Lamuka-FCC-CALCC : marche au rythme des pillages

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Des dignitaires du FCC (Front Commun pour le Congo), ceux-là même qui avaient installé, pendant 18 ans, une nouvelle dictature au pays après  celle de 32 ans signée Mobutu Sese Seko, et fait plusieurs morts, prisonniers, exilés politiques dans les rangs des combattants de la liberté, sans oublier la clochardisation de l’écrasante majorité de la population, ont curieusement battu le pavé, le samedi 13 novembre 2021 à travers quelques artères de Kinshasa, aux côtés de leurs victimes d’hier ayant survécu à l’Etat de non-droit. C’était un curieux cocktail des « diables » d’hier avec des « saints » d’aujourd’hui, se tenant main dans la main.

         Prétendument destinée à réclamer la dépolitisation de la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante), alors que pareille démarche exige le vote d’une nouvelle loi organique, ainsi que l’émergence d’un Etat de droit – alors que celui-ci est en phase de construction sous le nouveau pouvoir, la marche du samedi 13 novembre a connu malheureusement des dérapages. Des militants de Lamuka et du FCC ont, sur leur parcours (Kianza, Université, Lumumba, Libération), pillé des « ligablo », échoppes et quelques maisons de commerce ayant pour propriétaires de pauvres citoyennes et citoyens vivant de la débrouille au jour le jour.

         Il est curieux de constater que les chantres de la démocratie et de l’Etat de droit se soient fait accompagner de casseurs et pilleurs, dont certains étaient porteurs d’armes blanches (machettes). A quelle fin ? Les dérapages enregistrés samedi, avec des pauvres décidés à appauvrir des Kinoises et Kinois démunis, ont suscité un tas d’interrogations sur le caractère pacifique de ladite marche et son véritable objectif.

         Le doute est d’autant permis au sujet de nobles intentions des organisateurs, que  même le siège du Palu (Parti Lumumbiste Unifié), sur le boulevard Lumumba, au niveau du pont Matete, a été partiellement vandalisé. Godefroid Mayobo, son « autorité morale », s’est plaint publiquement du comportement incivique des militants de Lamuka et du FCC, soupçonnant une marche ayant des visées autres que la simple  revendication de la dépolitisation de la Ceni.

         N’eut été la forte présence policière sur les différents itinéraires empruntés par les marcheurs, la ville de Kinshasa aurait connu pire. Les observateurs donnent finalement raison au gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, qui a décidé de déclarer « zone neutre » le centre-ville de Kinshasa. Car, avec l’esprit de pillage qui anime une certaine « base » de Lamuka et du FCC, tout peut arriver en mal.

         Le principal enseignement que tirent des témoins des scènes de répression des marches pacifiques sous le régime de Joseph Kabila est que les leaders de Lamuka ainsi que les laics catholiques et protestants ont craché sur la mémoire des martyrs de la démocratie tels que Rossy Mukendi Tshimanga et Thérèse Déchade Kapangala, tombés sous les balles de la soldatesque de l’ ancien régime, pour avoir participé à des marches pacifiques contre le troisième mandat de Kabila et la non transparence du fichier électoral. Comment les « Lamukistes » et une poignée de laïcs catholiques et protestants, opportunistes politiques, ont-ils pu se permettre de se jeter dans les bras de ceux qu’ils ont diabolisée pendant 18 ans, les traitant au finish de « médiocres » ? Après les avoir poussés à la porte de sortie, lors des élections de décembre 2018, quelles vertus particulières ont-ils découvert en eux pour les adorer aujourd’hui comme des défenseurs des valeurs républicaines et des masses populaires ?

Kimp

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