Le centre-ville et le rond-point Victoire sous l’emprise des malfaiteurs

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Place des artistes RP VictoireAvenue colonel Lukusa, l’autre jour, un mini-bus transportant des éléments du contingent indien de la Monusco, engouffré dans une colonne de véhicules roulait à faible allure. A bord, un officier, son téléphone collé à l’oreille, s’entretenait avec ses interlocuteurs au bout du fil. Marchant à pied au rythme de ce cortège improvisé, quelques délinquants se collaient à certains véhicules. Et dans un geste brusque, de main introduite à travers la vitre baissée, un mécréant arrachait le téléphone de l’officier qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait en pleine journée.

Craignant de pourchasser en pleine rue un voleur qui courait à toutes jambes, et de peur de susciter des réactions hostiles de la population, l’officier a tout simplement regretté son imprudence. Il a surtout déploré ce vol qui allait le priver pendant un temps de son riche répertoire d’adresses et de correspondants en RDC et à New Delhi.

            Sur cette artère, laisse-t-on entendre, les vols à l’arraché des téléphones sont quasi quotidiens. C’est là que des délinquants en herbe s’exercent, sous l’œil des voleurs de la pire espèce. Une source indique que le parking gauche du Centre médical de la SCTP, serait le repaire de la bande des malfaiteurs qui opèrent sur colonel Lukusa. C’est là que ces malfrats comptabilisent les butins réalisés tout au long de la journée, avant de les écouler à vil prix au «  marché des téléphones d’occasion » situé dans les parages de l’Hôtel Memling.

Auparavant, une femme commerçante en provenance de Brazzaville, vautrée sur le siège avant d’une voiture qui s’est empêtrée dans un bouchon, continuait à converser avec les membres de sa famille. Personne n’a remarqué que près de dix marginaux escortaient ce véhicule. Et dans un moment d’inattention, un voleur s’est saisi du téléphone. Une fois, le butin entre ses mains, le malfaiteur s’est faufilé entre les colonnes de voitures suivi par ses comparses. Et vers le Centre médical de la SCTP, ils ont apprécié la valeur du butin, espérant tirant quelques billets de banque sûrs auprès de revendeurs.

Le même modus operandi des délinquants est aussi observé sur le boulevard du 30 juin, entre le siège central de l’INSS et le supermarché Peloustore, d’une part et de l’autre, entre le Grand’poste et l’immeuble de la BCDC.  A ces endroits, des bandes de malfrats, tous âges confondus, raflent des téléphones et s’évanouissent dans la nature.

Bien que la réputation dangereuse de ces places soit connue du sous-commissariat de la police du port des marchandises de la SCTP, du poste de police situé à côté du bar-dancing «  Planète J », et même des éléments patrouilleurs de l’UPI HP en faction au parking des Galeries présidentielles, ces groupes des marginaux prolifèrent au centre-ville, fument du chanvre sans crainte d’être arrêtés, se régalant de l’alcool frelaté, et s’attaquant aux jeunes filles sans défense.

            On ne comprend plus la passivité d’une police qui aurait pu mener des actions de ratissage et restaurer la quiétude et renforcer la sécurité au centre-ville, qui représente le miroir de la ville et qui reçoit des diplomtes et autres touristes.

Rond-point victoire : la bousculade pour monter à bord des bus

            Avec une affluence monstre qui envahit le rond-point Victoire du matin jusque tard la nuit, attraper une place dans un taxi ou minibus relève désormais d’un exercice de musculature où les abdominaux et les pectoraux sont soumis à dure épreuve. C’est dans ces circonstances de grande bousculade que des bandes de petits voleurs entrent en action, passagers qui montent à bord des véhicules de transport en commun, soutirent des téléphones logés dans des poches de jeans, ou des sacs mal refermés. Les portes-monnaies et autres biens de valeur attirent ces délinquants qui jouent le rôle de «  chargeurs » auprès des taximen.

Les vols sont devenus une discipline sportive qui accapare tout le temps des délinquants. Certains ont acquis un doigté proche de la prestidigitation. Il suffit qu’ils vous ceinturent dans la bousculade, quelques gestes secs et rapides, les téléphones et les billets de banque changent de propriétaire.

            On signale aussi qu’à la place Pascal Masina,  le même phénomène de vols des téléphones aux différents arrêts de bus bat son plein. Que de plaintes n’a-t-on pas enregistré dans ce sens ?

            On laisse même entendre que certains policiers couvriraient des voleurs qui leur promettraient une partie des butins.

            Le fléau a atteint des proportions alarmantes requérant des actions énergiques de la police.

                                                                                                           J.R.T.

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