cause.

Effectivement, à l’audition des éléments sonores du CD, l’assistance a eu l’impression que le député incriminé n’avait rien déclaré dans le sens d’outrager le chef de l’Etat, de porter atteinte à la sécurité interne et externe de l’Etat ou d’inciter la population à révolte. S’agissant du cas du Chef de l’Etat, il lui a demandé de faire attention à la situation du front où les choses étaient en train de tourner en faveur des FARDC et signalé que la population du Nord-Kivu faisait sa part du travail en apportant de la nourriture à nos militaires et en participant au transport de leurs équipements. Apparemment, son message allait dans le sens du renforcement du moral des troupes.

            Parlant de la Monusco, Muhindo a déploré ses faiblesses alors qu’elle fonctionne grâce aux contributions de tous les Etats membres, dont la RDC. En somme, il a estimé que le peuple congolais avait le droit de lui exiger davantage de protection, à défaut de quoi les pressions sur la force onusienne devraient être maintenues et accentuées.

Bref, les avocats de Muhindo, ses proches ainsi que de nombreux députés présents à l’audience d’hier ont quitté la salle non convaincus de la culpabilité du prévenu.

                                   Dom

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