Le coup de semonce du MLC : « Le 7 décembre 2011, le Chef de l’Etat devient illégitime ! »

0
46

Cest incontestablement un grand défi que le Mouvement de Libération du Congo (MLC) a relevé en mobilisant, deux jours durant (samedi 30 et dimanche 31 octobre 2010) à la Fikin, ses militants et sympathisants pour commémorer le 12ème anniversaire de sa création.  

            En effet, ni l’absence de son président national, Jean-Pierre Bemba, toujours retenu à la Haye, ni la canicule d’aplomb, ni les cérémonies de collation des grades académiques dans différents instituts d’enseignement supérieur dans la capitale, ne sont arrivées à rebuter le moral de l’état-major du MLC, qui a maintenu son programme jusqu’au bout. 

Au meeting d’ouverture déjà, le samedi 30 octobre, le Secrétaire général, François Muamba Tshishimbi, a tenu d’entrée de jeu, à exhorter la Cour Pénale Internationale à œuvrer dans l’impartialité dans le procès Bemba qui va bientôt commencer. A la victime même, le sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, le secrétaire général a envoyé un message ardent d’encouragement et d’attachement de la part des invités, cadres et militants du MLC. Ceux-ci se sont tous, comme un seul homme, à la suite de cette exhortation, levés et ont adressé une vibrante ovation, ponctuée des chants, danses et cris, à leur leader.

            Rappelant le contexte de création du MLC, il y a 12 ans à l’initiative de Jean-Pierre Bemba et un groupe de patriotes, François Muamba a expliqué qu’à l’origine groupe politico-militaire, le MLC avait pour objectif principal de mettre un terme aux velléités autocratiques et dictatoriales du pouvoir afdélien installé en RDC depuis 1997. Par la suite, a-t-il poursuivi, le MLC a lutté pour la «libération» du peuple congolais aux côtés d’autres mouvements tant politico-militaires que de l’opposition, de Lusaka en 1999 à Sun-City en 2003. Transformé finalement en parti politique le 5 avril 2003, le MLC a participé d’une manière significative à la conduite du processus de transition qui a amené la RDC à l’organisation des premières élections pluralistes de 2006.

            Imputant l’inachèvement de ce processus au manque de volonté politique dans le chef du pouvoir actuel, le MLC a décliné tour à tour les « ratés » de ceux qui détiennent l’imperium depuis 4 ans. D’une part, les élections municipales, communales et locales n’ont toujours pas été organisées ; d’autre part, les 26 nouvelles Provinces n’ont pas été mises en place dans les délais constitutionnels et le bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), tarde à être installé. Au sujet de la composition de la CENI en question, François Muamba a profité de l’occasion pour jeter des fleurs à ses pairs de l’opposition qui ont su donner dans les délais imposés, les 3 noms de leurs représentants au Bureau. « Ceux qui clamaient haut et fort leur cohésion ainsi que l’avantage supposé de bénéficier de l’unité de commandement, tardent à donner les 4 noms attendus. Que devrions-nous comprendre alors ? Qu’ils sont divisés ou que tout ça manque de leadership ? » a-t-il questionné l’assistance, qui a répondu par un rire généralisé. 

Non à une transition politique unilatérale 

            Poursuivant son énumération, le Sg du MLC a cité le calendrier électoral publié en violation de la Constitution par le président de la CEI, appuyé par le pouvoir en place par le biais de la réunion dite interinstitutionnelle. « Ce calendrier conduira inévitablement, s’il était littéralement appliqué, à une crise politique et institutionnelle dans notre pays », a-t-il averti, expliquant que ce planning stoppe le processus entamé en 2005. Pire, a-t-il souligné, l’abbé Malu Malu voudrait certainement se substituer au peuple congolais, souverain primaire, pour proclamer « orbi et urbi la victoire de son candidat, Joseph Kabila, dès le premier tour de la présidentielle de 2011 ! »

            Sur ce dernier point, même à considérer l’hypothèse inverse d’un second tour, pour le grand parti de l’opposition institutionnelle, le calendrier de l’abbé Malu Malu conduirait tout aussi inévitablement à une crise politique, car le mandat que les Congolais ont confié à l’actuel Chef de l’Etat s’achève le 6 décembre 2011, alors que la CEI fixe le second tour à mars 2012. « Le 7 décembre 2011 au matin, le Chef de l’Etat actuel serait devenu illégitime. L’impasse est donc bien devant nous, car il n’appartient certainement pas au président de la CEI d’instituer dans notre pays une transition politique soit-elle de fait », a-t-on clamé.

D’ores et déjà, le MLC a élevé, une de fois de plus, sa voix pour condamner les violations intentionnelles et répétées de la Constitution par le Pouvoir en place qui, non seulement, tente d’étendre son influence politique dans le pays en politisant les administrations, les entreprises et autres services de l’Etat, mais en plus, s’est lancé dans une campagne électorale prématurée, utilisant ainsi les fonctions officielles et les moyens financiers de l’Etat à des fins politiciennes. 

La nation malade, le changement avec le MLC en 2011

            Ayant déjà annoncé solennellement la participation du MLC aux élections de 2011, François Muamba a rassuré les militants et cadres du parti que tout est désormais mis en œuvre pour placer effectivement l’ensemble des structures de base en ordre de bataille. « Nous devons gagner puisque nous le pouvons et que notre peuple veut le changement !», a-t-il lancé avec force. Toutefois, il a fait savoir que le MLC ne cautionnera pas n’importe quel type d’élections ressemblant à celles de 2006.

            Concernant, l’état général de la nation, il se dégage une indifférence du gouvernement pour l’amélioration des conditions sociales des populations, en dépit des discours pleins de promesses mirifiques et slogans politiques. De manière concrète, sur le plan économique, le MLC souligne que les retombées de l’atteinte du point d’achèvement se font toujours attendre ; l’amélioration du climat des affaires reste un leurre ; l’aggravation de la corruption ; la mauvaise gouvernance, etc. Sur le plan sécuritaire, il relève que la promesse de mettre fin à la guerre au Nord-Kivu et celle d’éradiquer toutes les poches d’insécurité dans la Province Orientale n’ont jamais été réalisées par le gouvernement. Les multiples grèves sur le plan social sont la preuve de l’abandon de la population à elle-même par le gouvernement. « Le citoyen congolais est toujours confronté à un casse-tête quotidien qui s’appelle manque d’eau potable, coupures intempestives d’électricité, absence de transports en commun, sous-alimentation, pollution, maladies endémiques, routes cassées, hôpitaux transformés en mouroirs et écoles en taudis ! » a énuméré François Muamba. Actualité oblige, le patron du MLC a invité  l’assistance à observer une minute de silence en mémoire des regrettés compatriotes, Armand Tungulu et Floribert Chebeya, ainsi que d’autres victimes anonymes de l’intorélance politique et du non respect des droits humains. 

Tshieke Bukasa 

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*