Le Chef de l’Etat aux Congolais de Namibie : « Je ne serai pas un Président qui règne sans gouverner »

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En visite à Windhoek en République namibienne, à l’invitation de son homologue Hague Geingob, le Président congolais Félix Antoine Tshisekedi a saisi l’occasion pour s’entretenir avec ses compatriotes vivant dans ce pays du Sud du continent.

C’était également l’occasion pour le nouveau Chef de l’Etat de lever l’équivoque sur un certain nombre de sujets d’actualité qui défrayent la chronique depuis son élection à la tête du pays. Sans tabou, comme c’était lors de son passage au Kenya, il a apporté des éclaircissements nécessaires sur bon nombre de questions qui suscitaient des débats aussi bien au pays qu’à l’étranger, à travers cet entretien avec les filles et fils du Congo démocratique vivant en terre namibienne.

     Aux allégations véhiculées par des mauvaises langues, prophétes de malheur et autres pseudos analystes soutenant qu’il n’y a pas eu d’alternance ou changement réel en Rdc, et que l’ancien président tiendrait encore les rênes du pouvoir, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a tenu à rassurer ses compatriotes que le changement a bel et bien eu lieu en République Démocratique du Congo.

            «C’est totalement faux », a-t-il répliqué, en indiquant que toutes ces affabulations ont commencé bien avant son élection. Et de les inviter à ne pas céder auxdites manipulations provenant de certains milieux influents qui pensaient que les choses allaient continuer toujours à entretenir le flou, étouffer la voix des Congolais, vouloir gérer à leur place, et faire voir que les Congolais n’étaient pas capables de se prendre en charge.

            Ce qui s’est passé, on a prouvé au monde que les Congolais se sont pris eux-mêmes en charge. Le changement est intervenu pacifiquement, sans eux. Toutes les prophéties de malheur n’ont pas tenu.

L’Amour du Congo

et du Congolais

            Poursuivant son entretien avec ses compatriotes, Félix Tshisekedi a rappelé que pendant sa campagne électorale, l’un des thèmes développés a été la réconciliation nationale. Se disant conscient que les élections amènent parfois à des frustrations qu’il a lui-même connues et vécues, cela ne doit pas conduire à la division. Mais, chacun est appelé au dépassement de ses sentiments politiques, tribaux ou d’opinions, pour construire l’unité et la cohésion nationale. Car, se dit-il convaincu, dans l’unité on peut faire de grandes choses qui vont étonner le monde. Bref, le 5ème Président de la Rdc tient beaucoup à la cohésion et à la consolidation de l’unité nationale. C’est pourquoi il appelle les uns et les autres à se pardonner mutuellement. Les Congolais doivent se réconcilier afin de sceller le décollage du pays.

C’est ici qu’il a dit rester fidèle aux enseignements reçus de son mentor et leader à savoir Etienne Tshisekedi wa Mulumba qui prônait « l’Amour du Congo, et l’Amour de votre compatriote congolais ».

            Voilà l’idéologie qui devra présider à tous les programmes, tous les projets ainsi que toutes les actions que le Congolais se proposera de mener. Parce que, dès que ce principe sera observé, tout ce qu’on pourra mener le sera pour le bonheur de tous et le développement national.

Vivement l’instauration d’un Etat de droit

            Abordant l’aspect lié aux priorités qu’il entend inscrire dans le programme du gouvernement à mettre en place, le Chef de l’Etat a dévoilé que la paix et la sécurité figurent au centre des préoccupations. Pour Félix Tshisekedi, on fera tout pour que le Congolais ait la paix et la sécurité partout où il se trouve sur le territoire national. Car, sans la paix et la sécurité, il nous sera difficile de promouvoir le développement national. Toutes les batteries seront mises en place quant à ce.

            Parmi les priorités, il faut également compter avec l’instauration d’un Etat de droit qui se veut la garantie pour tous pour se sentir en sécurité. Car, soutient-il, l’Etat de droit garantira le respect de la loi par tous en commençant par le 1er citoyen.

            Pour ce faire, les magistrats qui en seront les vecteurs devront être de bonne probité morale ; l’administration publique sera restaurée afin de remplir correctement sa mission pour booster le développement. Même la classe politique pourra avoir un comportement exemplaire dans l’Etat de droit à instaurer.

Election des gouverneurs et sénateurs : grande déception !

            S’exprimant sur l’un des sujets d’actualité brûlante, en l’occurrence l’élection des gouverneurs de provinces et sénateurs prévue pour fin mars prochain, Félix Tshisekedi n’a pas caché sa déception quant aux manœuvres sordides qui se font pour ces scrutins.

            « Je me demande si ça vaut la peine de faire les élections des gouverneurs et des sénateurs !». Cette phrase apparemment de déception est celle du Chef de l’Etat congolais. Félix Antoine Tshisekedi n’a usé de langage diplomatique pour condamner fermement les pratiques d’achat de conscience ou mieux la corruption que pratiqueraient les candidats à ces élections pour se faire élire, en lieu et place de présenter un programme en vue de séduire les électeurs comme ça se passe sous d’autres cieux.

Sous un ton ferme, il a exprimé toute sa désolation face à cette pratique odieuse qu’il compte combattre jusqu’à l’éradication pendant son mandat à la tête du pays. C’est pourquoi il se propose même d’initier des concertations avec la classe politique en vue de trouver un mode de désignation des gouverneurs pour combattre la corruption. Parce que, prévient-il, des gens qui se trouveront à la tête des provinces par cette voie, leur préoccupation sera de récupérer l’argent qu’ils avaient donné pour se faire élire. Conséquence : le peuple ne trouvera pas son compte dans leur gouvernance.

            Or, cette pratique se veut l’antithèse de la lutte contre la corruption qui constitue l’une des priorités de son mandat.

Fini le trafic d’influence, tous égaux devant la loi

            Parlant de la lutte contre la corruption, cette gangrène qui a conduit le pays là où il se trouve aujourd’hui, le nouveau Président congolais prévient que personne n’en sera épargné. Si un ministre est accusé de corruption, il doit démissionner afin de permettre à la justice de mener son instruction. Idem pour quiconque miserait de son rang social ou de ses fonctions pour faire arrêter arbitrairement son compatriote ou confisquer ses biens, il sera immédiatement écarté de ses charges publiques afin que la justice fasse librement son travail. Donc, prévient le Chef de l’Etat, il n’y aura plus de justice à deux vitesses. Tout le monde sera égal devant la loi.

            Concernant le dossier des Congolais qui avaient obtenu l’asile sous d’autres cieux fuyant les répressions dans leur pays, Félix Tshisekedi leur garantit qu’avec son avènement, il n’y aura plus jamais de répressions en République Démocratique du Congo. Car, personne ne sera inquiété pour avoir critiqué le Chef de l’Etat.

            Pour les observateurs, l’entretien du nouveau Chef de l’Etat avec ses compatriotes de Namibie a été l’occasion pour Félix Tshisekedi Tshilombo d’apporter la lumière voulue ou mieux des éclaircissements à un certain nombre de préoccupations que d’aucuns de Congolais se posaient. Il a, à la même occasion, affirmé qu’il ne sera pas un Président qui règne mais sans gouverner, comme le prétendent des méchantes langues.

Dom       

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