L’Ambassadeur du Maroc loue le professionnalisme et l’indépendance du journaliste congolais

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Des dossards de presse distribués le 24/11/2011 au commissariat général de la PNC à Kinshasa par Journaliste en danger (JED). Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Fidèle à la tradition qu’il a instaurée depuis son accréditation en République Démocratique du Congo, l’Ambassadeur du Royaume du Maroc Rachid Agassim, a partagé le samedi 04 mai un dîner amical en sa résidence avec un groupe de journalistes de Kinshasa. Cette réception spéciale était pour le diplomate chérifien une façon d’honorer les professionnels de la presse congolaise, et commémorer avec eux, la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai de chaque année à travers le monde.

            Dans son mot de circonstance, l’ambassadeur a loué l’esprit d’ouverture et de liberté doublé de professionnalisme dont le journaliste congolais fait montre dans son travail. « Il suffit de parcourir 4 journaux kinois, et on a l’essentiel de l’actualité du pays », a souligné le représentant de Sa Majesté Mohamed VI en RDC. C’est une preuve que le travail se fait avec professionnalisme et en toute liberté. Ce n’est pas le cas sous d’autres cieux où, pour avoir l’actualité du jour, il faudrait actionner plusieurs mécanismes y compris des appels téléphoniques envers des amis afin d’avoir une idée plus ou moins nette de la situation du pays.

Le journaliste africain

invité à se décomplexer

            Rachid Agassim en a profité pour fustiger un certain complexe dont ses compatriotes se nourrissent, aussi bien en politique que dans le métier de journaliste, vis-à-vis de leurs homologues occidentaux.

            Etant à sa sixième mission diplomatique, preuve de l’expérience acquise du fait d’avoir sillonné le monde, il constate avec amertume que nombre de journalistes africains ont tendance à se remettre en cause, croyant que leurs confrères du Nord détiendraient le monopole des connaissances en matière de couverture médiatique même pour des événements qui se passent chez eux. On pense apprendre des autres qu’on considère comme des « maîtres connaisseurs et donneurs de leçons », alors que nul ne peut prétendre mieux connaitre le terrain qu’il n’habite pas par rapport à son résident.

            D’où, les Africains doivent commencer par se faire confiance et surtout comprendre que dans la plupart des cas, ceux qu’ils prennent pour des modèles donnent des informations orientées par leurs administrations dans un but précis. Qu’on cesse d’être naïf et continuer à croire que les autres viendraient jouer le rôle qui nous revient en tant qu’Africains pour redresser notre situation en vue de promouvoir le développement.

            Il appartient aux Africains de comprendre que l’émergence de leurs pays dépend de leur sens de responsabilités. Et ils ont la charge de mieux informer leurs compatriotes, les éduquer afin qu’ils comprennent les enjeux du monde pour militer en faveur de la « libération » de leur continent du joug de ceux qui se nourrissent toujours des velléités de le dominer et l’assujettir.

            Voilà la charge d’éducation civique et patriotique qui incombe à chacun et chacune si on veut que l’Afrique décolle et devienne réellement maîtresse de son destin. Car, personne d’autre ne viendra faire leur bonheur. La stratégie est de les détourner de l’objectif en leur faisant croire que ce qu’ils font n’est pas bon comme ce fut le cas de la colonisation.

            Le diplomate a pris l’exemple de la situation congolaise où au lieu de saluer la passation pacifique du pouvoir – une première pour le peuple congolais – la plupart des reportages rendus par des médias périphériques tendaient à minimiser cet événement grandiose pour raconter n’importe quoi. En réalité, c’est un problème d’agendas et autres calculs qui ne profitent pas aux Africains. On oriente l’angle du reportage pour des raisons évidentes.

            C’est pourquoi il y a nécessité de prendre conscience afin de travailler pour développer la coopération Sud-Sud en vue de promouvoir le développement intégral du continent au lieu de continuer à se comporter comme des enfants à qui on doit tout apprendre.

            Chaque peuple ayant sa culture, il faut seulement l’aider à faire son plan de développement plutôt que faire croire qu’il y a un modèle unique, occidental, pour se développer.

            Or, parfois ceux semblent donner des leçons se comportent pire à certaines situations à ceux qu’on critique et on minimise.

            En conclusion, en tant qu’Africain, l’ambassadeur du Royaume chérifien en RDC exprime un grand souci pour le développement de l’Afrique. Raison pour laquelle il tient sérieusement à l’éveil des Africains en vue de lever l’option d’agir et faire autrement pour changer l’avenir de notre continent.

Dom 

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