Laïcité en RDC : l’état des lieux

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Les associations membres de la Maison de Laïcité de Kinshasa « MLK » ont organisé le vendredi 8 et samedi 9 avril 2011 un séminaire d’information  sur la laïcité à la délégation générale du Centre Wallonie Bruxelles à Gombe.

Rappeler l’histoire de la laïcité en RDC à l’aube de la renaissance de cette idée, discuter du développement de ce concept chez nous, en  informer les organisations membres sur les tenants et aboutissants  afin de leur permettre de partager la même vision sont les objectifs assignés à ce séminaire.

Le programme prévoyait des exposés suivis des débats  et des travaux en ateliers pour la journée du vendredi 8 avril 2011. La conférence de presse, précédée de l’audition du rapport général, a été l’activité phare de la seconde journée. En fait, Nicaise Chikuru, les profs Lukusa Menda et Yoka lye Mudaba ( le modérateur )  sont revenus sur les travaux de la veille et le rôle des sociétaires du MLK dans la capitale et même l’arrière-pays.

Lorsqu’un pays devient indépendant, ses habitants n’accordent pas d’emblée  une réelle attention à tous les concepts, a-t-on entendu de la bouche de l’enseignant de l’UPN et président de l’Association des critiques littéraires. Chikuru et Lukusa ont fait observer que toutes nos constitutions font la part belle à la laïcité. Celle-ci une douzaine de  valeurs , à savoir : l’inclusion, l’égalité des chances, la solidarité, le libre examen, le libre arbitre, la recherche du bonheur…. Les acteurs sociaux devraient en faire leur credo, ont-ils indiqué.
Au-delà de sa définition sommaire qui est la séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est l’application des valeurs énoncées ci-haut dans la société civile qui pose problème, ont expliqué Nicaise Chikuru et Lukusa Menda.

En clair, il y a un réel déficit de ce problème de laïcité dans notre pays, ont-ils renchéri. A la question de savoir qui sont les véritables créateurs de ce « courant de pensée », il nous a été donné d’apprendre  que l’initiative revient aux associations membres, qui développent souvent des idées liées à la laïcité. MLK est en réalité un lieu de rencontres et d’échanges. Le noyau ainsi formé peut servir de foyer de rayonnement pour d’autres coins du pays dans la mesure où les structures comme la Foleco, la CDT,  Cossep… ont des  ramifications dans l’arrière-pays.
Néanmoins, elle ne doit pas être vécue comme un dogme, ont-ils indiqué.

Un maillon

La veille, le président de l’Association des critiques littéraires, s’est donné la peine de parler longuement de la laïcité.
Pour ce pédagogue, le terme laïc peut être relié à deux sources étymologiques : grecque et latine. En grec, on trouve d’abord le terme de laos qui signifie le peuple considéré dans son ensemble. Laikos, a-t-il souligné, est synonyme des hommes et femmes distingués commis au service du religieux ou du sacré en général. La seconde étymologie est celle qui permet à l’Eglise catholique de parler des « personnes capables de jouer des rôles actifs dans l’animation des activités de l’Eglise ».

En latin, le terme laïc désigne une personne qui n’est ni prêtre, ni religieux. En 1871, Frédéric Buisson crée le terme de laïcité  Toutefois, l’histoire du concept de laïcité remonte à 2500 ans. Il s’est appesanti sur le combat  mené par  Socrate, Aristote, Averroes et d’autres penseurs … pour amener la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Pour cet intervenant, ce cheminement finit par dresser le profil du laïc qui est une personne souscrivant au principe du libre examen. Il a aussi parlé des écoles laïques et officielles.

Le libre examen va de pair  avec la liberté de conscience. Le vivre ensemble se construit dans le respect de la diversité humaine.
Promouvoir l’avènement de ces valeurs dans notre société : telle est la tâche de la société laïque  congolaise, a-t-il enchaîné. Et d’indiquer que lui et ses amis   ne constituent qu’un maillon d’une chaîne qui a commencé dans la nuit des temps. «  Le Congo et l’expérience de la laïcité. Un historique » est l’intitulé de l’exposé d’Antoine Nianga. Les exposés terminés, les séminaristes ont été répartis en plusieurs commissions.
Associations culturelles, organisations économiques et professionnelles  ( Foleco, CDT, Cossep..)  et professionnelles… sont deux des trois commissions mises en place.
En somme, il a été demandé aux participants d’expliquer comment ils développent individuellement ou en groupes les valeurs de la laïcité.

Jean- Pierre Nkutu

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