L’AMP en crise !

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La naissance officielle, depuis hier, du Centre Libéral et Patriotique (CLP), en tant que nouveau regroupement politique au sein de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP), vient de confirmer le malaise qui secoue cette plate-forme politique voici plusieurs semaines. Certains saluent l’initiative dans sa dimension visant la pleine expression de la démocratie au sein de la famille politique du Chef de l’Etat, la volonté des leaders et membres du PDC, de l’ARC, du RCD/K/ML et du GPI de mieux se faire entendre.

Ceux-ci se défendent de vouloir faire bande à part et rappellent, conformément à leur Charte, qu’ils restent membres à part entière de l’AMP, partagent ses options fondamentales et continuent de soutenir le combat politique de Joseph Kabila, son « autorité morale ».

Des réactions en sens divers ont été enregistrées du côté de l’AMP. Selon les avis de ceux qui se disent légalistes, l’acte que viennent de poser José Endundo, Olivier Kamitatu, Antipas Mbusa et Modeste Bahati serait en réalité une dissidence qui ne dit pas son nom et une manière voilée de lancer une nouvelle plate-forme politique, distincte de l’AMP.

Dans leur entendement, le Centre Libéral et Patriotique, en tant que structure interne à l’AMP, n’avait pas besoin de se doter d’une Charte, au même titre que la « maison mère », et surtout de la faire signer par ses adhérents, si l’objectif avéré était de ne pas vouloir en sortir.

Ils rappellent à cet effet que Fabrice Puela et consorts, parrains du Courant Réformateur de l’AMP depuis octobre 2009, n’ont jamais pensé à produire une Charte pour faire fonctionner leur structure informelle. Dès lors que les pères fondateurs du Centre Libéral et Patriotique se sont permis de revêtir celui-ci d’un texte juridique différent de celui de l’AMP, ils ne devraient plus se réclamer de la plate-forme.

Les milieux hostiles au CLP évoquent l’article 6 de la Charte de l’AMP, lequel interdit aux membres de mener des actions de nature à nuire à ses intérêts ou à la déstabiliser. De leur point de vue, il y a réellement dans le chef de Mbusa, Endundo, Kamitatu et Bahati la volonté de torpiller la plate-forme, notamment à travers un soutien affirmé des députés de leurs partis et groupes parlementaires à la motion de censure contre le Premier ministre. Ils s’étonnent que trois membres encore en fonction au sein du gouvernement se désolidarisent de celui-ci quand il s’agit d’assumer son passif à l’heure du bilan.

A la question de savoir si la Charte de l’AMP a été violée, ceux qui estiment être ses dépositaires répondent par l’affirmative. Ils s’appuient à cet effet sur l’article 9, dont un alinéa fait obligation à quiconque désireux de créer un regroupement politique de saisir par écrit le Secrétariat Exécutif et d’obtenir le feu vert du Comité Politique, ce qui ne serait pas le cas pour les géniteurs du Centre Libéral et Patriotique. D’où, en conclusion, ils pensent que derrière le Centre Libéral et Patriotique se cache une démarche dangereuse visant la déstabilisation lente mais progressive de la plate-forme, prélude à la fragilisation du Chef de l’Etat à la veille des échéances électorales.

                               Jacques Kimpozo

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