L’Afraca veut rapprocher le crédit agricole des paysans africains

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Les travaux de la 17 ème réunion de l’Association africaine de crédit rural et agricole ont été ouverts hier au Grand Hôtel Kinshasa, par le vice-ministre aux Finances.  

            Dans son allocution, Joao Mbitso a relevé les préoccupations de la communauté internationale face aux défis du moment. La communauté internationale tient en effet, à réduire la pauvreté dans le monde à l’horizon 2015, en mettant en œuvre l’Objectif du Millénaire pour le Développement. Cet Objectif doit être atteint. Mais cela exige, a-t-il fait savoir, la mobilisation des moyens importants et nouveaux, parmi lesquels la microfinance joue un rôle non négligeable, en ce qu’elle permet à un grand nombre des personnes d’accéder aux services financiers et aux plus démunis de se projeter au-delà du seuil de la survie.

            Cependant, a fait remarquer le vice-ministre aux Finances, dans la plupart des pays du Sud, une large part de l’agriculture était financée par les institutions financières publiques. Cette expérience n’a pas été concluante.

            C’est pourquoi il a émis le vœu de voir une réflexion approfondie menée pour peaufiner des stratégies adéquates visant à lutter de manière efficiente contre la crise alimentaire et à parer au déficit des interventions des pouvoirs publics dans la définition des politiques agricoles.

            La libéralisation économique qui se généralise actuellement, à son avis, a conduit progressivement à une réduction drastique des financements publics dans le secteur de l’agriculture. Ce secteur, a-t-il fait remarquer, emploit à ce jour, la majeure partie de la population de l’Afrique subsaharienne, qui du reste, vit essentiellement en milieu rural.

            Face à  la faiblesse des interventions du système financier dans la plupart des pays africains, il a plaidé pour que la microfinance puisse s’imposer comme nouvelle alternative de croissance et de création de richesses dans les pays économiquement faibles.

            Libérer le potentiel de la microfinance, c’est à ses yeux, établir d’abord un cadre légal et fiscal adapté à ce secteur, et mobiliser davantage des fonds, tant publics que privés. A ce sujet, il a salué les efforts déployés par la Banque centrale du Congo en sa qualité d’autorité de réglementation et de supervision de l’ensemble du système financier congolais. La BCC a finalisé l’avant-projet de loi sur la microfinance, présentement en cours d’examen au Parlement.

            Il revient donc aux banquiers et investisseurs privés de prendre le relais des financements publics, en vue d’accompagner le développement de la microfinance dont les principaux clients évoluent dans l’informel. 

L’insuffisance de l’offre des services financiers dans le secteur agricole 

            Le gouverneur de la Banque centrale du Congo note que ces assises de l’Afraca offriront l’opportunité aux décideurs politiques, au secteur privé et aux partenaires au développement, d’établir de nouveaux contacts, de partager leurs expériences, d’échanger sur les meilleurs pratiques, les innovations et les défis qu’entraîne la fourniture des services financiers à la population rurale dans notre continent.

            Evoquant la place du secteur agricole dans les économies africaines, Jean-Claude Masangu a indiqué que le poids de l’agriculture demeure important dans les économies africaines. En effet, ce secteur emploie la majeure partie de la population active et reste la première activité créatrice de richesses et d’emplois dans de nombreux pays.

            Au regard des statistiques disponibles, l’agriculture, incluant l’industrie agro-alimentaire, est le premier secteur économique en Afrique subsaharienne, puisqu’elle représente très souvent plus de 30 % du produit intérieur brut. Dans certains pays, souligne le gouverneur de la BCC, sa part dépasse les 50 % du PIB, ce qui fait de ce secteur, le poumon de nos économies.

            S’agissant de la RDC, a noté Jean-Claude Masangu, la branche « Agriculture, sylviculture, élevage, pêche et chasse » a contribué à hauteur de 40,6 % à la croissance du PIB en 2009. Et pourtant, cette branche peut contribuer de loin beaucoup plus, compte tenu de sa cartographie agricole, la densité de sa population vivant en milieu rural, ses 80 millions d’hectares de terres arables, la fertilité de son sol, son climat, ainsi que sa pluviométrie, pouvant favoriser une production à grande échelle. En outre, la RDC dispose de grandes surfaces de pâturages, d’innombrables cours d’eau et lacs.

            Pour Jean-Claude Masangu, bien que la contribution de l’agriculture dans la création des richesses soit appréciable en RDC, la production du secteur agricole demeure encore précaire par rapport aux potentialités existantes. Parmi tant des facteurs à la base de cette situation, outre la vétusté de l’outil de production, ainsi que le mauvais état de routes de desserte agricole et d’autres voies d’évacuation, il a épinglé l’insuffisance d’encadrement et de formation des producteurs, l’insuffisance de l’offre des services financiers dans le secteur, ainsi que des moyens de financement.

            Pour terminer, le gouverneur de la BCC a fait observer que le secteur fait face à un défi considérable, celui de son financement. Et de se poser des questions, où trouver ces financements ? Et s’ils sont disponibles, comment l’intermédiation financière se ferait-elle et comment affecterions-nous les fonds en milieu rural ?

            Est-ce dans la recherche agronomique que nous pouvons nous assurer la production de variétés agricoles plus résistantes à certaines maladies ou qui ont un rendement plus élevé dans des cycles de production plus courts ? Est-ce dans la chaîne allant de la production à la conservation, la transformation, la consommation interne ou l’exportation ? Est-ce dans les infrastructures de base ou dans la mécanisation, voire dans de petits outillages portables et légers pour les milieux ruraux ?

            Encore est-ce dans des centres de formation de proximité pour augmenter la productivité ?

            Toutes ces questions pertinentes de Jean-Claude Masangu méritent des réponses appropriées, surtout qu’elles constituent l’objet même du thème de la 17 ème assemblée générale de l’Afraca. Aussi a-t-il formulé le souhait de voir les ateliers de ces assises aboutir à des propositions concrètes sur les meilleurs modes de financement de ce secteur vital pour nos populations rurales qui dépendent largement de l’agriculture. 

Des efforts entrepris dans le secteur agricole en RDC 

            Le ministre congolais de l’Agriculture est intervenu à ce forum, pour souligner les actions menées par son ministère. Auparavant, il a présenté un tableau des perspectives favorables pour le secteur agricole dans notre pays, et noté entre autres, les 80 millions d’hectares de terres arables et les bonnes conditions climatiques pour la production d’une gamme variée de spécialités agricoles, aussi bien vivrières que de rente. Les vastes étendues d’herbages et de savanes boisées constituent de pâturages susceptibles de supporter un élevage de plus de 40 millions de têtes de gros bétail. Ses plans d’eau dominés par le majestueux fleuve Congo alimenté par de nombreux affluents et des lacs très poissonneux, logent un potentiel halieutique de plus de 700.000 tonnes de poissons par an.

            Si à l’époque, notre pays était exportateur de la banane, de l’arachide, haricot, café, thé, quinquina, cacao, caoutchouc, huile de palme et coton, le secteur intervenait à hauteur de 48 % dans les recettes d’exportation du pays. 

            Après l’effondrement du secteur au lendemain de l’accession de la RDC, à la souveraineté internationale, tous les plans élaborés pour la relance de l’agriculture avec l’appui des partenaires extérieurs, n’ont pas produit les résultats escomptés.

            Norbert Basengezi s’est réjoui des initiatives entreprises par le président de la république, en vue du développement agricole avec l’aide de nos partenaires extérieurs. Il a évoqué quelques programmes mis actuellement en chantier, notamment la mécanisation agricole. Tous ces programmes visent la réalisation de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté.

                                                                              J.R.T.  

 

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