L’ACAJ, la Licof et Justicia exigent des poursuites judiciaires

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L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ), la Ligue contre la Fraude et la Corruption (LICOF), l’ASBL Justicia ainsi que d’autres organisations spécialisées dans la promotion et la défense des droits de l’homme en RDC, sont vivement inquiètes au sujet des violations massives des droits de l’homme en RDC, particulièrement à Kinshasa et au Katanga.

Elles dénoncent aussi toutes les pratiques de corruption en cours au Parlement en vue d’obtenir le vote du projet de loi électorale et demandent  au président de la RDC de faire poursuivre en justice leurs auteurs, de faire retirer le texte actuellement sous examen à l’Assemblée nationale pour mettre fin à la tension et prévenir d’autres violations des droits de l’homme. C’est au cours d’un point de presse animé le mercredi 14 janvier 2015 à Gombe que ce regroupement des ONG de défense des droits de l’homme a rendu public son rapport sur la situation préoccupante des deux provinces précitées.

Ces organisations recommandent aux commandants de la police de cesser toutes les attaques dirigées contre les manifestants, car cela engagera leur propre responsabilité pénale au niveau national ou international.

«Blessés à balles réelles, arrestations et détentions arbitraires, obstruction à l’exercice des libertés d’expression et d’opinions et au droit de manifestation publique et pacifique des membres de l’opposition politique par des éléments de police et de la garde républicain » : tel est le titre dudit rapport qui dénonce en détail des cas de violations des droits de l’homme à travers la RDC.

Le rapport indique que des membres de l’opposition congolaise s’étaient rassemblés le 12 janvier 2015 dans leurs sièges respectifs, à Kinshasa, en vue de se diriger au Palais du peuple pour manifester leur opposition à l’examen du projet de la loi portant modification de la loi électorale qui devait être examiné par les députés nationaux. Ils ont constaté que les membres de la Majorité présidentielle voudraient retarder l’organisation des élections présidentielle et législatives par l’organisation d’un recensement général de la population et ainsi prolonger le mandat du président Kabila qui prend fin constitutionnellement au mois de décembre 2016.

Mais des éléments de la police nationale ont été déployés sur les grandes artères menant au Palais du peuple et sur l’avenue de l’Enseignement où se trouvent les sièges de plusieurs partis politiques de l’opposition pour empêcher leurs membres de se regrouper. Des jeeps de la police et des troupes d’élite de la Garde républicaine ont tiré sur ces opposants.

Parmi les victimes, il y a des militants de la plateforme « Sauvons la RDC » qui envisageaient d’organiser un meeting  sur le boulevard Triomphal, non loin du Palais du peuple. Ils étaient violemment dispersés par la police à coups de balles réelles, gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc. Il y a eu plusieurs blessés, dont Kudura Kasongo, Olivier Igwangozi, Kanza Konde Héritier, Doudou kabeya, Floribert Mundeke, serge Mukutu, Malala, et consorts.

Ces victimes ont été admises pour des soins intenses dans certaines formations médicales. Environ 51 personnes ont été arrêtées, brutalisées et détenues dans plusieurs cachots, à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), au Camp Lufungula, avant d’être relâchées tard dans la nuit de la même journée. L’argent, des téléphones et des documents trouvés sur ces personnes ont été extorqués par les policiers.

Le rapport souligne que les activistes des droits de l’homme qui observaient ces manifestants ont été maltraités par les éléments de la police, alors qu’ils revenaient de la permanence de l’UNC où se trouvaient séquestrés plusieurs leaders de l’opposition et trois blessés asphyxiés par les gaz lacrymogènes.

A Lubumbashi, ces ONG ont noté la répression des manifestations pacifiques, l’arrestation et le mauvais traitement des personnes soupçonnées s’opposer à la révision constitutionnelle ou au troisième mandat du président de la République ou encore à la prolongation de son mandat. Plusieurs missions d’enquêtes initiées par le gouvernement et qui visent principalement le gouverneur Moise Katumbi, depuis qu’il a fait connaitre son opposition à la révision constitutionnelle et au troisième mandat du président Kabila, y sont envoyées. Il y a eu la suspension de plusieurs responsables provinciaux des services générateurs des recettes dont la DGDA, l’OCC, la DGRAD.

Le président de l’association socio- culturelle Lwanzo Lwa Mikuba a été arrêté et détenu à la prison de Makala pour s’être opposé à la révision constitutionnelle.  Ancien membre du PPRD, Mawine avait été enlevé par des personnes non identifiées avant d’être jeté dans un canal d’eau. Il y a aussi le cas du bâtonnier Jean-Claude Muyambo, président de SCODE et ancien membre de la majorité présidentielle, qui avait reçu plusieurs  menaces de mort après être opposé à la révision de la Constitution et au troisième mandat du président de la République.

Le même rapport renseigne qu’à Lubumbashi, des personnes habillées en t-shirt des équipes Tout puissant Mazembe, Saint Eloi,… font l’objet d’enlèvements et de mauvais traitements de la part des miliciens non identifiés.

Murka 

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