Le bourgmestre de Bandalungwa coopère avec un opérateur d’assainissement et d’hygiène inconnu

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Dans le cadre de l’assainissement de la ville de Kinshasa, en marge du Sommet de la Francophonie qui se tiendra au mois d’octobre prochain, les rues sont balayées et les saletés débarrassées de grandes artères. Cette opération de grande envergure est saluée par les Kinois, satisfaits de voir que peu à peu leur ville retrouve sa splendeur d’une certaine époque et qui faisait sa fierté, ainsi que sa notoriété de Kin-la-belle. Cette campagne vient malheureusement de réveiller les appétits gloutons de certains bourgmestres de Kinshasa, décidés à se faire de l’argent sur le dos du citoyen. 
Au moment où certains ménages ont démarré motu proprio le curage de leurs caniveaux, la désinsectisation et la dératisation, le maire de Bandalungwa vient d’initier une opération de collecte des fonds dont le montant ne peut que mettre les familles à revenus modestes, dans une position inconfortable.  Le prétexte trouvé est le partenariat qu’il vient de signer avec un opérateur privé, Congo service d’assainissement, «COSEA» en sigle, dont on ignore les références dans le domaine de l’assainissement ou de l’hygiène.
 
Les citoyens de la commune de Bandalungwa ont été surpris un matin, de voir des billets d’hygiène leur distribués de porte à porte, et pour lesquels le bourgmestre réclame dix dollars par parcelle. Et cela sans tenir compte des efforts déjà déployés par certaines familles qui assument la proprété au quotidien, ou des faibles revenus de certains habitants de sa commune.
Pire, cette taxe improvisée, comme on peut le déplorer, revêt un caractère obligatoire. Car, dans ce billet d’hygiène, le maire de Bandalungwa prévient que le refus de paiement de la somme de dix dollars entraînera des sanctions exemplaires par la police. C’est cela qui enlève à cette initiative son caractère volontariste et social. Si toutes les parcelles pouvaient s’acquitter de cette taxe, l’homme réaliserait d’un seul coup un pactole lui permettant d’honorer la facture à payer à son opérateur privé chargé de l’assainissement et de l’hygiène.
Partout à Bandalungwa, on en parle et les critiques acerbes sont surtout émises quant au montant choisi par le bourgmestre pour la participation de chaque famille à cette campagne dont aucune sensibilisation n’a été assurée dans les médias ou dans les quartiers. A-t-il lancé un avis d’appel d’offres pour l’opération assainissement ?  Y a-t-il eu dépouillement de différentes offres comme le recommande la loi sur les marchés publics ?
 
A-t-il requis au préalable l’avis des conseillers communaux ? Autant des questions que l’on peut se poser et qui montrent que les règles de la bonne gouvernance sont rarement respectées à la commune de Bandalungwa où le recouvrement des taxes communales figure en ordre des priorités. La loi sur la passation des marchés publics est violée. Preuve que dans cette commune, on se fout des lois et textes réglementaires, s’ils ne sauvegardent pas les intérêts du maire.
Serait-il disposé d’accepter un matin, un contrôle citoyen sur sa façon de gérer les recettes perçues par la commune ? C’est ce principe de redevabilité auquel devraient se soumettre tous les bourgmestres qui n’ont jamais publié le bilan de leurs activités au cours de chaque exercice budgétaire.
Il serait bien inspiré s’il faisait de la lutte contre le phénomène «kuluna», son principal cheval de bataille, de la simplification des formalités pour la délivrance des documents administratifs de la mairie, de la lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics, le chômage déguisé et les tracasseries administratives et policières, pour ne citer que ceux-là, les grandes préoccupations de son mandat. Les habitants de Bandalungwa souhaitent avoir un bourgmestre très attaché à répondre à leurs attentes, mais pas celui en quête des occasions pour se renflouer les poches.
Ces critiques doivent interpeller l’autorité communale et susciter en lui, un sursaut d’orgueil pour qu’il s’attèle avec dévouement à la recherche des  solutions aux problèmes de ses administrés. Telle doit être sa véritable vision en ayant accepté les charges de la gestion de la commune de Bandalungwa.
 
                                   J.R.T.
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